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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 18:00

 

En cette année 2014, les menées grossières et effrontées de la ploutocratie  internationale, traduites depuis quelques décennies dans les actes  militaires des Etats dominants, (mafia du G8), ne laissent plus de doute sur ses buts.

C’ est la mise sous tutelle absolue de l’ humanité par les monopoles capitalistes .

Tous ces gouvernements, comme on le sait, sont engagés depuis plus de trente ans  dans une politique belliqueuse, visant à soumettre de gré ou de force le reste du monde, et notamment les pays de « seconde zone ».

Mais cette politique, avec ses relents  de croisades moyenâgeuses, tant par ses prétextes que par ses méthodes,  arrive aujourd'hui en butée  sur le mur de sa  propre nature : l’ impérialisme.

Jusqu’ à maintenant, le discours officiel pouvait encore donner le change et égarer  l’ opinion dans les « vertus »   du fameux monde judéo-chrétien », qui après une longue période de collusion et de soutien en sous-main aux régimes les plus pourris contre les  peuples, s’ était muté en  pourfendeur universel du terrorisme et  de l’ oppression.

Mais même les sophismes les plus solides n’ ont qu’ un temps.  

Ainsi, les propos musclés et autres roulements d’ épaules diplomatiques de l’ impérialisme occidental concernant les évènements  de Syrie et dernièrement de  l’ Ukraine, allant  maintenant jusqu’ au soutien  aux fascistes et autres  néo-nazis, font tomber les masques

Dans la course aux parts du gâteau européen, on commence à se payer d’ audace , dans des visées territoriales au regard desquelles le traité de Rome n’ est  plus qu’ un   inoffensif  évangile d’ union fraternelle des peuples.

 La stratégie nouvelle qui apparaît dans cette affaire Ukrainienne est claire, dont la tournure présente n’ est que l’ aboutissement :

 Peu de gens sans doute ,savent qu’ elle vise également la Biélorussie bien que jusqu’ à ce jour, elle ait été tenue en échec au niveau de sa première étape.

1)       Période d’ activisme et de minage politique organisée de l’ extérieur

2)       Emeutes pilotées par des argousins inscrits dans les plans et intéressés aux buts.    

3)       Proclamation de soutien aux « démocrates ainsi  sortis du chapeau » affirmée haut et fort par  la clique occidentale.

4)       Après une bonne campagne de conditionnement international comme nos chers médias en ont l’ art consommé, il suffira  que l’ O.N.U (devenue maison de tolérance des soudards du Capital) tamponne l’ ordre de mission et on envoie la cavalerie s’ il le faut.

Les esprits attentifs se rappellent forcément du scénario de démantèlement de la Yougoslavie…

Ca c’ est le schéma qui s’ est établi, comme une quasi routine depuis les années 90 où les renégats genre Gorbatchev, Eltsine, Poutine, Medvedev et consorts s’ étaient acoquinés à l’ impérialisme occidental pour les  besoin de leur fourberie : la démolition de l’ U.R.S.S. 

Sans aucun doute, depuis cette triste période des années 90,  l’ impérialisme occidental a pris l’ habitude (fâcheuse), d’ imposer ses desseins à coup de poing sur la table quand ce n’ est pas à coups de bombes sur la G…,

Mais cette fois il y a un hic, il y a du poids : le raidissement  du capitalisme russe, qui depuis l’ arnaque indiquée, à fait un chemin auquel il fallait bien s’ attendre,  nouveau venu à part entière dans le club impérialiste mondial le fameux G8, là où se décide désormais les dimensions des parts respectives qui conditionnent le sort du monde !

Donc ce nouveau venu,  entend avoir une place reconnue, et attend  le respect sans arrières pensées des 7 autres voyous, qui pour leur part,  bien qu’ ayant été largement complices de sa remise en selle, gardent malgré tout à son égard pas mal de  préventions et de réserves. 

Voilà le schéma  tordu de l’ impérialisme du moment.

 Il est vrai que, face aux difficultés actuelles, les 17 millions de kilomètres-carrés concernés sont plus intéressants à considérer comme espace de ressources et champ de manœuvre politico-économique  que comme Etat souverain.

Mais l’ impérialisme des « 7 »  dont le grignotage géopolitique du 8ème est devenu un T.O.C parmi leurs vices (trouble obsessionnel compulsif) (voir Daghestan, Tchétchénie, etc) semble ne même pas se rendre compte que sur cette immense surface, il y a avant tout un pays, une histoire, une population, qu’ il serait illusoire de croire réductibles  à un Etat vassalisé, du moins réductible sans le prix fort, c’ est à dire au prix d’ un nouvel apocalypse 100ans après … mais fatal  peut-être cette fois.    

Quant au nouveau venu dans la mafia , le 8ème, le coup de la Crimée, autant que le regard qu’ il porte ostensiblement vers la vanne de gaz qui approvisionne notamment le tiers de la consommation allemande, devraient faire penser qu’ il n’ est pas résigné au stoïcisme, face aux fumeuses cuisines  que ses frères ennemis européens viennent  faire jusqu’ à sa porte!

Autant d’ évènements et de rebondissements qui donnent  de bonnes raisons de se demander si le spectre d’ une conflagration mondiale ne rôderait pas à nouveau  dans les chancelleries, émanation infernale, produit systémique des fantasmes  du Capital ?

Car nous sommes bel et bien sortis d’ un monde que d’ aucuns disait dangereux parce que fait de deux blocs antagonistes, coexistant « le doigt sur la gâchette ».

A la vérité, ce monde, bien que  loin de la paix absolue, était fait de trois blocs, le troisième étant un bloc virtuel si l’ on peut dire  mais pesant d’ un poids incontestable : le prolétariat international, avec une sympathie naturelle, pacifique,  pour le socialisme réel quoiqu’ on en dise.

Et n’ en déplaise aux pacifistes bêlants d’ une certaine époque,  cette configuration, était un puissant interdit, autant matériel que moral contre  la catastrophe générale, quand le monde d’ aujourd’hui c'est-à-dire l’ impérialisme sans contrepoids, est à l’ inverse,  bel et bien en train de renouer avec ses monstres , prêt peut-être à repartir …comme en 14 !!

Dans cet ordre d’ idée, le présent article se propose de comparer la période actuelle avec la phase historique qui précéda la première guerre mondiale.

Ainsi nous attacherons-nous :

                 - Tout d’ abord à démystifier la présentation historique bourgeoise de ce conflit à laquelle nos commémorateurs de ce centenaire ne vont pas manquer de se référer pour le grand public (et pour cause !). Nous montrerons là le vrai visage, les véritables ressorts de cette guerre.

                 - Ensuite la situation du mouvement ouvrier de l’ époque , ses rapports  avec le pouvoir politique, comment il put , malgré sa force, basculer dans la soupe du patriotisme bourgeois, et surtout comment  « l’ exception russe » traduite dans la révolution d’ octobre 1917, combinée aux horreurs d’ une boucherie interminable et s’ avérant sans issue, le fit rebasculer en sens inverse, c’ est’ à dire dans le sens de l’ internationalisme prolétarien.

A partir de là l’ observateur dispose d’ une espèce de grille de lecture de la période qui va en gros de la fin des années 80 à nos jours pour desceller  au travers des différences de formes politiques du processus mondial, la résurgence des principes de base pour ne pas dire des tares congénitales de l’ impérialisme, désormais à nouveau seul en course (donc retour à la case départ).

Ce sont ces tares, et principalement celle de l’ interventionnisme militaire sans limites internationales de quelque nature que ce soit, bien au contraire, qui constituent le trait commun essentiel des deux époques comparées, trait commun qui largement l’ emporte  sur toutes les différences.

Par la suite, passant par-dessus  la période intermédiaire qui va de 1922 à 1980 et qui n’ a qu’ un intérêt secondaire pour l’ objet du présent exposé, nous analyserons  les mécanismes et surtout les racines qui ont piloté la décomposition  du patrimoine prolétarien international (qu’ il s’ agisse par là des structures du socialisme réel, ou des organisations ouvrières au sein du capitalisme) et conduit principalement à l’ effondrement de l’ U.R.S.S.

Nous suivrons ainsi  le chemin du mouvement ouvrier contemporain  vers  la déchéance totale mettant les masses populaires à la merci des volontés de la classe dominante,  y compris, cela va de soi, dans l’ hypothèse d’ ambitions qui  ne se satisferaient plus du seul  flicage des pays subalternes.

Nous étudierons  donc sous tous leurs aspects, les rapports actuels du mouvement ouvrier tant international que national (et à ce titre en particulier la position des organisations françaises) à la  structure impérialiste en pleine tension. Mais aussi et surtout, dans un capitalisme travaillé en même temps par les convulsions d’ une crise sans précédent du point de vue de  sa durée, nous apporterons la réflexion qui s’ impose sur l’ évolution du rôle du mouvement ouvrier en ce qui concerne sa possible (et nécessaire) influence historique immédiate.

Nous montrerons que cette influence s’ inscrit autant dans l’ intervention de type « prérévolutionnaire »  que dans la reconquête mondiale  de ses positions politiques et organisationnelles  perdues et de ses acquis économiques  et sociaux dévorés par les profiteurs capitalistes.

Nous en déduirons l’ urgence d’ autant plus criante de la reconstruction des appareils ouvriers sur les bases de la lutte de classe  (répudiation sans appel du réformisme), autant dans l’intérêt direct de la condition ouvrière  qui va aujourd’hui vers l’ indigence, que dans celui  plus élevé encore, de la mission révolutionnaire qui échoit inexorablement au prolétariat.

Accessoirement, la situation actuelle du monde attire une fois de plus l’ attention des esprits éclairés sur ce que vaut réellement  la paix pour le capitalisme.

A ce propos, au-delà de son réformisme impénitent qu’ aucun marxiste ne peu cautionner,  Jean JAURES avait toutefois donné une formule qui portait un jugement impérissable, sans appel, sur la nature profonde du capitalisme :

                                               LE CAPITALISME PORTE EN LUI LA GUERRE

                                               COMME LA NUEE PORTE L’ ORAGE

Dommage que cette puissante vision du système ne réussit jamais à rallier le célèbre tribun  au camp révolutionnaire !

Il eût sans doute joint à sa devise un complément beaucoup moins prisé que les « quantiques» pacifistes par la bourgeoisie :

                                               SI TU VEUX LA PAIX , PREPARE LA REVOLUTION !

Mais on peut  imaginer malgré tout, que d’ outre tombe, il a dû plus d’ une fois botter les fesses (et qu’ il continue de plus belle) à ceux qui ont usurpé (et usurpent encore) de sa mémoire. Mais au fait, à quel titre le peuvent-ils encore ?

 

Le lecteur est invité a la poursuite de cette étude, sur un site bien moins dans l’ air du temps et de la mode que les YOU TUBE, les FACEBOOK et tutti-quanti mais est-ce dans la grande mêlée organisée pour la diversion que l’ on trouve les choses les plus importantes …..Pas sûr ….

 En attendant nous nous permettons de revenir sur la juste appréciation du capitalisme de Jean JAURES, à propos d’un  petit camouflet essuyé récemment par le chef de l’ Etat François HOLLANDE. lequel s’ est fait copieusement hué par la foule alors qu’il avait le toupet de flatter la mémoire de Jean JAURES, à Carmaux. Bravo la foule ! on ne peut plus justement et plus lucidement se conduire envers l’ imposture. Les initiés savent que le nom de JAURES est attaché à cette ville par l’ épopée des verreries en coopérative ouvrière,  pour la création desquelles le grand homme n’ économisa pas l’ énergie de ses illusions réformistes (honnêtes pour cette époque précisons-le) 

Mais dans cette localité une autre imposture s’ est produite dans la dernière période, le fiasco du site « m’ as-tu-vu » de Mr Paul QUILLES (le fossoyeur Mitterrandien du grand service public P.T.T) qui s’ est « mis au vert » usurpant sans vergogne de la célébrité  du premier mort symbolique de 14-18 aux seules fins de se créer un fief politique personnel !

En fait ces deux évènements nous indiquent que la formule de JAURES, pour géniale qu’ elle soit, est malheureusement incomplète.

Car  le capitalisme ne s’ arrête nullement à sa nature de porteur de guerre. Il secrète aussi activement en temps de paix les voyous aptes à la conduire un jour, parmi toutes les engeances que l’ on pourrait qualifier de délinquants en cravate du point de vue prolétarien.

Des brochettes de tricheurs de bonimenteurs, et de menteurs tout court, de voleurs, d’ escrocs de suborneurs d’ opinion, de "failliteurs"  patentés etc… qui fabriquent en haut lieu derrières leur discours creux  les oukases  qui pourrissent toujours plus la vie du peuple laborieux … pour assure la pérennité du système !!     

 

LE VRAI VISAGE DU CAPITALISME :

 Derrière le masque des « nobles causes » mis à mal par l’ impatience de la domination, on  reconnaît aujourd’hui le vrai visage  démoniaque  d’ un système  aux abois, près à jouer son va-tout peut-être pour se maintenir coûte que coûte.

 La commémoration de cette honteuse boucherie de 14-18 va immanquablement donner lieu à une campagne de récupération des gouvernants actuels, par leurs éloges hypocrites, leurs hommages au sacrifice, au courage, etc.

Pourtant il est permis de penser que s’ il avait existé à cette époque au titre de ce qu’ il se proclame et non comme instrument juridique de l’ impérialisme actuel, le T.P.I de La Haye eût été submergé, noyé dans  la multitude des prévenus.

Il faut donc que soit administré aux générations montantes, le contrepoison du dédouanement que nos commémorateurs officiels ne vont pas manquer de fournir à leurs pairs de cette époque ancienne.

 Soit-dit en passant pour cette période du début de Vingtième siècle il y a des coups de pieds aux fesses qui se perdent à l’ adresse de ceux qui professent ou croient sérieusement au qualificatif bien connu de « belle époque » .

Nous verrons ainsi que de ce point de vue, par rapport à la période que nous vivons, elle présente une des identités essentielles que nous examinerons avec le lecteur.

Voyons donc maintenant, ce que se gardera bien de dire la bonne société des « commémorateurs ».

Tout d’ abord, il faut planter le décors.

Les 30 années qui précédèrent le cataclysme étaient en fait celle d’ impérialisme à double sens :

La montée en puissance dans le monde entier d’ une grande  bourgeoisie industrielle et financière, dans un essor prodigieux de l’ industrie lourde, de l’ expansion coloniale, à la recherche de nouvelles ressources, de nouveaux débouchés, de nouveaux marchés, à la fois pour les marchandises et pour le CAPITAL.

Dans ce schéma, naturellement, l’ embryon du G8 actuel était déjà là.

Quant à la mondialisation, que les analystes à quatre- sous nous décrient aujourd’hui comme si elle venait tout-juste de se faire, inutile de dire qu’ elle était elle aussi déjà en course. A toutes fins utiles pour les créateurs de néologisme, ce qu’on appelle aujourd’hui la mondialisation n’ est rien d’ autre que le stade contemporain de l’ impérialisme !

Il faut éviter de croire qu’un système socio-économique se différencie sur le fond parce que sa forme change.

L’exploitation des hommes, des pays, des peuples est toujours l’ exploitation. Le principe du capitalisme est toujours l’ extorsion, la spoliation au profit des  propriétaires privés des moyens de production. Il n’ y a dans l’ évolution, que les dimensions et les moyens qui changent.

S’agissant du terme de mondialisation qui n’ est bon qu’ à enfoncer des portes ouvertes, rappelons que Karl MARX et Friedrich ENGELS écrivaient déjà dans le Manifeste de 1848  « qu’ après avoir été le but du capitalisme, le marché mondial en devient désormais la base »

Continuons.

C’ est dans cette grande effervescence économique que se développait parallèlement les classes ouvrières nationales, hommes femmes, enfants le cas échéant , alternativement aspirés, dévorés puis rejetés  en masse,  pour l’ accomplissement  des plans d’ enrichissement  de la classe exploiteuse. 

l’ Internationale socialiste, deuxième du nom,(entendre ce terme au sens marxiste et non au sens pourri d’ aujourd’hui) a refait surface en surmontant les déboires de la 2ème moitié du 19ème siècle , l’ «écrasement de la commune de Paris notamment.

Mais il s’ agît cette fois d’ une classe ouvrière passablement plus radicale, parce que plus instruite, à la fois politiquement et économiquement. Elle s’ est donnée des élites nombreuses, sortis des rangs, qui l’ ont fortifiée et organisée.

La toute nouvelle C.G.T de 1895, n’ inscrit-elle pas à son programme (congrès de Nantes) le principe stratégique de la grève générale ? Qu’en est-il aujourd’hui Mr LEPAON ?

Donc à cette époque, le mouvement ouvrier est en pleine ascension et fortement irrigué par les thèses révolutionnaires.

Peut-on dire qu’ il est fort ? oui et non,  car s’ il a le bénéfice d’ appareils dirigeants (honnête jusqu’à  l’ effondrement de1912-1913) qui  plus est avec un relatif droit de cité, chose qu’  il n’ avait jamais eu auparavant, il reste toutefois soumis  au bombardement idéologique de cette époque, ultra nationaliste, qui contrecarrent l’ indépendance de son développement  politique et partant la solidité de sa conscience de classe.

 Et nous allons voir un peu plus loin   ce que fut précisément  ce  « bombardement ».

A côté de l’ impérialisme du Capital, il existe (ou plus exactement subsiste) à l ’ époque considérée un autre impérialisme , celui des dynasties européennes, sauf en France où la noblesse et la royauté, (déchues  en fonction mais pas mortes en titres) se sont habilement encanaillées avec la loi du fric, trouvant sans doute les privilèges de cette dernière aussi intéressants que ceux du sang)

Précisons tout de même que de son côté, la 3ème république qui à l’ approche de l’ explosion  égraine ses présidents, ses intrigants ses arrivistes et autres bons « viveurs » ( qui sont éventuellement le tout à la fois ), conserve pour l ’ ancien régime  une certaine séduction à laquelle la marque de Monsieur THIERS n’ est sans-doute pas étrangère.

Bref, ce second impérialisme qui va du jouisseur Edouard VII  (succédé par Georges V) au Tsar Nicolas II en passant par le Kaiser  Guillaume, François joseph  d’ Autriche Hongrie  et les pachas de l’ empire ottoman avait comme le premier (l’ impérialisme bourgeois) des visées d’ expansion. Mais ces visées n’ étaient dictées que par le  souci de conservation dynastique.

Car en fait, à l’ exception de la royauté anglaise qui s’ était mis en ménage avec sa bourgeoisie depuis l’ avertissement de CROMWELL , toutes les dynasties des grands Etats Européens  étaient sous la pression de la fameuse « démocratie bourgeoise » d’ une part et celle du mouvement ouvrier ascendant d’ autre part.

Tout ce joli monde,( dynasties et bourgeoisies s’ entend) frères ennemis coexistait sur le fil du couteau, entre gage d’ alliance donné par l’ un à l’ autre et peur d’ être tous débordés et emportés par une révolution ouvrière.

N’ avait-on pas en France   reçu l’ avertissement encore tout proche de la commune de Paris.

Mais en définitive c’ était bien la classe capitaliste qui avant même d’ accéder au  pouvoir politique dans toute l’ Europe,  était en train de prendre en main la barre  de  l’ histoire.

Car si les deux impérialismes avaient de quoi redouter leur fin dans une révolution, il était plus que certain que les dynasties avaient pour leur part, peu de chance de survivre à une guerre d’ envergure .

Ce fut donc le grand paradoxe de cette immonde boucherie qui fut conduite d’ un commun accord par ceux qui avaient tout à y gagner et le savaient et ceux qui avaient tout à y perdre mais ne s’ en doutaient pas !

Laissons de côté le comble de cette configuration qui est l’ étroit lien de cousinage entre tous ces gens, ce qui n’ était pas nouveau puisque même Anne de Bretagne avait déjà eu un enfant Habsbourg !

On juge ici de la pertinence de Friedrich ENGELS lorsqu’ il disait que les tumultes de l’ Europe n’ ont jamais été qu’ une histoire de famille !

 Au total, les uns pour l’ enrichissement, dans un premier temps,  les autres pour l’ illusion de leur prorogation  dynastique  s’ étaient engagés sur l’itinéraire inexorable de la domination du monde, considérant  CHACUN,  et SANS EXCEPTION que la répartition d’ alors n’ était plus conforme à leurs ambitions !

Nous ne nous attarderons pas  ici sur les dynasties balkaniques , Serbie, Roumanie et autre Bulgarie ou même sur la  Grèce, auxquelles ne restaient dans le grand drame  que des rôles  subalternes d’ instruments ou de prétextes aux desseins des puissances principales.    

Mais notons bien que du point de vue, par contre, de l’ étude comparative des deux périodes  (pré- 1914 et pré- 2014), les instruments et les prétextes jouent  un rôle décisif dans les prémisses de conflit…

Pour les deux structures impérialistes précédemment décrites, ce fut  donc sur la base de  nécessités vitales , communes au sens immédiat du terme, mais diamétralement  opposées au sens de l’ histoire que les deux grandes  coalitions  militaro-industrielles se réalisèrent  sur plusieurs décennies.

Et durant toute la période préliminaire, on attrape le tournis à essayer de trouver la moindre cohérence  dans  les tractations bilatérales et traités secrets, les coups d’ esbroufe et coups de force jusqu’ à la provocation, test continuel  des  forces et des réactions entre les protagonistes, défections voire renversement d’ alliances.

 Moteur du système  : les parts de butin mondial que chacun des « bandits »prétendait  conserver, ou tout bonnement convoitait. (France, Angleterre, Allemagne, Russie s’ entend ici) . Il est même établi que dans les derniers jours de la paix, une espèce de traité de neutralité séparée a été conclu entre les deux cousins : le roi Georges V d’ Angleterre et le kaiser Guillaume II qui fut naturellement balayé par l’ enchaînement inexorable des évènements.

C’est dire à quel point cette guerre s’ imposa comme l’ affaire d’ un système d’ intérêts totalement  incontrôlable.

Sous la pression formidable du capital, la guerre était pour ainsi dire le besoin général politico-économique (avoué ou non) de tous les éléments nationaux du système.

Mais pour qu’elle éclatât, Il fallait que par une longue gestation dans les remous du monde  impérialiste ainsi décrit des camps adverses se déterminassent.

A vrai dire, ce ne fut que deux ou trois ans avant le déclenchement que ces deux camps , promoteurs diaboliques de l’ incendie général, furent définitivement établis : Angleterre, France, Russie d’ un côté dans la triple entente, et Allemagne, Autriche-Hongrie, empire Ottoman (déjà passablement en déchéance) de l’ autre dans la triple alliance,     

Car par définition (et ce carnage obstiné, cet aveuglement criminel, jusqu’ à la saignée des nations en est bien la démonstration), l’ impérialisme sous quelque forme que ce soit est foncièrement incompatible avec la notion d’ arrangement et de partage raisonnable. Sa nature profonde, nécessaire même, c’ est l’ expansion sans frein par l’ imposition des volontés d’ Etat,  s’ il le faut par la force, donc la guerre. Tout comme l’ énonce la constatation de CLAUSWITZ  selon laquelle « la guerre est la continuation de la politique par d’ autres moyens. »

Le capitalisme à son stade suprême impérialiste non seulement n’ échappe pas à cette considération mais bien au contraire, il élève la guerre à un niveau de destruction humaine et matérielle sans précédent dans l’ histoire, en faisant une   activité ordinaire, partie prenante instituée de l’ économie et de la politique, une espèce de plan B toujours en réserve, où les généraux et les industriels de l’ armement sont chargés des initiatives (sans le moindre scrupules) pour le compte direct du Capital dominant.


C’ est bien ce qu’exprima  ce 1er conflit mondial qui ne fut ni plus ni moins qu’ un crime de masse inaugurant pour ce  vingtième siècle, une bestialité, une inhumanité  soutenues in-extenso par TOUS LES BELLIGERANTS.

La guerre fut donc, peu à peu et de longue date envisagée, puis préparée ,puis décidée. En tant que monstrueuse nécessité de système conduite délibérément par les pouvoirs (bien qu’ils s’ en défendirent tous face à  l’ ampleur du cataclysme) .

Comme le souligna alors Vladimir OULIANOV dit LENINE, peu importait de savoir qui réellement avait ouvert le premier les hostilités effectives puisque tous ces bandits impérialistes sans exception, s’ étaient  fabriqués depuis des décennies de bonnes raisons d’ en découdre.

Il  poursuivait en dénonçant l’ hypocrisie des cantiques  (y compris ceux du pacifisme)  utilisés par tous sur les intérêts vitaux et la défense de la patrie pour tromper leurs peuples.

Il montrait ainsi que cette boucherie impérialiste n’ était en réalité que l’ œuvre des soudards du capital dans des buts exclusifs de rapine , de repartage violent du butin mondial (colonies, marchés, ressources du sol et du sous-sol, etc…) .

On peut toujours,  s’ agissant de la France, tomber dans le panneau de la récupération légitime des territoires d’ Alsace-Lorraine passés à l’ Allemagne en 1870 à condition d’ ignorer l’ origine honteuse de cette « amputation » et les visées françaises aussi secrètes qu’ inavouables sur la Ruhr  …..

Par ailleurs, que ces territoires restent allemands ou redeviennent français (ce qui eût très bien pu être réglé par voie référendaire) n’ étaient sans doute pas à cette époque, pour les maîtres de forges attitrés, (les De Wendel) la question de première importance, lesquels étaient suffisamment représentés autant au Reichstag qu’ à l’ Assemblée Nationale.

Leur position industrielle par rapport aux questions  d’ armement leur donnait par contre un intérêt qui se conçoit aisément pour s’ en tenir au tableau de l’ enrichissement par le conflit, (tout comme les Krupp allemands) objectif  beaucoup  moins patriote que philistin, et que leurs représentants dans les commissions militaires  ne perdaient pas une seconde de vue.

Non, mis à part son énorme influence pour l’ intoxication chauvine de l’ opinion,  la question de l’ Alsace-Lorraine, comme ont l’ honnêteté de le reconnaître quelques historiens,  fut beaucoup plus un élément de durée qu’ un facteur de déclenchement de ce conflit.

Car l’ enjeu essentiel de la rivalité franco-allemande se tenait, bien loin de l’ Alsace-Lorraine, sur le partage des espaces  africain  et extrême oriental !

- l’ antagonisme austro et germano-russe au niveau des Balkans  sur le dépeçage collatéral de l’ empire ottoman.

- le sort de ce qu’ était à l’ époque la zone occidentale  de l’ empire tsariste,  c’ est à dire la « grande Pologne » retombée de son élan du 17ème siècle en compagnie du grand duché de Lituanie, (zone dans laquelle figure…. l’Ukraine. Tiens donc, comme on se retrouve !)

- et enfin l’  « anglo-germanique » dans la lutte pour l’ hégémonie  maritime , lutte commerciale à la base qui tout d’ abord portait en elle, puis exprima  concrètement  et ouvertement  ses moyens ultimes.

 LENINE démontrait à ce sujet que la nature profonde de l’ impérialisme tournait définitivement le dos aux guerres « justes » ( c’ est à dire tant soi peu dirigée contre une oppression)  pour mener des guerres de conquêtes liées aux mécanismes objectifs du développement capitaliste, société de classes, bien davantage qu’ aux volontés subjectives des hommes, (accaparations de zones géographiques, annexions soumission des peuples et pays de petites dimensions, etc)… et que pour cette raison aucun des belligérants n’ était fondé à invoquer  l’ argument innocent de la « défense de la patrie ».

 L’ idée du recours à la guerre ayant mûri  peu à peu était en effet acquise  dans les milieux  possédants et dynastiques européens ainsi que dans ceux des larbins politiques et militaires.

De ce point de vue, la période de 1900 à 1914 est édifiante. On  y observe à loisir un imbroglio de  manigances et de provocations en tous sens et de la part de tous ,  marqué cela va de soi, par une course aux armements effrénée notamment entre l’ Angleterre et l’ Allemagne.

On y constate l’ extrême difficulté de situer entre l’ Angleterre, l’ Allemagne et l’ Autriche, la France et la Russie , qui a stimulé le plus la machine infernale.

On arrive à l’ impossibilité de trouver dans le tas des pays participants, un quelconque innocent qui  fût  surpris par une attaque dont il n’ eût pas lui-même déjà l’ intention .

L’ entrée en guerre est ordinairement  notée par les historiens au 2 Août 1914 , mais peu de gens sans doute, savent  que l’ ordre de mobilisation générale   fut décrété par le gouvernement français juste la veille, 24 heures après l’ assassinat du gêneur pacifiste JAURES ! (le service militaire avait été porté de deux à trois ans en 1913) ; que la déclaration de guerre de l’ Allemagne  datée du 3 ne faisant en fait que confirmer  ses mouvements déjà en cours  le 2 ! L’ armée russe de son côté mobilise et fait mouvement dés le 31 juillet pour piquer  la Prusse le 3août.  L’ Autriche, n’ est pas en reste dans cet élan unanime,  puisqu’ elle a déjà annoncé la couleur du sang à la Serbie dés le 28 juillet !!   

Autant de choses que se garderont bien (surtout en ce moment) de nous expliquer les « commémorateurs.

Le lecteur nous taxerait à bon droit de légèreté  si nous passions à la trappe la position des Etats-Unis dans ce conflit, un opportunisme économique parasitaire,  générant par fournitures de guerre des revenus fabuleux, tout en restant dans l’ expectative, et se réservant en même temps les voies de sauvegarde pour  l’ entrée éventuelle dans ce conflit « essentiellement européen » selon le discours du président Woodrow  Wilson.

Position que l’ on retrouvera  d’ ailleurs  par rapport à l’ embrasement de 1939- 1945

En ce début de 20ème siècle,  l’ Amérique envisage déjà sa domination du capitalisme planétaire et ne se soucie qu’ accessoirement de l’ issue de cette guerre par laquelle  s’ engraissent ses industriels autant que ses fermiers du Middle Ouest.

Sauf qu’ en l’ année 1917,  quelque chose indiquait à la maison blanche que ses rêves de domination   pouvaient bien devenir un cauchemar… tout simplement par l’ effondrement pur et simple du capitalisme lui-même.  Alors, il fallait entrer en lice…

 Cette dernière mention à propos des Etats-Unis d’ Amérique est par ailleurs d’ une extrême importance pour la mise en relief du point de vue de classe qui fonde le présent exposé. 

En effet, il est généralement sans intérêt pour les masses exploitées et à plus forte raison pour les marxistes, de disserter sur les tenants et aboutissants de la politique bourgeoise ,et partant, de la guerre, pour élucider les  torts, les raisons, les pertinences, les chimères, les manœuvres des uns  et des autres, les dessous et les dessus des évènements historiques, dans le stricte cadre des valeurs propres au système, à l’ ordre bourgeois établi.

La bourgeoisie a suffisamment de capacités intellectuelles et surtout les privilèges de l’ accès aux sources de documentation pour réaliser cette tâche. Et ses historiens ont si l’ ont peut dire abondamment labouré ce « terrain de 14-18 » après que ses obus l’ aient copieusement déchiqueté.

Non, si ce n’ était pour observer pourquoi et comment  le cours du mouvement prolétarien s’ y imbriqua et  pesa incontestablement dans ce premier conflit impérialiste , jusqu’ à en infléchir l’ issue, cet exposé n’ aurait aucune utilité.

Ici s’ impose donc une  remarque d’ importance.

Si les bourgeoisies contemporaines avaient pour cette tragédie historique le respect humain qu’ elles prétendent, elles auraient dû au moins avoir la pudeur de commémorer non pas le centenaire de son déclenchement mais celui de sa fin c’ est à dire le 11 novembre 1918.

En fait, telles que les choses se présentent en cette année 2014, la bourgeoisie impérialiste, classe dominante, ne fera que célébrer  (pour ne pas dire magnifier) son premier crime mondial.

Pour sa part, tout ce qui reste d’ honnête du mouvement ouvrier de par le monde, ne saurait se joindre à cette honteuse opération d’ une classe en décadence, à la recherche de tous les moyens pour redorer son orgueil. Ce « reste » centrera sa mémoire de préférence sur le centenaire de la première révolution socialiste (octobre 1917) et de tous les enseignements de la longue période que cet évènement a inauguré.  Il y puisera non pas la résignation ou le découragement mais une vision  encore plus audacieuse de l’ émancipation humaine.

 Le présent exposé ne poursuit en définitive qu’ un but particulier : montrer qu’ en ce début de 20ème siècle, après les guerres de seigneurie, de royaume, d’ empires dynastiques, de nations, le capitalisme à son stade suprême impérialiste élève lui-même la lutte de classe  hors de sa forme jusque là larvée, au rang d’ un véritable guerre ouverte….
Montrer ainsi que la conscience de classe, lâchée par le mouvement  ouvrier qui  s’ est fait rouler dans la farine du patriotisme bourgeois  le 2 août 1914,   se redresse peu à peu.

Montrer en conséquence, que généralement, au stade impérialiste du capitalisme, les chances de réalisation de la guerre sont en raison inverse du niveau et de l’ ampleur de la conscience de classe dans les masses exploitées, et que pour porter les fruits auxquels elle est  prédestinée, cette conscience doit nécessairement déboucher sur l’ action révolutionnaire.

 Mais revenons à 14-18 …

 La mauvaise farce de  « l’ union sacrée »  machinée par tous les gouvernements avec la complicité des social-traîtres européens  ne résiste pas longtemps elle-même aux ravages des artilleries et des mitrailleuses.  

Pour prendre, en même temps que l’ examen de  sa nature profonde, la vraie dimension  du rejet progressif de cette guerre, il est essentiel de noter l’ osmose entre les évènements qui se produisent sur le terrain militaire et ceux qui jalonnent la vie de « l’arrière » dans les différent pays, et qui vont jusqu’ aux remous  et empoignades oratoires (voire plus) au plus haut niveau des gouvernements.

En fait, cette guerre qui avait, par rouerie politique, arraché pour son déclenchement  une relative adhésion générale, est rapidement vomie par la masse des peuples….

La démonstration ne serait pas probante si l’ on omettait les grèves et manifestations qui commencent très tôt à fleurir un peu partout dans la population civile ( sous l’ impulsion notoire des femmes cela va sans dire, lesquelles n’ ont évidemment rien de commun avec les « danseuses » actuelles de nos médias ), les drapeaux rouges qui sortent et l’ internationale d’ Eugène Potier  qui retrouve le « La »

En fait les révoltes des tranchées ne font qu’exprimer un mélange de détresse et de colère générales qui plonge ses racines dans toute la masse des peuples  face à  leur classe dominante.

Qui plus est, sous l’ effet d’ un  vent dominant venu de l’ Est, la lutte de classes finit par s’ inviter  véritablement, dans les tranchées, au grand dam des  promoteurs du cataclysme.

 

LA CHANSON de CRAONNE

(à mettre trop le nez sur quelque chose, on en perd de vue la nature profonde..)

 On perd de vue cette  substance prolétarienne internationale qui se développe sur les lieux mêmes des combats si l’ on se focalise  sur son point d’ orgue français  du printemps 1917( refus de monter à l’ assaut, mutineries, désertions, etc) , en forçant le trait sur la lassitude, la souffrance et la détresse des soldats.

Il faut observer à la fois les formes, le temps et l’ espace de TOUS les évènements opposables, effectivement et concrètement  OPPOSES à cette guerre, depuis son commencement, non pas par refus de la guerre en général, mais par perception progressive, grandissante, de la part des combattants mais aussi des masses populaires, du caractère spécifique de CETTE guerre : le brigandage  impérialiste imposé par la ploutocratie.     

Précisons qu’il s’ agît bien d’ une tendance générale aux  troupes de TOUS les belligérants, qui s’ affirmera crescendo tout au long du conflit et qui revêt des formes diverses allant de la protestation protocolaire, respectant l’ ordre et la hiérarchie militaire aux mutineries armées où les soldats retournent carrément leurs armes contre leurs officiers (à l’ instar des marins du cuirassé POTEMKINE en 1905).

Entre ces deux extrêmes exprimant la même conscience mais à des degrés d’ audace différents se produira toute une gamme se déclinant selon la nature des hommes, l’ état de la situation militaire immédiate et bien sûr l’ accumulation des souffrances :

la fraternisation dans les tranchées,  manifestations de soldats,  désertions collectives etc

 

Et de ce point de vue, même l’ image du militarisme allemand pur et dur, sans faille, discipliné jusqu’ à la moelle ne résiste pas à l’ examen….Il y a eu des révoltes et des fusillés pour l’ exemple y compris dans les troupes allemandes.

Car si la  « deutsche » soldatesque avait  été si étrangère à toute idée de rébellion, comment la révolution prolétarienne aurait pu en Allemagne, marcher sur les talons de l’ armistice !?.

Comment les conseils d’ ouvriers et de soldats auraient pu du jour au lendemain engager leur prise de pouvoir dans tout ce pays ?

Comment  Rosa LUXEMBOURG et Karl LIEBKNECHT , éminents dirigeants ouvriers (spartakistes c.à.d. communistes) auraient pu à la tête de forces armées mutinées (notamment les marins) contrôler la célèbre Wilhelmstrasse de Berlin et occuper le palais impérial ?   Même le plus ordinaire des militants sait bien que tant de force sociale  ne peut en aucun cas entrer en mouvement aussi brusquement, en quelque sorte comme sortie d’ un chapeau.

Et de leur côté, les militants avertis savent que sans le marché passé par les social-pourris EBERT et SCHEIDMAN (équivalent de nos socialistes actuels)  avec toutes les forces réactionnaires de l’ Allemagne (y compris  le nazisme en herbe), et surtout le haut commandement des  armées, la révolution prolétarienne avait toutes les chances de triompher au pays des germains, un peu plus d’ un an après la révolution russe.

Toutefois, il aurait probablement fallu qu’ elle s’ attende au schéma inversé de la commune de Paris : la bourgeoisie française volant au secours de sa sœur ennemie d’ outre-Rhin  par l’ entremise d’ un quelconque THIERS  « teuton »

Est-il d’ ailleurs certain que l’ armistice du 11 novembre 1918 permettant le retour sans encombre de l’ armée allemande au « Vaterland » soit de ce point de vue complètement innocent ?

Dans cet ordre d’ idée, la bourgeoisie européenne nous montrera par la suite de quel bois elle se chauffe dans son soutien appuyé au cinq années de la contre-révolution russe.

C’ est ainsi qu’ à la place d’ une flambée révolutionnaire générale, l’ assassinat de Rosa et Karl, intervenant au terme d’ une semaine de sanglante répression organisée par les social-pourris allemands,  marqua pour l’ Europe occidentale le reflux des forces qui avaient su résister  à la trahison.   

Remarquons que l’ ironie de l’ histoire produit souvent des choses que l’ on a peine à imaginer.

Exemple : la réunification de l’ Allemagne a fait qu’ il existe aujourd’hui à Berlin, non loin l’ une de l’ autre,  une rue LIEBKNECHT et… une rue SCHEIDMAN  le second n’ étant autre que  l’ un des commanditaires de l’  assassinat du premier !

Mais continuons notre exposé.

En France en particulier, les mutineries du printemps 1917 remettent brutalement les pendules à l’ heure prolétarienne en rappelant la vraie ligne de front, la vraie ligne de partage des intérêts, jusque- là dissimulée, celle qui existe  non plus entre les peuples comme on l’ a toujours fait croire  mais entre les classes nanties d’ un côté et les peuples dans leur ensemble. La réalité cachée  éclate ainsi au grand jour selon laquelle les peuples ne sont que les instruments des rivalités entre les classes dominantes. (ce qui est d’ ailleurs vrai aussi bien en temps de paix qu’ en temps de guerre)

 Sous cet angle, l’ exposé  arrive à un endroit idéal pour honorer  la fameuse « chanson de Craonne » née dans les tranchées de l’ Aisne , suite aux délires ahurissants JOFFRE-NIVELLE qui sans vergogne destinaient  à la tombe des centaines de milliers d’ hommes s’ il le fallait  et dont l’ horreur , dans chaque camp, de chaque côté du front,  scellée par le tristement célèbre « Chemin des dames », ne mesure plus la centaine de mètres « gagnés , perdus, repris et reperdus » à l’ unité de longueur mais aux milliers de morts et blessés dans les deux camps.

 

 

 

 


Venons-en à présent au fameux bombardement idéologique de  la classe ouvrière par la propagande d’ Etat et les agitateurs boutefeux  patentés   de l’ époque, ainsi qu’ aux artisans de la répression , genre CLEMENCEAU  pour la France (eh oui !).

Nous avons indiqué la situation contradictoire du mouvement ouvrier à la fois fort et fragile car soumis à une formidable  pression nationaliste.

Dans ce domaine, commençons par la France .

Qui par exemple  n’ a entendu parler d’ « Action Française », des MAURAS et autre BARRES (dont la mémoire est figée encore à se jour par un monument évoquant la fameuse « ligne bleue des Vosges ». Colline de Sion , 88).

Dans toutes les propagandes il fallait effectivement enrôler virtuellement les plus larges couches populaires possibles, car à cette époque c’ était le peuple qui  était appelé à la  guerre et pas les « mercenaires  professionnels » .

Et le peuple à convaincre, c’ était   les couches laborieuses, classe ouvrière, classe salariée dans son ensemble, paysannerie et autre petit peuple des couches intermédiaires, qui constituaient en puissance la  masse des combattants nécessaires à cette époque .

Pas de conviction dans les masses, pas de guerre possible !

Ici  n’ est pas l’ intention de dire que  la classe possédante fut strictement spectatrice du conflit. Elle y laissa au moins des plumes à son niveau  inférieur mais les paroles de la « chanson de Craonne » sont édifiantes qui rappellent pour quels intérêts moururent ces « gens du haut » : les leurs !

Et cela ne change rien à la nature foncière de cette boucherie, bel et bien faite  avec la peau des peuples pour la fortune des riches !   

 Il nous faut revenir ici sur la formule éhontée «  la belle époque »

Sans aucun doute, le siècle inauguré en 1900 était à son début, à la fois  porteur et annonciateur d’ opulence… pour la classe possédante ! Mais le cours radical pris par le mouvement ouvrier, précisément à cette époque, indique en contrepartie pour tout le pays , la dureté de la condition générale de l’ ensemble des couches laborieuses, à la campagne comme à la ville.

Les grèves, dures et souvent encore plus durement réprimées, les cabales montées par Clémenceau en personne pour jeter en prison tel militant syndical trop efficace , (voir les mémoires d’ un certain Pierre Monatte fondateur de la « Vie ouvrière »), les  mouvements quasi insurrectionnels dans la viticulture du sud de la France (1907) dans lesquels notre même Clémenceau commandant le feu de la troupe contre les vignerons,  montra  que ses talents ne s’ arrêtaient pas à l’ art de renverser les cabinets ministériels, voilà ce qu’était réellement la fameuse  « belle époque pour les masses laborieuses »

Outre cette ambiance répressive de l’ extérieur, le mouvement syndical, pourtant fort et ascendant tel qu’ il le montrait dans toute l’ Europe depuis la vague révolutionnaire du milieu et de la fin du 19ème siècle , était gravement hypothéqué de l’ intérieur, notamment en France par la grande illusion de l’ époque : l’ anarcho-syndicalisme, facette économique du réformisme, qui postulait que la classe salariée pouvait se doter dans le cadre du capitalisme d’une activité économique propre à pousser le capitalisme peu à peu dans la tombe, ceci postulant carrément sur l’ insignifiance  du pouvoir politique d’ Etat.  

Inutile de dire à quel point cette posture générale du mouvement ouvrier,  dont la situation française n’ est qu’ un exemple, pouvait, par une certaine méconnaissance de la nature de classe de l’ Etat et des ramifications du Capital au  stade impérialiste, le ramener  à tout moment dans le giron du nationalisme, et l’ aligner sur les thèses belliqueuses du discours officiel entretenues par les va-t-en guerre indiqués plus haut. Exactement comme les sujets d’ un seigneur qui pour échapper aux brigandages de l’ époque féodale, venaient se réfugier au château de celui qui passait le plus clair de son temps à les saigner!

Au surplus, l’ ambiance enveloppante du national-patriotisme dans laquelle respirait le mouvement ouvrier, était confortée   par une certaine jeunesse intellectuelle, étudiante et autre, macédoine d’ illuminés aux repères instables, mystiques genre Charles PEGUY ou   aventuriers  genre….. 

Ne s’ opposait en fait à l’ idée de la guerre que le pacifisme naïf des JAURESISTES, un pied lui aussi dans l’ anarcho-syndicalisme au plan économique (voir le mirage des  coopératives ouvrières)  et l’ autre dans le parlementarisme bourgeois au plan politique.

 

En Europe ….

 Si l’ on fait un bref tour d’ horizon du continent, on confirme que l’ internationalisme prolétarien initié par la première internationale de 1864 et relancé par la IIème de 1889 est, en raison des considérations qui précèdent, plutôt chétif au sein des masses ouvrières européennes. A proprement parler, il n’ est pas vraiment intégré dans la conscience collective mais simplement « indexé » sur l’ attitude de ses dirigeants les plus en vue. Et c’ est précisément par cette voie que les peuples vont se trouver enchaînés aux desseins meurtriers de leurs classes possédantes.

Rappelons à ce propos ce que l’ on néglige trop souvent :

si pour sa part la lutte de classe économique est un fait objectivement lié au développement matériel, donc pratiquement inscrit dans les gènes du mouvement social et plus particulièrement du mouvement ouvrier,  la lutte politique, et qui plus est la lutte révolutionnaire dans la perspective du renversement du capitalisme est plus étroitement liée au niveau de conscience de classe dans les masses, donc pour une bonne partie à l’ appropriation  du patrimoine culturel prolétarien.

Il est clair que le rôle rempli par les appareils dirigeants ouvrier est décisif pour cette appropriation. Mais il est non moins clair qu’ il peut être aussi bien positif que négatif et le marasme de la période actuelle en témoigne.

Dans cet ordre d’ idées, on ne saurait mieux s’ instruire de l’ état d’ esprit des masses  et  de leurs rapports avec les appareils dirigeants ouvriers de l’ époque qu’en étudiant le tome 21 des œuvres de LENINE ( ce tome 21 peut être considéré comme un outil essentiel du marxisme-léninisme, grille de lecture universelle des rapports de classe à tous les niveaux de la phase impérialiste du système, aussi bien en temps de paix qu’en temps de guerre et à plus forte raison dans les périodes de préparation de cette dernière.   C’ est pourquoi, il mériterait d’ être réédité et relu en masse  pour remettre dans le bon sillon beaucoup de « supposés marxistes ».)

Fort de cette lecture, nous pouvons revenir à la réalité  ouvrière « européenne » de l’ époque considérée, et voir comment et pourquoi un certain « grain de sable russe » a pu à un  moment donné, déjouer  la fourberie de la mécanique idéologique dominante. 

 

A suivre…

 

 
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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 18:30

La lettre du président du Bureau Central d'organisation de la D.P.I.O. (01 Mai 2010)

 

 

Sale  temps pour les détracteurs du marxisme.

La crise du capitalisme que la propagande bourgeoise supposait déjà neutralisée continue de fulminer, pareille aux  suites d’un  feu compliqué, rampant dans un immeuble ancien, poussiéreux et d’architecture "bric à brac".

Irréfutable, donc, l’analyse marxiste du  capitalisme comme système à crises par principe.

Car il faut le dire, ce qui se passe pour la Grèce n’est rien d’autre qu’un des signes clinique de la furonculose  qui, au delà du racket perpétré par les Etats contre les peuples au secours des  seigneurs du capital financier, indique la pourriture du système tout entier.

Et n’en déplaise aux sycophantes et cireurs de bottes médiatiques et politiques de toutes factures, l’Islande, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal,  sont bel et bien "embaumés" de la même puanteur.

Quant aux saletés que mijotent à l’unisson, les gouvernements capitalistes de toute l’Europe, sous couvert de leurs boniments sociologiques (coût de la santé vieillissement des populations, durée de vie etc), elles ne sont en vérité que  manoeuvres conservatoires des privilèges bourgeois aux abois!

Et que dire enfin des facéties  pseudo sociales " obamiennes",  genre  plâtres sur jambes de bois dans une  cour des miracles, seule image réaliste à retenir des Etats Unis dans le domaine considéré.

Il faut donc avoir un sacré fiel pour pointer du doigt les soi-disant mauvais élèves grecs, et faire semblant d’ignorer le reste, histoire certainement d’accréditer à l’avance  cette politique dégoûtante dans l’opinion générale des peuples.

Voilà donc, une fois de plus, le prolétariat international,  acculé à la défense de ses intérêts vitaux face à leur prédateur naturel: le Capital.

Naturellement, il faut compter avec  les manigances de la "pègre mondiale dominante" (possédants, gouvernements et médias à leur solde), pègre qui pour sa part ne considère plus les frontières que pour ce qu’elle en a fait: des obstacles à l’émancipation et au développement politique des peuples, mais certainement pas à l’orgie générale de l’exploitation. La preuve est faite.

Soit dit en passant,  la social-démocratie au pouvoir ou pas selon les pays va sans aucun doute rappeler pour la Nième fois  son alignement intangible sur ces principes.

Mais comment ne pas voir que face  au capital, le travail  se trouve à la croisée des chemins et qu’en conséquence la question qui lui est posée est celle de s’engager sur le bon sans trop attendre, à la queue leu leu ou par groupes, peu importe, mais dans tous les cas en tenant cette fois-ci la barre avec la plus  ferme résolution.

Mais arrêtons nous pour l’exemple à la situation française.

Le massacre de la condition ouvrière y est plus que jamais à l’ordre du jour du capitalisme: Acquis sociaux, salaires et emploi, santé, retraites, conditions de travail et d’existence, dérive chronique des prix  etc.

Bref, un contraste insupportable caractérise l’état actuel de la société:

- d’un côté, la misère rampante, la paupérisation des travailleurs dont certains vivent à la rue et mangent quand ils peuvent

- de l’autre, une orgie de luxe et d’opulence qui dévore et dilapide sans vergogne des masses de capitaux.

Au delà des discours moralisateurs, ici et là, pour amuser la galerie, il ne fait aucun doute que le profit  entend se maintenir par l’écrasement sans scrupule de la classe laborieuse.

Et c' est sur ce fond catastrophique qu' on nous rappelle périodiquement qu' il va falloir toujours plus se serrer la ceinture, qu' il faut fermer et regrouper des hôpitaux, des écoles, supprimer des emplois sociaux, ou comme nous y préparent les médias, échauder un peu plus les retraites.

Pourtant, le seul parcours sur la route côtière de Saint-Tropez à Menton,  suffit à donner aux yeux un mince aperçu des ressources  soustraites au fonctionnement économique et partant à l’alimentation  convenable des besoins sociaux.

Une question hante tous les esprits lucides:

face à cette situation en constante dégradation dans tous les domaines, est-ce que le mouvement ouvrier en général et plus précisément le mouvement syndical ont la réaction qui s’impose?

Aurait-on pu concevoir par exemple, au tant de nos glorieux aînés, un quelconque SARKO :

 - insultant  les salariés jusqu' à se  féliciter devant la clique patronale du MEDEF, que plus personne ne s’aperçoit d’une grève en France ? 

- ayant le culot de plaider pour la "moralisation"  du capitalisme, (à une époque où même les enfants ne s’amusent plus des contines du loup déguisé en agneau), et lors même que son credo nauséabond pour le libéralisme a constitué le fondement de sa campagne présidentielle ?

- sabrant la conditions ouvrière sans l' ombre d' un scrupule, en prétextant de l' intérêt général, comme si son farniente de 15 premiers jours de son mandat sur le yacht du milliardaire BOLLORE n' était un signe suffisant de son allégeance à la ploutocratie ?

- débitant ses sornettes hypocrites sur les  malfaisants de la spéculation, sur le soi-disant  contrôle de l’économie tout en distribuant à ce même monde de "voyous" la mâne de l’argent et de la caution publique!?

Nul doute qu’à une  certaine époque, le peuple laborieux aurait su faire ravaler à la fois discours, insultes, pseudo morale à hurler de rire et politique pourrie aux locataires de  l’Elysée, de Matignon et du palais Bourbon ?

Mais force est de percevoir, au delà de l’ébullition sociale actuelle, un incompréhensible assentiment général! Ne peut-on voir là que le seul effet d’une audace sans précédent du patronat et du pouvoir  réussissant à ce point, à prendre la classe salariée pour une masse de demeurés ? 

N' y a t-il pas autre chose de plus pour qu’une telle  escroquerie puisse prospérer ?

Qui conduit les masses exploitées, pour ainsi dire malgré elles, au moyen d’une espèce d’hypnose sociale, à leur déchéance historique, et notamment à l’abattoir sans pitié de la crise actuelle ?

Parlons sans détour. Le syndicalisme jadis dominé par la lutte de classe ne s’est-il pas métamorphosé en officine de caution aux ambitions capitalistes?

A titre d' exemple immédiat concret: qui a mandaté des dirigeants syndicaux, toutes enseignes confondues  pour aller  se pavaner au conseil «sarkomédefien » d' orientation des retraites sur la nouvelle attaque prévue contre le système ? Personne bien évidemment!

Mais voyez-vous de nos jours, les bureaucraties syndicales "d' accompagnement" pensent tout comme le patronat que les retraites sont entre autres une charge nuisible... aux  actionnaires.

Sans aucun doute, au sortir de leur collaboration, ces gredins s'arrangeront une fois de plus, au moyen d' une savante « comedia del arte » pour étouffer, évacuer et neutraliser si nécessaire la grogne populaire comme en 93, 95, 2003,.. etc., et puis basta, retour au chantier de démolition à huis clos! Commission de ceci, conseil de cela, et l’on en passe, institutions bon chic bon genre qui constituent désormais l’essentiel de leurs fonctions.   

En définitive, un incroyable paradoxe se développe sous nos yeux:

D’un côté, une combativité générale, marquée légitimement par la colère et la violence, une assise évidente de toutes les luttes sur les fondamentaux en péril de  la classe salariée  (emploi, salaires, conditions d’existence) autant de conditions propres à une grande grève générale sur une plate forme revendicative de principe unique: recul du profit capitaliste!

En lieu et place de cela, se réalise  l’ambiance déstructurante du TOUT QUI BOUGE pour rien, alors qu’en vérité RIEN NE BOUGE  à l’ampleur nécessaire.

D 'un autre côté, le développement de l' individualisme, de l' abêtissement social, de la mesquinerie, du sectarisme professionnel, insinuent au sein même des masses exploitées, une détestable  mentalité inspirée de l' idéologie dominante. Elle  invite à voir les "privilégiés" surtout chez  ceux des travailleurs que l’on suppose (de sa fenêtre) en situation "avantageuse".

 A l’inverse, elle pousse à méconnaître, voire à justifier selon les cas, ses propres"avantages" sur  ceux qui sont à la traîne.

Dangereux relents des périodes noires et brunes du siècle passé!

Tout porte donc à conclure que ce qui manque  au renversement de cette nuisible configuration  ce n’est certainement pas l’urgence, mais essentiellement l’outil! lequel se situe de toute évidence à des années lumière du porte-plume  des CHEREQUE et consort!

Dans cet ordre d’idées, les paroles d’un certain Bernard THIBAULT disant : " on n’est pas là pour bloquer le pays" se placent radicalement au dessous du niveau de conscience du serpent.

Comme si le pays n’était pas, déjà comme tant d’autres, bloqué et massacré précisément par le capitalisme lui-même,  et comme si le destin de l’humanité était définitivement à la remorque de ce système pourrissant.

Faut-il qu’il n' y ait rien d’autre qu’un simple volcan pour nous en rappeler la vulnérabilité?

Qu’on ne compte pas en tous cas que l’Organisation D.P.I.O, fût-elle pour un temps la seule et si petite à battre le tambour du préalable de la  RECONSTRUCTION D’UN SYNDICAT DE CLASSE, renonce jamais à ses efforts.

Car dans ce domaine, l’attente ou l’atermoiement interminable  par crainte de l’erreur  revient désormais à ne rien faire pour ne pas se  tromper, c’est à dire la pire des erreurs!

 

 

VIVE DONC L’ORGANISATION  POUR LA LUTTE  QUI  NOUS APPELLE!

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 18:16

 

PREAMBULE.

 

 

Chers lecteurs, chers camarades et amis, notre organisation présente ici une espèce  de vue générale de la situation actuelle de la classe salariée.

Plus que jamais il devient nécessaire de clarifier les rapports du syndicalisme avec la politique. C’est le choix délibéré qui imprègne précisément l’exposé qui va suivre.

Car la dégradation, voire la perversion de ces rapports est à coup sûr l’élément le plus déterminant dans la crise patente du syndicalisme ouvrier, crise que personne ne peut plus désormais ignorer.

Ceux qui s' intéressent peu ou prou à l' initiative D.P.I.O savent que nous dénonçons le mélange des genres selon le principe qu' il n' appartient pas plus à un parti politique ouvrier d' agir   dans la création ou la manipulation syndicale qu' il n' appartient à un syndicat de s' investir en tant que tel  dans le travail politique.

Mais de ces principes intangibles, il ne faut nullement déduire que nous préconiserions un syndicalisme en vase clos économique, s' interdisant pour nourrir ses décisions et ses options, toute réflexion, toute analyse et toute éducation de nature politique ou sociale.

Rien n’est plus désastreux pour la classe ouvrière que de se priver des nécessaires références et connaissances qui la concernent au premier chef, qui concernent en conséquence les diverses dimensions de son histoire, de son destin universel.

Cela ne contredit en aucune manière notre vision de l’indépendance syndicale en tant que lutte spécifiquement économique.

Bien au contraire, on ne saurait imaginer une quelconque restriction culturelle ni à la pensée, ni à l’éducation ni à l’investissement militant de la personne physique   dans l’un et l’autre des domaines considérés, à charge naturellement pour chacun  d’agir à la fois dans  le respect de soi-même et des organisations auxquelles il appartient.

Quant à la personne morale, s’agissant précisément d’un syndicat ouvrier, on ne voit ni la nécessité ni l’utilité d’une quelconque autocensure, tant dans l’élaboration de sa stratégie, de son action revendicative que de son expression publique.

En fait, il  s’agît autant ici de clarifier les rapports de la politique et de l’économie au sein même du mouvement ouvrier que de caractériser leur nature de classe.

Car précisément, cette caractérisation, sous forme de rappel historique, constitue elle même la base de la clarification.

La question se pose donc comme suit: sur quelle base commune, politique et économique est fondée  la lutte de la classe salariée, tant pour son progrès matériel et moral que pour son émancipation sociale?

Qu’on le veuille ou non, le mouvement ouvrier théorisé (nous ne parlons pas ici du mouvement spontané n’exprimant rien d’autre que la colère et qui apparu rapidement sous les premières  morsures de l’exploitation, dès la fin du premier empire)  est à son origine un tronc commun si l'on peut dire : la critique scientifique du capitalisme.

Tout au long de son développement, il est inévitablement pétri de cette critique au plus profond de sa substance, au point même qu' en dehors d' elle, il est condamné purement et simplement à la déliquescence.

Ce tronc commun n' est autre que le socialisme scientifique exposé à grands traits au beau milieu du tumulte du 19ème siècle par Karl MARX en collaboration avec Friedrich ENGELS et quelques autres grands militants de leur époque, dans une œuvre impérissable intitulée "Manifeste du Parti Communiste".

Ce même Karl Marx fut en septembre 1864 à l’initiative de la fondation de la première association internationale des travailleurs, sur fond d’un mouvement ouvrier à dimensions européennes qui comme on le sait avait fait en quelques décennies des pas de géant et dont les desseins et la lutte effective se radicalisaient à l'encontre de la classe capitaliste dominante.

L’objet de la Première Internationale était de facto autant politique qu’économique (ou syndical).

Multiples tendances s’y affrontèrent qui posèrent dès le début la divergence entre le caractère nécessairement révolutionnaire du mouvement ouvrier et le mirage du réformisme.

Arriva dans cette période de la première internationale, un premier défi de la classe ouvrière à ses exploiteurs, un premier affrontement, militaire, il faut le savoir: La glorieuse Commune de Paris, de mars à mai 1871 au sein de laquelle s'investirent pêle-mêle politiciens et intellectuels progressistes, syndicalistes ouvriers, sous le mot d' ordre, notamment, de la "république sociale".

Sans entrer dans le détail des vicissitudes prévisibles et de la fin tragique de ce grand évènement, nous en retiendrons ici ce qui est utile à notre propos: le côtoiement politico- syndical dont les "internationaux" furent autant les artisans que les gérants.

Les internationaux est le qualificatif qu’ont adopté beaucoup d’historiens pour désigner les membres (français ou autres) de la première internationale qui prirent une part active à cette page révolutionnaire.

On ne peut manquer de retenir le nom d’au moins deux d' entre eux tels qu’Eugène VARLIN, et Benoît MALON dirigeants ouvriers qui s’illustrèrent notamment dans l’âpreté des luttes qui marqueront  le second empire.

Pourquoi ces deux noms ? Précisément parce qu' ils incarnent par rapport à d' autres grandes figures ouvrières de leur époque, plus orientées vers les tâches politiques tels que Jules GUESDES, Wilhelm LIEBKNECHT et autres August BEBEL, la nécessité de séparation et de spécialisation du mouvement ouvrier en deux branches: économique et politique; séparation qui ne procéda nullement d' un antagonisme ni de quelconque contradiction, bien au contraire, mais qui sera un perfectionnement de l'arsenal de la classe salariée pour son émancipation, et permettra par la suite tant de conquêtes et de progrès pour le monde du travail.

A ce titre et pour sa part, Eugène VARLIN peut et doit être considéré comme le fondateur moral sinon l’inspirateur pratique du Syndicalisme de Classe, traduit un peu plus tard par l’avènement de la C.G.T.

Après ce rappel des fonds baptismaux commun aux parties syndicale et politique du mouvement ouvrier, nous sommes très à l’aise pour fustiger ceux qui plagient aujourd’hui le "bloc" organisationnel qui marqua tout naturellement son adolescence.

Ceux-là prétendent en fait ériger le mélange des genres (dont ils aspirent à assurer le contrôle) en recette miracle  pour la renaissance groupée de la politique et du syndicalisme ouvrier (car c’est bien de CE syndicalisme et de CETTE politique dont il s’agît).

Comment  ne pas comprendre que cette méthode n’est qu’une médiocre cuisine bureaucratique qui non seulement ne correspond en rien aux besoins actuels du prolétariat mais nous promet à l’évidence une réédition OPPORTUNISTE du mélange des appareils.

Mais nous ne sommes pas moins à l’aise, reprenant à notre compte la juste réflexion qui sévissait encore dans les rangs du syndicalisme de classe juste avant qu’il dérive vers la faillite:

" L’anticommunisme est un poison pour la classe ouvrière", pour souscrire à la métaphore selon laquelle, à l’heure actuelle, tout travailleur qui méconnaît  l'inestimable apport du fameux "Manifeste du parti Communiste" de 1848 n’est ni plus ni moins qu'un automobiliste qui roule en pleine nuit sans éclairage!

C’est dans cet esprit c’est à dire sans tabou que nous présentons l’exposé qui suit, y traitant librement des aspects syndicaux et politiques qui caractérisent la situation de la classe salariée dans son ensemble, en prise nécessairement sur son histoire réelle qui constitue qu’on le veuille ou non le patrimoine qu’elle ne peut renier.

 

Nous le ferons ainsi une fois pour toutes dans le souci de ne pas avoir à y revenir, avec la conviction profonde et sincère de rendre service à tout esprit ouvert, et afin que nul n’ignore  le bois dont l'initiative D.P.I.O se chauffe.

 

 

 

 

 

MARXISME ET MARXISME-LENINISME

 

 

Le terme de Marxisme-Léninisme apporte à l’héritage du mouvement ouvrier international un supplément de taille : la vérification pratique d’une théorie déjà fondée elle-même sur l’observation du parcours réel de l’humanité.

Il nourrit notoirement la théorie du communisme  s’agissant de l’étape transitoire qui y conduit: le socialisme, phase de dictature du prolétariat, par opposition à la société dans laquelle nous vivons qui constitue véritablement la dictature de la bourgeoisie.  

Mais surtout, il ouvre la voie à un substantiel enrichissement théorique du marxisme.

Nous ne prendrons ici comme exemple que les célèbres thèses et analyses sur l’Impérialisme en tant que stade suprême du capitalisme, qui sont la base théorique incontournable du marxisme à l’époque actuelle, et en dehors de quoi toute stratégie ouvrière est désormais vouée à l’inanité.

Communisme, Marxisme-Léninisme, trop de gens, trop de peuples de nos jours associent ces termes  à une espèce de subordination à l’histoire d’un pays  étranger: la Russie.

Outre son simplisme grossier cette vision (activement entretenue et véhiculée par la propagande bourgeoise) n’est rien moins  qu’absurde.

Pour le comprendre, arrêtons-nous simplement à nous demander si le capitalisme pour sa part, au-delà de ses diverses formes nationales (lesquelles montrent soi-dit en passant une singulière tendance à s’uniformiser) est l’affaire de l’histoire particulière d’un seul pays ?

A l’heure de tant de gesticulations autour de la fameuse mondialisation, cela donne envie d’éclater de rire.

Ainsi est-il parfaitement clair que les formations sociales qui se succèdent dans l'histoire de l’humanité concernent l’ensemble des humains de la "planète" (mot très à la mode dans la propagande mercantile que l’on sait) même s’ils n’y sont engrenés qu’au cas par cas, et dans des conditions différentes.

De ce point de vue, il ne faut pas craindre de dire que Vladimir OULIANOV, dit LENINE, a apporté à la cause du prolétariat international, outre une démonstration de pratique révolutionnaire exemplaire, une  inestimable contribution théorique et polémique qui est constituée, dans ce qui a pu être conservé et retrouvé, de pas moins de 45 volumes d' une moyenne de 600 pages. De quoi surnommer cet homme à la fois le "BALZAC et le SPARTACUS de la révolution socialiste".

Le lecteur sera sans doute étonné d’apprendre que LENINE, ayant occasionnellement séjourné  en France,   considérait la commune de Paris comme le premier modèle de "Soviet" ayant existé en Europe.

C’est dire à quel niveau de respect et d’admiration il situait cette page d’histoire de notre pays, à propose de laquelle il a écrit un admirable texte commémoratif en 1911.

De toute évidence, ce point de repère ne fut pas sans nourrir dans une certaine mesure sa réflexion et son action dans la lutte acharnée qu'il mena pour la construction du parti bolchevik (mot signifiant "majoritaire" en russe) dont la mission initiale  fut de "faire le ménage" idéologique, si l’on peut dire, et partant, de soustraire l'esprit des  masses au réformisme ambiant.

Bref, tout ceci pour dire que de nos jours où les mystifications vont bon train pour asphyxier les consciences, le mot marxisme  est nécessairement à entendre comme associé au mot léninisme, sous peine pour le prolétariat de se priver volontairement d’une bonne moitié de ses moyens intellectuels.

Ainsi le lecteur ne s’étonnera-t-il pas de l’utilisation libre de thèses et de citations marquantes de Lénine dans la conduite  du présent exposé.

 

 

LES  CRISES  DU CAPITALISME  

 

Il ne fait aucun doute que nous vivons une période particulièrement riche et productive en enseignements de toutes sortes.

Mais il est à craindre que la question cruciale, celle qui est mise au premier plan par les coups de tonnerre de la crise économique actuelle passe précisément inaperçue, pour cause de faillite des appareils ouvriers eux-mêmes.

Cette question est simple:

La classe exploitée doit-elle se contenter de faire profil-bas en quémandant sa survie à la classe capitaliste en difficulté, ou doit-elle au contraire mettre à profit cette conjoncture pour faire valoir ses droits et son rôle historique, cette dernière proposition n’étant rien d’autre que le renversement du capitalisme ?

Nous sommes de ceux qui pensent que le débat sur le syndicalisme, en crise lui-même, ne peut éluder cet aspect essentiel.

Disons le sans ambages : pour l' heure, la bourgeoisie, en tant que classe dominante n'a guère à craindre de ce point de vue, tant il est vrai que la situation est entièrement verrouillée, entièrement sous son contrôle, et qu'elle a de ce fait, pour le moment, les coudées franches pour faire supporter à la classe salariée en toute tranquillité, les conséquences dramatiques de ses turpitudes politico-économiques.

Mais le but de cet exposé n’est pas, pour autant, d’entretenir le découragement ou la résignation, mais plutôt de voir de quoi est faite cette situation de verrouillage et que faire pour en sortir.

Une fois de plus, nous voilà ramenés au vieux débat (aussi vieux que le mouvement ouvrier) entre réforme et révolution.

Mais il faut savoir que si l’histoire a depuis longtemps défini et caractérisé ces deux lignes quant au fond, elle a aussi abondamment brouillé les pistes quant aux formes et aux apparences.

Ce qui fait que la difficulté du jour pour la classe ouvrière et en premier lieu pour les détachements militants ou autres individualités honnêtes et volontaires n'est pas tant de déterminer ses vrais ennemis  que d' identifier ses faux  amis. Nous y reviendrons plus loin.

La crise actuelle qui promet des affres dont on n’a pas idée n’est ni une surprise ni un accident de parcours du système.

Il est démontrable et amplement  démontré que le capitalisme est par principe un système à crises (expressions de la loi générale qui ponctue les soubresauts périodiques de la surproduction)   non seulement inévitables mais fondamentalement nécessaires à sa pérennisation.

Le cours du 19ème siècle, c’est à dire du capitalisme en plein essor, foisonne littéralement de crises partielles ou générales, industrielles et  financières, dont évidemment la classe ouvrière fait invariablement les frais.

Par la suite l’impérialisme entre en lice, mêlant d’office ses crises à des horreurs militaristes et autres aventures épouvantables tels que les deux guerres mondiales.

Du voisinage de 1900 que la fantaisie a qualifié d’âge d’or, au  grand séisme universellement connu de 1929 qui rebondit au cours des années trente, ces crises ne font que s’amplifier, s'approfondir au niveau de  leurs conséquences.

A la suite de la seconde guerre mondiale, elles continuent  d’imposer leur rythme accentuées par les contradictions liées aux destructions massives de la guerre.

Après une sensible accalmie que les commentateurs bourgeois se plaisent à appeler "les trente glorieuses", un type de crise nouveau apparaît au début des années soixante dix correspondant sans aucun doute à de nouvelles donnes dans la situation mondiale.

Nous qualifierons cette crise de larvée, d’interminable, à savoir: sur fond permanent de difficultés inextricables et d’expédients continuels autant économiques que géopolitiques, le système est périodiquement travaillé par des accès de fièvre successifs, plus ou moins prononcés.

En fait il ne s’agît plus désormais de crises ponctuelles  trouvant peu ou prou une issue, mais d’une crise structurelle d’usure dans laquelle se manifestent des saillies.

La crise actuelle superpose donc deux effets:

 

1) Celui des contradictions inscrites dans la genèse et les  mécanismes propres au système mais qui ne se traduisent que  lorsqu' elles atteignent leur point de rupture.

2) Celui lié à une difficulté  majeure de l'exploitation économique arrivée au mur de l’expropriation des capitalistes par eux-mêmes, à une dimension insoluble et explosive.

 

Cette situation critique, est par ailleurs aggravée dans le présent accès  par un ressort supplémentaire et de taille celui-là: la négation délibérée par la classe dominante elle-même, du fondement de son système: la loi de la valeur liée au travail productif, et partant l’oubli du lien indissociable entre la plus-value (surtravail extorqué à la classe ouvrière) et le profit qui n’est autre que sa conversion sous forme argent.* (Note 1)

Fuite en avant chimérique,  réponse illusoire à la baisse tendancielle du taux de profit démontrée par la théorie économique de Karl Marx, cette négation s’est exprimée par un long processus de décomposition industrielle, de près de trois décennies, accentuant toujours plus le vecteur centrifuge auquel est naturellement soumise la masse des capitaux et qui les déporte de l’activité  vers le cercle infernal " accumulation- spéculation".* (Note 2)

Généralement, le corollaire de ce jeu à l’argent facile et massif est double: d'une part le frein direct à  la création de valeur marchande et d’autre part la neutralisation de masses de capitaux considérables par le court-circuit de la consommation (le luxe capitaliste essentiellement), et par gaspillage dans la lutte implacable des concurrences.

On se trouve alors dans une spirale de conflit d'une violence décuplée entre le capital financier devenu un monstrueux corps parasite et le capital industriel, c’est à dire entre la spéculation, le commerce des capitaux et l’activité productrice qui nourrit tout cela.

Mais dans la phase particulière qui s’annonce, le retour douloureux, inévitable, à la fameuse loi de la valeur que l'on observe habituellement dans l’histoire semble, selon une tournure quasi militaire, purement et simplement contesté; à savoir que, s’agissant du profit, nul ne veut en céder en dépit de son hypertrophie générale*(Note 3), et qu'en tout état de cause, il n'est pas question d'un quelconque régime d'amaigrissement, mais simplement d'une guerre de redistribution, de repartage!

On s'accuse, on se montre du doigt, on essaye de s'acquérir "l’opinion", mais que l'on ne s'y trompe pas, cette guerre est toute relative, c’est une guerre de rapine entre soudards du profit sur fond d’identité de classe, identité d’obligation et de but: l’exploitation croissante des masses et à tout prix.

Il y a de quoi rire quand on entend les discours fêlés des gouvernants sur le retour aux bonnes vieilles vertus bourgeoises du travail "normal" (c'est à dire l'extorsion de travail gratuit à la classe salariée) du capital et de la récompense méritée!

Soyons sérieux, le capital financier n’est-il pas alimenté par la coagulation et l'accumulation du capital argent industriel lui-même? C’est à dire d’une masse de valeur sous sa forme pure qui s'évade soit pour un temps, soit définitivement de son cycle actif immédiat?

Financiers et industriels ne personnifient-ils pas deux formes successives  du capital social au cours de son cycle?

Pour être les frères ennemis qui se disputent le gras de la plus value (intérêt d'un côté,  profit d'entreprise de l’autre et rente pour la propriété terrienne), n'en sont-ils pas moins cul et chemise jusqu'à parfois et même souvent être une seule et même personne dans le jeu de rôles cynique de l’exploitation du travail d’autrui ?

« Haro sur les plumeurs du CAC 40, les gros actionnaires les patrons trop payés » (tautologie à la mode) entend-on dans la bouche des néo populistes ! … mais qui peut croire que dans ce bain purulent ceux qui sont plumés n’ont pas d’autres perspectives  que de plumer sans vergogne à leur tour.

« Haro sur les grand patrons qui licencient alors qu’ils croulent sous le profit » entend- on à l’unisson! ... mais quelle différence entre un capitaliste qui jette ses salariés pour accroître son profit, celui qui le fait pour le maintenir, et celui qui le fait pour y revenir! Aucune! Ces trois situations d’apparences différentes ne font qu’exprimer une seule et même contradiction de classe, un seul et même antagonisme inconciliable d’intérêts.

Car on pourra parfaitement retrouver un jour notre troisième larron avec son air innocent...dans la peau du premier!

Grande économie contre petite, malhonnêteté ou exagération contre mérite d’enrichissement légitime serait donc le niveau de platitude auquel on voudrait réduire le débat et la conscience publique.

Non, ce qu'il faut retirer de tout ce fatras de bavardages c' est qu' en vérité le capital dans toutes ses composantes est prêt aujourd'hui à en découdre avec sa propre loi fondamentale, la loi de la valeur, et que la signification in fine de cet inimaginable bellicisme (voir la furie des prix notamment dans les secteurs de l' immobilier et des matières premières) n'est autre que l'écrasement sans pitié des masses exploitées  et en premier lieu du prolétariat mondial.

C’est bel et bien sous cet angle qu’il convient de considérer la conférence de Londres qui a réuni la clique des bandits qui dirigent le monde, à la recherche des moyens de maintenir le règne mondial des privilèges de la bourgeoisie.

Passons (si l’on peut dire) sur le coût de ces dérisoires singeries médiatiques coutumières des fameux "sommets",  dont le montant des factures, des  têtes d'affiche aux porteurs de burettes, permettrait  de nourrir pas mal d’affamés.

Mais, à défaut, comme ses homologues, d’une quelconque utilité pour le monde des exploités, celui-là aura eu au moins le mérite d’indiquer les 2 principaux  soucis actuels de la classe dominante:

1) Faire sa propre police économique, juridique, fiscale, etc. afin qu’aucun des seigneurs du grand tripot ne puisse s’accaparer un surplus de pactole au détriment ... de ses pairs!

2) mettre au point, en concertation, la trame commune des moyens de mystification des masses, à savoir: quelques miettes de capital converti en morphine sociale, et en revanche, des mégatonnes de propagande; une intoxication idéologique massive pour arracher le consentement à plier toujours plus l’échine!

Voilà tout le sens politique du tapage officiel de cette conférence sur les paradis fiscaux et autres parachutes dorés, joint aux bavardages gratuits sur le prétendu soutien social des gouvernements, dont on a abreuvé la naïveté publique et qui ne fait qu’illustrer la rhétorique hypocrite de la clique sarkozienne, président en tête.

Précisément, ce serait à contrepied de ces deux soucis que les prolétariats, les classes salariées des pays les plus avancés, devraient entendre les mots d’ordre et le discours fédérateur représentant leurs intérêts du moment.

Mais où sont-ils et que font-ils aujourd’hui, ceux qui sont censés être les dépositaires de ces intérêts? C’est très simple, nous le dirons une fois de plus: ils sont passés à l’adversaire de classe, un point c’est tout.

 

L’ADMIRABLE  LEÇON DU PETIT PAPILLON.

 

Ce n’est pas pour rien que nous évoquons la richesse en enseignements de la période actuelle. Période faite sur le fond  du fameux commerce bureaucratique des syndicats véreux alternant avec des grand-messes périodiques purement rituelles le tout enfonçant un peu plus chaque saison, pour ne pas dire chaque jour, la condition générale des salariés.

Dans cette routine désolante, s’est brusquement produite une vigoureuse éruption sociale localisée: La GUADELOUPE.

Au- delà de la propagation plus ou moins amortie observée à la Martinique et à la Réunion, (les R.G et les cireurs de bottes veillent), l'enseignement majeur de cet épisode de la Guadeloupe dépasse de loin son objectif revendicatif. Et surtout, il devrait inspirer une certaine retenue à certains propos réactionnaires  qui au delà de leur indignité à l'égard des populations des DOM-TOM, ne font qu’exprimer les intérêts des suceurs de sang BEKES!

Car il est clair qu’on n’a pas eu à faire à une action populaire et ouvrière en vrac sous la seule poussée de la misère et du mécontentement.

Une fois de plus a été démontrée la nécessité du schéma incontournable, condition du succès de tout mouvement social et en particulier de tout mouvement économique: l’existence préalable d’une force dirigeante organisée suffisamment ancrée dans les rangs de la base.

Il ne fait aucun doute en effet que le L.K.P (initiales du créole "Lutte Kont Profitation") a été le ciment d’une lutte organisée et préparée de longue date, et qui plus est échappant à toutes les formes de sabotage, lesquelles n’ont sans aucun doute pas manqué, de toutes origines.

Pour être clair, cet admirable mouvement, par son organisation, sa détermination, son inflexibilité, son unité, et surtout son solide enracinement dans la population exploitée (tout est là!)  a fait visiblement échec, à toute récupération, désamorçage et autres manigances du bloc répressif patronat, pouvoir  et marais syndical. Chance que n’eut pas, comme on peu s’en souvenir, le grand mouvement du secteur public de 1995!

Mais cette chance précisément, ne peut être venue toute seule. A coup sûr, la population s’est donnée à l' avance une direction en laquelle elle avait confiance, comme une partie d’elle-même, propre à éviter ou déjouer les pièges d’une bureaucratie parvenue fricotant peu ou prou avec les institutions!

Voilà l’enseignement majeur de ce mouvement qui peut et doit faire école en tant que réhabilitation du modèle traditionnel de lutte de classe que les prolétariats  des pays avancés en général et français en particulier semblent avoir laissé en panne: l’outil d'abord, la lutte ensuite.

Quelle distance entre ce glorieux modèle et la puanteur qui émane du terme à la mode "partenaires sociaux".

Ce qui signifie en référence à la présente période que lorsque l’outil est devenu impropre à la lutte, on ne peut se dérober à la tâche prioritaire de le refaire!

Nous le disons haut et fort: vive les travailleurs, le peuple guadeloupéen et autres, exploités, "esclavisés", humiliés dans la dépendance et l’indignité de l’impérialisme français et de ses laquais, de  ses acolytes de tous poils et de toutes origines sur place.

On peut se demander pourquoi les populations du G8 dont nous faisons partie se sont contentées de regarder avec condescendance la pugnacité victorieuse du petit papillon lors même que ce sont elles qui auraient dû depuis longtemps être à ce genre d’initiative.

Mais en même temps, on ne saurait s’en étonner à l’écoute du discours révoltant d'un cireur de botte capitulard comme Bernard THIBAULT qui a osé établir dans la situation des exploités de la "Métropole" une espèce de mieux-être  par rapport à celle des DOM-TOM! En quelque sorte un véritable satisfécit colonial!

Nul doute que si ses "maîtres" expriment leur reconnaissance à la hauteur du service rendu, cet homme n’aura pas de problème de ressources pour sa retraite!

N’y-a-t-il pas là une autre admirable preuve que misère, galère et mécontentement des masses ne sont en fait que les conditions et la force potentielle du mouvement social lors même que l’action particulière de ses détachements organisés les plus conscients en est l'étincelle, l'âme indispensable. Et qu’en dehors de ce schéma, il n’y a qu’immobilisme et déchéance, ou aventures et déconvenues!

Quelles que soient les suites de ce combat, et l’on peut imaginer que le patronat local ultraréactionnaire fera tout pour contrecarrer la portée de ce mouvement, il reste en tout état de cause que "le petit papillon"  aura bel et bien montré l’exemple au grand hexagone! C’est le monde à l' envers!

Et ceux qui ne seront pas capable d’analyser cette  lutte pour comprendre enfin le ridicule, le dérisoire et surtout la fourberie du syndicalisme à la petite semaine, mode Thibault, Chérèque et Consorts et en tirer les conséquences qui s’imposent seront définitivement perdus pour les tâches à venir.

 

LA QUESTION CRUCIALE DU NIVEAU DE CONSCIENCE DE CLASSE DANS LES MASSES.

 

Toutes les phases historiques importantes de la lutte économique de classe ont connu la réactivation de sa forme massive, celle qui reconstitue sous une unique direction la formidable armée des travailleurs, consciente, unie et déterminée et en conséquence au maximum de sa puissance.

Cette forme épisodique est nécessairement liée à une perception radicalisée et uniformisée des revendications,  donc dépouillées de tous les accessoires corporatifs qui caractérisent les différentes branches d’activité.

Il est particulièrement intéressant, dans la période présente, de comprendre comment et surtout pourquoi la lutte économique atteint périodiquement ce genre de "point d’éclair".

Pour cela, que lecteur veuille bien nous suivre...

La volonté d’émancipation, latente mais diffuse et désordonnée dans la masse des  travailleurs est le produit naturel de tout système d' exploitation.

Elle génère tout aussi naturellement une double prise de conscience:

1) sur l’état de la condition ouvrière par rapport au calendrier de l’histoire.

2) sur l’identité ouvrière  de la classe salariée toute entière, ferment indispensable à l’unité et à la  solidarité.

Mais cette double prise de conscience ne se développe et ne vient à maturité que dans les esprits où elle est sans cesse et de manière volontaire nourrie et instruite, jusqu' à devenir un attribut intellectuel inséparable de la personne. Au total, elle n’habite que des détachements réduits de la classe salariée, des masses exploitées, détachements auxquels, de facto,  échoient non seulement la capacité mais aussi le devoir de constituer et de PROCLAMER (c’est à dire de proposer aux masses), les structures organisées, permanentes que l’on désigne communément par le terme" directions ouvrières" mais qui ne le deviennent véritablement qu' à l'épreuve du temps  de l'assentiment collectif et des luttes.

A l’appui de cette exposition des choses, l’histoire montre que:

1) les masses en général et à l' exception des dits détachements, n’ont qu’une perception rudimentaire de leur condition, de leur appartenance de classe, qui reste toujours dans la proche orbite de l’instinct de conservation sociale, et oscille entre l’individualisme et l’attirance confuse d’une solidarité simplement ponctuelle, schéma exprimé on ne peut mieux par les fameuses coordinations qui ne sont autres que les plus dangereux instruments  de démolition de la conscience de classe.

En tout état de cause, à l’état naturel, elle ne dépasse jamais le cercle de la corporation et se réduit même le plus souvent à celui de l’entreprise.

2) que l’instinct dont nous parlons ne peut être transcendé vers l’action de masse au niveau nécessaire que si  une influence régulière agît sur l’intellect de la classe exploitée, y élit domicile et autorité morale, si l’on peut dire, par la confiance et l’estime, pour déclencher, cette fois, une perception instruite et active  là où il n’y avait encore qu’instinct.

C’est alors, et seulement alors, que la classe dans son ensemble peut entrer en mouvement sur la base de connaissances et de convictions nouvellement acquises, grâce à l’effort constant et persévérant des détachements indiqués.

C’est cette configuration sociale qui représente la concordance exacte entre les principes énoncés par les mots et l’ampleur du phénomène qui passe dans les faits: la lutte de classe et de masse.

3) qu’en dehors de cela, pour être un peu imagé, " la pâte ne monte pas" ... l'individualisme triomphe irrésistiblement. La lutte de masse organisée et solidaire le cède  dans le meilleurs des cas à des  convulsions sociales éparpillées  que les exploiteurs ne craignent pas.

Car il ne faut pas se leurrer, l’individualisme n’est pas automatiquement soluble dans la misère laquelle ne suffit pas à elle seule à pousser les masses à la phase décrite, comme trop de gens le croient versant ainsi dans une certaine forme de stoïcisme.

Mais écoutons VARLIN à titre posthume sur cette question de la conscience de classe qu’il lie de toute évidence à un comportement nouveau, plus collectif, des individus. Voici un extrait de ce qu'il écrit dans un article du journal "la Marseillaise du 11 Mars 1870:

"Une des plus grandes difficultés que rencontrent les fondateurs de sociétés ouvrières de tous genres tentées depuis quelques années, c' est l' esprit d' individualisme développé à l' excès chez la plupart des hommes et même chez ceux  qui comprennent que, par l' association seulement, les travailleurs peuvent améliorer les conditions de leur existence et espérer leur affranchissement. Eh bien les sociétés ouvrières ont déjà cet immense avantage d’habituer les hommes à la vie en société et de les préparer ainsi pour une organisation sociale plus étendue.

Elles les habituent non seulement à s’accorder, mais à s’occuper de leurs affaires, à s'organiser, à discuter, à raisonner de leurs intérêts matériels et moraux; et toujours au point de vue collectif (souligné par nous)"

De toute évidence, on perçoit dans cette assertion de VARLIN le germe de toute une vision de la société future dont l’objet fondamental est de supprimer la prison de l’individualisme.

Du même coup on peut mesurer à la fois la difficulté de cette tâche autant que son impérieuse nécessité, mais surtout, le rôle irremplaçable de l’outil organisationnel pour l’accomplir, à la  fois en tant qu’éducateur et gardien de la solidarité, de l’estime et du respect mutuel, même dans le désaccord.   

Il est donc parfaitement clair pour VARLIN que la fameuse conscience collective (qui ne peut voir le jour qu’aux frais de l’individualisme), celle qui est seule de nature à mobiliser, à mettre la masse des travailleurs en mouvement pour LEURS INTERETS DE CLASSE n’a rien de spontané, ni d’automatique.

Bien au contraire, elle ne peut être que le produit  de l’organisation ouvrière.

On perçoit les ravages qui peuvent sévir dans le monde du travail et donc la vulnérabilité qu’il présente aux prédateurs capitalistes, lorsque  cet  "outil" fait défaut.

 

Pourquoi arrivent-t-on périodiquement à la situation du "vase social" qui déborde, le fameux vase qui peu contenir les coups portés, disons, aux intérêts ouvriers, par la classe capitaliste.

Là aussi sévissent les illusions du fameux stoïcisme. Car la contenance du "vase social" n’a strictement rien d’absolu qui tôt ou tard serait soi-disant dépassé. Elle n’est que relative, fonction de chaque époque et déterminée tout bonnement par ce que la classe salariée veut bien ou ne veut pas accepter.

C'est tout simplement la lutte idéologique permanente entre le  camp des exploiteurs et la conscience collective, cette conscience de classe immédiate du prolétariat tout entier en tant que pur produit de l’éducation, qui détermine la "contenance limite du vase".

Ce n’est que de cette manière que se produit le rejet moral massif du préjudice général imposé par le patronat, la bourgeoisie,  liquidant d’office, par la volonté des masses cette fois,  les formes "artisanales" de la lutte revendicative ponctuelle.

Une telle atmosphère implique forcément le recours à l’arme suprême dont dispose la classe exploitée pour contrecarrer sa déchéance et son avilissement: LA GREVE GENERALE.

Selon les cas, la poussée sociale exprime soit la volonté générale de refuser le recul, de rattraper un retard accumulé, ou dans la meilleur des cas de conquérir de nouvelles positions, en réponse aux prétentions et exactions, effectives ou envisagées, de la classe capitaliste.

 

 Voici donc démystifiée l’image du fameux point d’éclair qui n’est en fait qu’une apparence selon laquelle un mouvement social se déclencherait simplement de lui- même parce-que les conditions en seraient réunies (notamment le mal vivre du peuple jusqu' à la misère) indépendamment de toute activité subjective.

L’exposé ci-dessus montre à quel point une telle supposition est erronée. Mais surtout à quel point elle permet à certains petits malins de rejeter la responsabilité de leur faillite ou de leur capitulation sur les masses  elles-mêmes.

A ce point, il convient de prendre de la hauteur pour mieux cadrer l'état actuel du mouvement ouvrier au niveau de ses attentes propres d’une part, et de l’attitude de ses appareils traditionnels en place, d’autre part.

Nous invitons le lecteur à ne pas  borner  sa réflexion à la France, mais plutôt à concevoir que présentement, nous avons à faire à une crise mondiale qui soumet d’office tous les prolétariats nationaux aux mêmes perspectives.

Voici:

Les périodes dites de crise sont particulièrement propices au mouvement ouvrier à une condition: que s’y produise la rencontre d’un regain de conscience (celle dont nous parlons plus haut) et d’une morsure plus douloureuse de l’exploitation.

C’est uniquement cette circonstance qui libère et décuple les forces de l’ensemble du prolétariat, débouchant inévitablement sur une lutte de masse, soit simplement revendicative c’est à dire restant dans le cadre du système, soit  à caractère révolutionnaire, politique, c’est à dire objectant au système et mettant en jeu l’aspiration à en sortir.

On pourrait penser que ces deux types de lutte peuvent se déduire l’une de l’autre et en particulier que la première engendre automatiquement la seconde.

En vérité, il n’en est rien, ce qui a été amplement démontré, tant par la pratique historique que par la théorie.

La seule chose dont on puisse parler sérieusement est  leur lien généalogique, en quelque sorte, qui leur confère l’interactivité, la complémentarité, mais nullement la commutativité. Elles marquent des voies différentes du point de vue des rapports objectifs  et intellectuels qui échantillonnent la société.

Et si en tout état de cause elles peuvent et doivent se stimuler mutuellement, et si même on se doit de dire que l' absence de lutte politique indépendante constitue pour les masses exploitées un handicap de taille, il reste que la lutte économique de classe, donc l'existence  d'un appareil spécifique, demeure en toute circonstance historique (ceci jusqu' à la disparition absolue de toute trace d' exploitation), l' impérieuse nécessité de la classe ouvrière.

C’est dire à quel niveau d’importance se situe ce débat à l’heure actuelle.

 

TEMPS DE CRISE, TEMPS DE MAQUIS SOCIAL POUR LA CLASSE SALARIEE.

 

Nous venons de voir dans l' exposé sur la conscience des masses comment ce qui n' est qu' une simple fermentation sociale quasi-permanente certes, mais simplement spontanée, devient par le travail militant de ce qu'on nomme les directions ouvrières, une véritable éruption dans laquelle la masse atteint la forme et le comportement d'un être collectif, animé pour ainsi dire d'une volonté combattive.

Le propre des temps de crise est de présenter les conditions objectives optimales pour concentrer et mettre en cohérence le mécontentement général épars et de conduire par ce moyen la classe salariée vers l’affirmation concrète de son indépendance.

Ce qui signifie: foin de l'alignement sur les impératifs du système, foin des compromis institutionnels etc....

Mais parallèlement, ces conditions plus stimulantes offertes sur les deux plans (politique et économique) au mouvement  dans les périodes de crises  sont assorties comme on peut s'en douter de devoirs supplémentaires pour les directions ouvrières.

Sans préjudice donc pour la question de la lutte révolutionnaire, éminemment politique, et sans revenir un seul instant  sur le fait évident que cette question essentielle est bel et bien posée par la situation actuelle du monde dans les pays les plus avancés, parlons ici de ce qui intéresse avec urgence les partisans de la reconstruction du syndicalisme de classe: la lutte économique.

L’élément qui s’impose d’office à toute analyse de la situation actuelle est le niveau déplorable de conscience de classe immédiate dans les masses telle que nous l’avons définie plus haut et qui témoigne de la faillite  totale des organisations existantes dans le domaine de l’éducation, du moins telle que la conçoit l’héritage culturel de la classe ouvrière.

A proprement parler, il serait plus juste de dire que tous  les appareils syndicaux traditionnels (qui comprennent désormais le cocktail anarcho-travailliste de S.U.D, échappés de la C.F.D.T à la fin des années 80), se sont transformés en système global  d' "éducation contraire" qui a pour trame l’intoxication réformiste. Tant par les discours que par les actes.

Autrement dit, derrière ses apparences de diversité de sensibilités ou de méthodes, l’ensemble du système syndical français est d’une unique étoffe idéologique: le renoncement à l’indépendance revendicative au bénéfice  de la classe dominante.    Dés lors donc que les directions ouvrières en vue s' attachent a entraîner les masses dans une espèce de corruption passive faisant allégeance au capitalisme en crise, là où celle-ci précisément, ne pourrait que favoriser la montée en puissance de la conscience dans les masses et une meilleure saisie des intérêts de classe, il devient grave de ne pas voir la seule réponse possible désormais, à cette pyramide de malfaisance qu' est devenue de la base au sommet le syndicalisme traditionnel.

 

Nous ne nous étendrons pas ici sur l’énoncé de cette réponse qui est notre raison d’être fondamentale et dont le lecteur peut prendre connaissance en détail dans toute notre littérature, notamment  sur ce site D.P.I.O.

L’opinion générale du monde salarié exprime indéniablement  de ce point de vue un profond rejet, voir un certain dégoût.

Certes, ce rejet n’est pas toujours lui-même d’origine très pure et très honnête.

Il est ici et là entaché d’un individualisme sournois, autrement dit d’un refus viscéral dissimulé de toute organisation ouvrière.

Mais au-delà de cette précaution de discernement, qui sépare l' aversion pour le syndicalisme en général et de tous temps du juste mépris pour la sale besogne accomplie par CE syndicalisme corrompu d' aujourd'hui, il devient chaque jour plus évident  que la nécessité d'un grand mouvement social à l' encontre de l' audace actuelle des capitalistes, en vue d'un regain général de la condition ouvrière et populaire,  fait peu à peu sa place  dans  les esprits.

Autrement-dit, les conditions de légitimité et d'urgence pour que la conscience prolétarienne   "prenne le maquis" progressent.

Mais pour l' heure, face aux terribles coups du capital,  on reste pieds et poings liés, prisonnier de cette incroyable configuration où ceux qui devraient promouvoir et diriger le mouvement travaillent assidument à le contrecarrer, dans l’entente avec le camp d’en face!

Comment est-ce possible par le seul pouvoir de "ceux" que nous désignons?

Mais précisément, ils ne sont pas seuls.

Leur déchéance  entraîne l'échantillon le plus faible de la masse des salariés comme une dynastie royale en disgrâce aurait toujours avec elle une partie de la Cour".

Nous avons toujours dit que le marasme syndical avait deux pôles dont un est prépondérant: le manquement  des directions ouvrières.

L’autre pôle est inévitablement le complément du premier. C’est d' abord l’avilissement puis le dépérissement total de l’intellect ouvrier, de l’intellect prolétarien en général, au sein des masses.

C’est dans cette mauvaise soupe que se détermine peu à peu l’échantillon de ceux qui pensent pouvoir toujours y retrouver leur compte.

C’est la situation dans laquelle on se trouve à l’heure actuelle.

Nous avons dit aussi que ce phénomène de dégradation se manifeste comme une espèce de résonnance sociale qui fait que, jusqu' à un certain point, si l’on n' approfondit pas les choses, on ne sait plus trop, entre les directions  et la masse des salariés, qui a déclenché le phénomène, en quelque sorte, qui a corrompu l'autre.

On prendrait ainsi pour argent comptant  que la corruption idéologique est là par simple fatalité, par simple hasard de l’histoire, comme une espèce de peste qui frapperait de malédiction le monde des exploités.

Notre organisation ne donne pas dans cette considération simpliste, tout comme elle répudie le schéma non moins simpliste du seul besoin de changer les appareils corrompus  pour que tout reparte en bon ordre!

De ce point de vue, nous renvoyons à nouveau le lecteur vers notre littérature statutaire.

En fait la corruption (collaboration de classe) est venue d’en haut, des directions syndicales c’est un fait indubitable, mais peu à peu elle a gangréné une certaine partie des masses, consciemment ou non, par le discours et la pratique régulière d'une espèce de rituel syndical insignifiant car dépourvu de tout contenu de classe.

Impuissant donc aujourd'hui, cela va de soi, à faire reculer la prédation capitaliste imbue de son audace et dont le comportement actuel n’est rien d’autre que celui d’un fauve affamé dans un troupeau d’herbivores!

Le syndicalisme failli est donc à voir désormais comme un monde à part,  communautaire pour ainsi dire, mais pas seulement au niveau des appareils traditionnels, au niveau également de la fraction des masses qui persistent à se manifester sous leurs enseignes et se suffit de  son  expression revendicative comme d'une espèce de second parlementarisme.

On ne peut faire moins que de qualifier ce phénomène de corruption passive, dont le pendant, à l’autre bout est le fait de penser  qu’on puisse tirer son épingle du jeu en cassant tout dans son coin.

Encore ici un autre genre de polarisation: la piétaille du réformisme d'un côté, les excités de l’anarcho-syndicalisme de l’autre!

Lourde responsabilité de directions ouvrières dans cette funeste pagaille, mais de cela, nous en reparlerons plus loin.

Toujours est-il que le syndicalisme « faillitaire » possède de la sorte sa "claque", laquelle n’a en tout et pour tout d’utilité que celle d’entretenir son existence parasite.

Nous sommes ainsi en présence d’un système complètement factice qui constitue une véritable  armure pour la classe dominante.

C’est donc cet ensemble qu’il convient de liquider, sachant qu’il est à coup sûr minoritaire et de loin par rapport à la masse de mécontentement et de colère des exploités.

Mais revenons aux conditions créées par la crise actuelle et à ce que peut signifier dans les conditions décrites l’expression que nous utilisons: "prendre le maquis social"

Le bon sens indique sans l’ombre d’un doute ce que devrait être le niveau de riposte à l’audace et aux prétentions capitalistes qui marquent cette crise de son sceau particulier, inédit pourrait-on dire.

Il est évidemment tentant d’entretenir comme certains le font, l’illusion que c’est dans les luttes elles-mêmes (mais quelles luttes et sur quels mots d’ordre et à l’incitation de qui) que se trouve la clé de l’assainissement, de la relance du syndicalisme de classe.

Rien n’est plus faux,  nous y viendrons plus loin.

Car ce genre de fiction bon marché ne fait que mettre la charrue avant les bœufs.

S’il s’agît simplement de casser le monopole des jacqueries actuellement en cours, et jalousement tenu par la trahison, on ne voit pas l’utilité d’un tel schéma, ne faisant que morceler un peu plus les luttes et démanteler un peu plus la conscience collective.

Mais s’il s’agît du niveau de riposte dont nous parlons, c’est à dire la grève générale alors on tombe sous le coup de l’art militaire pur et simple. On ne peut s’y dérober. Or, n' importe quel esprit lucide comprend que la victoire d’une armée ne dépend pas que de ses forces potentielles mais aussi, et souvent principalement, de la façon de les mobiliser et de les utiliser.

Ici se rencontrent tous les éléments du combat: Enjeu, stratégie, tactique, état-major.

Posons- nous donc  les bonnes questions:

1) A partir de la pétaudière corporatiste et individualiste actuelle, quelle base revendicative commune,  peut émerger d’un coup et faire l’unanimité, base de mobilisation générale en dehors de laquelle ce n’est même pas la peine d’envisager le moindre mouvement face à la logistique et aux moyens actuels de l’adversaire de classe.

2) A part nos "faillitaires" devenus valets du système, de quel état-major, c’est à dire de quelle organisation connue, reconnue, honnête, dispose aujourd'hui  le prolétariat pour conduire la préparation et le déclanchement d’un tel affrontement et en assumer le succès jusqu' au bout, puis la suite pour éviter toute réplique et tenir comme il se doit l’adversaire en respect.

Si la théorie selon laquelle  les  luttes doivent à présent  venir au secours du vide organisationnel répond à ces deux questions sans se couvrir de ridicule, alors nous sommes prêts à faire amende honorable! (le lecteur verra à ce sujet l’analyse faite au chapitre "Reconstruction et grève générale")

Mais il faudrait pour cela (ce que nous verrons à l’aboutissement  de cet exposé) que l’histoire du mouvement ouvrier ORGANISE n’ait pas déjà démontré le contraire.

Dans la situation présente, la métaphore du "maquis social" ne vise donc pas l’entrée en lutte elle même mais son préalable incontournable, la constitution de l’outil inexistant. Pour ainsi dire l’appareil de guerre économique du prolétariat débandé par la bourgeoisie.

Elle s’adresse par ailleurs, à priori, aux éléments sains du militantisme ouvrier, avérés ou potentiels, disséminés par rapport au marasme actuel, mais s’ interdisant de renoncer à leur droit d’aînesse pour un quelconque plat de lentilles et demeurant ainsi dignes de l’héritage.

C’est d' abord à cet échantillon que revient la tâche organisationnelle assimilable à un véritable maquis c’est à dire qui se fait en marge de l’espace conventionnel,  et dont le travail initial, SOUS SON ENSEIGNE PROPRE, n’est autre que la désintoxication et la rééducation des masses exploitées mettant de fait au rebut les appareils malfaisants (de bas en haut).

 

Notes :

1) Exposé de base sur les catégories économiques marxistes.(cf page 5)

La formation sociale capitaliste est fondée sur la production et l’ échange de valeurs marchandes dont la  source essentielle est le travail créateur accompli par la classe ouvrière, c’ est à dire l’ ensemble des travailleurs utilisés au temps et au lieu des divers  procès de production.

Soulignons que les valeurs marchandes ne se réduisent plus de nos jours aux seuls objets matériels. Avec le développement de la société, l' évolution des besoins a fait apparaître ce que l' on nomme des "services", lesquels, tout en ne donnant lieu à l' apparition d' aucun objet, n' en cristallisent pas moins leur valeur dans l' effet consommable immédiat qu' ils produisent.

Quant à la mesure de cette valeur, ce qui lui confère l’échangeabilité, elle n’est rien d’autre que le temps social moyen que dure le procès indiqué.

Naturellement, cette définition au sens strict ne méconnaît aucune étape du dit procès qui de nos jours, par rapport à sa forme basique d’ origine, est devenu très complexe, et inclue de fait des catégories de travailleurs qui ne sont plus exclusivement manuels.

Mais il demeure que le seul agent de la valeur sur laquelle est assise le système, reste après comme avant l’ acteur immédiat du procès de production, quelle que soit la nature et la forme du produit.

La qualité de « valeur » ou valeur d’échange s’applique à tout produit marchand, qu’il soit lui-même un moyen de consommation ou un moyen de production, c’est à dire un bien matériel entrant à son tour dans un quelconque procès de production.

Il résulte de cela que la valeur d’un produit jeté dans la circulation du marché est l’addition de deux segments radicalement différents :

1) la partie qui transmet généralement sa  valeur, et strictement sa valeur, à la hauteur de la quantité consommée, soit physiquement, soit virtuellement par fractions. (Ce que l’on nomme   « amortissements »), cette partie se désignant par le terme de valeur simplement transmise, soit « capital constant »

2) la partie créée de toute pièce dans le procès de production lui-même par la seule action  de la force de travail sociale qui y est affectée. Cette partie de la valeur du produit se désigne par le terme global de « valeur créée » c’est à dire entièrement nouvelle.

Ce deuxième segment donne lieu à une répartition sociale qui n’a absolument rien de naturel ni d’immuable,  fondée  sur le postulat historique de la propriété, et qui détermine une part destinée à la stricte  reproduction de la classe travailleuse et une autre que s’approprie la classe capitaliste, (tenants du capital social constitué de l’ensemble des moyens matériels de l’économie). 

De cette subdivision naît la terminologie de plus- value, puisqu’ aussi bien, elle implique de fait  un fonds dit « capital variable » (on comprends pourquoi) destiné à la classe laborieuse préalablement à la mise en circulation du produit, et qui fixe en soi à l’avance l’équivalent de la partie de valeur créée par elle  et destinée à acheter sa subsistance.

Il s’en suit que la partie restante de la valeur créée constitue pour la classe capitaliste  un excédent sur le capital total avancé, justifiant  sans conteste le terme de « plus-value »

On est bel et bien là en présence du schéma de l’extorsion, laquelle se traduit  in fine par l’apparition d’un excédent sous forme argent connu sous le nom de profit.

 

Prochainement sur ce blog D.P.I.O :          

 

2) Exposé sur le caractère normal et implicite de la spéculation financière sous le capitalisme (cf page 5)

3) Exposé également  sur la contradiction apparente entre la baisse tendancielle du taux de profit et ce que nous appelons l’hypertrophie générale du profit.(cf page 6) 

 

 

Suite à paraître prochainement : Etude sur le réformisme.

 

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 15:13

 

Notre organisation D.P.I.O a jugé utile de présenter ici cette préface à des extraits substantiels de l'œuvre de MARX indiquée dans le titre. Le livret complet est disponible et pourra être envoyé sur simple demande par courriel à: reconstruction.dpio@free.fr

 

On nous pardonnera sans doute la médiocre qualité technique de cette brochure car nous sommes astreints comme tous les militants ouvriers honnêtes de cette époque trouble à faire selon nos moyens.En tout état de cause cela ne doit pas affecter son intérêt didactique.

Nous sommes de ceux qui pensent que l'œuvre marxiste dans son ensemble est indissociable du mouvement ouvrier, que ce soit sous son angle politique ou économique. Et pourtant elle souffre paradoxalement d' autant de  méconnaissance que de déformation. Le choix du texte présenté se justifie par les notions fondamentales qu'il expose et tout naturellement les questions qu'il peut soulever dans l'esprit du lecteur non initié à cette littérature.

 

Mais comment lire les écrits du marxisme de nos jours?

Répondre avec pertinence à cette question, c'est essentiellement se libérer des formules lapidaires en provenance directe des cercles de propagande de la bourgeoisie, grande ou petite. Dans le genre: MARX, c'est dépassé, les choses ont changé, etc… Car ces formules simplistes et perfides ne font qu'inviter la classe exploitée à la paralysie intellectuelle en spéculant sur une apparence surannée de la littérature marxiste. Elles sont à la fois révérentes, obséquieuses et pédantes.  Et c'est là le danger: éviter la réfutation dans laquelle ont se casserait à coup sûr les dents, exprimer comme une espèce de reconnaissance hypocrite pour le passé, pour mieux se débarrasser d'une mise en cause du présent.  En effet, si l'on s'en tient à la lettre, on risque fort de tomber dans le piège. On s'interrogera ça et là sur le rapport du capitalisme actuel avec les grandes crises cotonnières, sucrières ou charbonnières d'autrefois, les déroutes des compagnies de chemins de fer, les scandales industriels et autres banqueroutes en cascades...

Et de proche en proche, on pensera qu'on est loin du tumulte, des tempêtes qui marquèrent le premier essor.

On s'étonnera si l'on ne se surprend à en sourire, des références à la journée de 10 ou 12 heures, du travail de forçats imposé y compris aux femmes et aux enfants.  On estimera impensable que la condition ouvrière, la condition générale des salariés, puisse désormais être soumise à la brutalité capitaliste connue à l' origine, qu'il s'agisse du temps ou des conditions de travail et d' existence, du salaire.

 

Mais réfléchissons un peu sur l'évolution en cours depuis une bonne trentaine d'années:

Pour autant qu'elles soient masquées et éclusées par les deniers publics, les carambouilles d'Eurotunnel, Eurodisney et autre Crédit Lyonnais ne sont-elles pas des indicateurs de la constance du système?  En quoi les faillites récentes d'  "Hypo-Real", banque allemande impliquée  dans des investissements européens pharaoniques (genre viaduc de Millau), et Lehman Brothers effondrée dans la purulence économique américaine, etc. diffèrent-elles des krachs industriels, financiers et commerciaux du 19ème siècle? L'écrasement continuel du taux  de salaire, (direct et indirect) sous le feu de l'audace patronale dopée par la boulimie du profit ; la permanence quasi "normalisée" du chômage massif, de l'exclusion; des contingents de travailleurs pauvres voués à dormir à la belle étoile, ne serait-ce pas suffisant pour l'éveil des esprits lucides?  Comment ne pas voir plutôt dans ce pourrissement social une connexion de principe évidente, avec les légions d' ouvriers détruits à la tâche pour des "queues de cerises", les  femmes et les enfants tuant leur sommeil et leur vie dans les mines et les sous-pente  des filatures  ou dans les blanchisseries industrielles, sous le capitalisme d'antan?  Tout cela ne serait-il qu'accidents de parcours dans un système qui aurait bon an mal an trouvé ses marques?  Voilà qui est tout de même un peu mince pour reléguer le marxisme au musée inoffensif des philosophies anciennes. Quant à la crise tous azimuts dans laquelle le monde est en train de plonger, on ne saurait dire non plus qu'elle apporte de l'eau au moulin des sycophantes du capital.

C'est en partant de ce recul, de ce discernement nécessaire entre l'enveloppe temporelle et la nature profonde de cette société que l'esprit avisé lira les œuvres du marxisme, tout comme l'on peut apprécier les  grands écrivains pour des valeurs esthétiques et un réalisme  humain, libérés des contingences de leur période. Lire les œuvres du marxisme de nos jours, c' est en percevoir l' essence  éminemment scientifique qui lui confère un caractère universel d' outil d'analyse et de réflexion sur le développement historique de l'humanité. C'est ne pas se laisser abuser ou égarer par l'évolution des apparences et des formes sans cesse renouvelées de l'exploitation, toujours aussi impitoyable, même sous les fards des bouleversements scientifiques et technologiques.

Marx et Engels, principalement, nous parlent des produits de leur époque, des  industries, des monnaies et unités de mesure de leur époque, des rapports nationaux et internationaux de leur époque(comment auraient-ils pu faire autrement?) comme matières premières d' un grand laboratoire d' économie politique en vraie grandeur. Si la partie la plus visitée de ce "laboratoire" est l'Angleterre, ce n'est pas par hasard, c'est seulement que ce pays dont le capitalisme à  l'étape considérée pas loin d'un siècle d'avance, est alors le plus représentatif du sort qui attend le reste du monde. Au delà des mètres de toiles, des habits, des quarters de blé et autres références monétaires  à la livre, au shilling, à l'or et à l'argent, l'esprit avisé et pertinent à tôt fait de transposer, sans tenir rigueur le moins du monde à Marx de "n'avoir pas connu l'atome, le laser ni l'Euro".

C'est donc à partir d'un travail monumental d'observation, d'étude et d'investigation que l'analyse marxiste  conduit aux termes généraux et intangibles des rapports de classe qui sont au fond des rapports matériels étroitement liés à une forme historique de la propriété.

Ainsi l'œuvre marxiste n'exprime-t-elle pas une opinion ou une quelconque volonté intellectuelle. Elle démonte et explique un mécanisme en allant à la fois bien en deçà et bien au delà des économistes de son temps. Au-delà de toutes les sophistications qu'elle a connues depuis son stade embryonnaire, la société capitaliste reste de ce point de vue inchangé. Les catégories économiques telles que valeur, salaire, prix, plus-value, profit, relatives au travail productif et élucidées dans la présente brochure sont, que l'on  sache, toujours à l'ordre du jour. Elles ne sont au total que l'expression concrète des fameux rapports de classe et de propriété. Et leur analyse n'est autre que le raisonnement "générique" applicable non seulement à l'ouvrier, mais au salarié en général.  A ce sujet, les prétendants permanents aux funérailles du marxisme ne manquent jamais de décréter comme périmé le terme "Classe Ouvrière".

Il est clair que l'évolution fulgurante de la division  de l'organisation et de la parcellisation du travail, des méthodes et procédés de production, la foison continuelle de nouveaux produits et services entraînant une ébullition permanente dans la naissance et la mort des métiers et professions, ont singulièrement bouleversé la donne et la composition du monde salarié. Il est donc évident que la création de valeur est devenue le fait d'autres catégories, salariées ou pas, que celles appartenant traditionnellement à la classe ouvrière d'origine.

Il est également visible que la dissémination à pris le pas sur les grandes concentrations industrielles mais tout ceci ne conduit nullement à la révision des thèses marxistes, ne faisant au contraire qu' appeler à leur enrichissement.

Car il n'en reste pas moins que pour sa quasi totalité, le travail productif, seul créateur de valeur, demeure après comme avant, bel et bien  assumé par la classe ouvrière moderne, dans la continuité de ses racines et de ses rapports historiques avec la classe exploiteuse. Comme l'a toujours souligné Marx lui-même, le capitalisme se présente dans l'histoire comme un formidable moteur de développement matériel et humain,  et  pour résumer le philosophe, finit à terme comme une machine à broyer....

Le lecteur aura à cœur de percevoir comment la connaissance, éclairant la conscience et la lutte des masses opprimées et en premier lieu celle du prolétariat moderne, peut et doit aider à vaincre et détruire cette machine, nonobstant les défaites passées.

 

 

 

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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 11:46
RECONSTRUCTION DU SYNDICALISME DE CLASSE:
         EVITER DESORMAIS LES COUPS D’EPEE DANS L’EAU
 
 
                Depuis le concordat pourri de Mai 1981, un long processus de décomposition des organisations ouvrières de classe s’est enclenché.
Certes, les virus du réformisme et du corporatisme étaient déjà introduits depuis pas mal de temps aussi bien dans les appareils dirigeants que dans leurs porteurs d’eau pervertis.
Mais le mal était encore contrôlable, le ressaisissement possible.
Le caractère grave du fameux "pacte" est son oeuvre de scellement définitif de la déchéance.
La liquidation programmée des principes de classe, constituants essentiels, traditionnels doit-on dire, du mouvement ouvrier, notamment en France, a accéléré le pourrissement.
C’est ainsi que, rapidement, tout redressement de l’intérieur s’est trouvé de fait voué à l'impuissance. 
Peu de gens ont perçu qu’un point de non-retour serait tôt ou tard atteint, mettant dans l’obligation les éléments sains de la lutte économique et politique, (c’est à dire les éléments réellement acquis au marxisme-léninisme (à ne pas confondre avec ceux s’en réclamant par opportunisme), de faire scission.
Mais la possibilité d’une scission n’ayant pas été saisie, elle s'est éloignée à son tour, définitivement. Pourquoi ?
Tout simplement parce qu’avec le temps, l’indécision, l’hésitation, les spéculations et chimères fractionnistes deviennent ni plus ni moins que des complicités.
On devient à coup sûr complice d’une situation que l’on tolère, puisqu' on ne la combat pas avec l’énergie et la clarté qui s’imposent. On louvoie, on atermoie, on « grenouille » d’un clan à l’autre dans une médiocrité sans nom et sans jamais avoir le courage d’assumer ouvertement la rupture. On reste immergé dans la fange de la trahison, et l’on finit par s'en contaminer et en rependre la puanteur qu’on le veuille ou non.
Il devient par suite impossible pour quiconque a pris goût à cette soupe douteuse de s’en défendre d’un coup, comme si le marasme datait d' hier, d’utiliser en quelque sorte le mot"scission" comme un passeport d’innocence.
Telle est la base actuelle de la situation politique et économique du mouvement ouvrier:
-la faillite consommée, irréversible, irréparable en soi, des organisations ouvrières en principe dépositaires des principes et de la conscience de classe, face aux besoins toujours plus impératifs de la lutte,
-la scission devenue impossible, faute d’avoir été initiée à temps par les forces saines subsistant jusqu' à un certain point dans la sphère des organisations connues.
S’agissant du moins de la reprise effective du flambeau de la lutte de classe.
 
C’est bel et bien cette situation qui permet que se reproduise à l' envi l’échec d’importantes impulsions sociales invariablement stoppées au pied du mur de la grève générale.
De ce point de vue, le grand mouvement anti-C.P.E ne diffère pas des précédents, notamment 1995 et 2003, dans sa caractéristique essentielle: sa fin avortée permettant une sortie honorable au gouvernement qui n’est autre que la reconversion de la galère envisagée pour les jeunes salariés en avantages financiers au patronat!
C’est cela que le réformiste pur jus Bernard THIBAULT, et sa clique, habituelle ou de circonstance, ont eu le front de qualifier de "grande victoire de l’unité".
Cette conception cynique de la victoire est sans doute inspirée d' un état des lieux (social) ou les impayés de salaire indirect ( cotisations sociales) résultant des cadeaux de l' Etat au patronat atteignent à ce jour le niveau faramineux ( avoué) de 5 milliards d' euros!
(Et il s’en trouvera encore, dans la bêtise publique, pour penser dur comme fer que le déficit des caisses est la faute des "étrangers")
En outre, il convient d’observer que ce mouvement a montré une masse salariée contenue avec une facilité déconcertante (par ses syndicats) à la remorque voire en retrait du front "étudiant lycéen" sur une question les concernant pourtant au premier chef!
C’est dans ce cadre que nous nous proposons:
 -de rappeler que la crise actuelle n’est pas la première dans l’histoire,
-d'indiquer précisément par référence à l’expérience historique la seule voie honnête et fiable pour en sortir désormais. (Voie à laquelle doivent s’employer hardiment et sans craintes toutes les forces conscientes et volontaires du prolétariat moderne)
-de dénoncer toutes les formes d’activisme sournois qui sous couvert d’apporter des réponses
conciliantes à cette crise du mouvement ouvrier, ne font que la pérenniser en égarant les esprits honnêtes. Ne visant rien d’autre au total que la place du calife dans le système déchu!
 
Mais reprenons pour le moment le fil de notre exposé.
 
LA CRISE ACTUELLE N'EST PAS UN PRECEDENT HISTORIQUE
 
Certes, le moral combatif du prolétariat contemporain est mis à rude épreuve. Il est d’autant plus utile de faire savoir que comme toute situation historique, le mouvement social engendré par le capitalisme à connu périodiquement des alternances fastes et néfastes.
Comment, au fond, imaginer les choses autrement tant que l’humanité vivra sous le régime des classes, c’est à dire tant que les enthousiasmes, les peurs, les vertiges, les faiblesses, les méprises, et les corruptions auront la possibilité de s’entrelacer pour brouiller les pistes du progrès et de l’émancipation.
Est-ce une raison pour renoncer? En aucune manière, puisqu' aussi bien tout esprit attentif peut juger que le train de l' histoire avance, selon un itinéraire pénible certes, mais bien dans le sens convenu et qu' il ne faut jamais redouter les arrêts intermédiaires, et encore moins les confondre avec le terminus.
A ce propos, quel prolétaire tant soit peu averti n' a au moins une vague connaissance des espoirs, déboires et rebondissements attachés pour l' Europe au dates de 1848, 1871, 1905, 1912, 1917, 1936, 1968 etc...
Comment croire que la flamme de l’émancipation puisse s' éteindre sur une simple date?
Précisément, parmi ces dates caractérisant la marche générale du mouvement ouvrier, il en est deux, consécutives (1912 et 1917), qui ne sont que trop méconnues pour leur charge symbolique et leur portée didactique a propos de l’opportunisme qui infecte la période présente.
Expliquons-nous:
En 1912 eu lieu le congrès socialiste (la signification de ce terme est à replacer dans son époque, cela va de soi) de Bâle où furent prises des résolutions historiques majeures pour la classe exploitée.
A peine cet élan était-il pris que d’aucuns s’engageaient dans la voie méprisable de son reniement cautionnant ainsi la boucherie impérialiste de 1914-1918.
Le gant fût pourtant relevé en octobre 1917... et l’humanité, à commencer par la classe ouvrière mondiale doit à la phase qui s’en suivit un progrès sans égal, n' en déplaise aux esprits chagrins, aveugles ou malveillants.
Au moment où se présente la nécessité de reprendre le flambeau, n’est-il pas important d’avoir ces enseignements présents à l’esprit, dans la mesure, justement où la tâche à accomplir consiste essentiellement à surmonter la trahison, laquelle constitue aujourd’hui l’arme principale du capitalisme pourrissant.
Surmonter et vaincre la trahison "installée et soutenue dans son propre camp par l’adversaire de classe. Telle se présente la tâche dévolue actuellement aux détachements les plus conscients et les plus volontaires du prolétariat moderne, après le manquement aux deux niveaux de riposte successifs qui eurent permis de sauvegarder l’essentiel : l’héritage idéologique d' une part, l’outil (c’est à dire l’organisation) d' autre part.
 
ANALYSES ET OPTIONS. LE BOULET DU "RECYCLAGE BUREAUCRATIQUE"
 
 Le fait que la reconstruction reste en plan devant une telle urgence oblige à en fouiller les raisons dans la mesure, surtout, où il est quasiment certain que le minimum requis de forces militantes existe, disséminé dans l’attente d’un quelconque signal.
Et l’on est conduit dans les conditions indiquées, à comprendre l’effet négatif, dissuadant, car générateur d'illusions et d'attentisme, des gens qui, un pied dehors un pied dedans, (par rapport à la faillite) tout en se réclamant à grands cris de l’héritage, se dérobent, se refusent à assumer la tâche incontournable de la reconstruction d’une organisation à part entière, définitivement indépendante de la communauté capitularde, donc proclamée"à part".
Du moins, sentant bien que la question décisive de l’outil ne peut être complètement ignorée, ils y répondent par les pirouettes les plus diverses qui visent toutes la réhabilitation des structures traditionnelles par le moyen d’une secrète alchimie selon laquelle une certaine minorité restée saine redeviendrait victorieusement la majorité…à l’heureuse et sempiternelle faveur d’un prochain congrès, qui sait ?
Tout cela n' a d' autre effet que la pérennisation des appareils véreux et de leur claque réformiste de base, en dépit d' un environnement de critiques et d' attaques qui passe sur eux à peu près comme l' eau sur du beurre, puisqu' aussi bien, ils font à présent partie intégrante des institutions et rouages annexes de la république bourgeoise, baptisés officiellement "partenaires sociaux"et soutenues financièrement comme tels.
Au regard de l' urgence actuelle en effet, que peut-il sortir de tangibles comités, de collectifs, et autres "pôles" recherchant visiblement à se constituer une espèce de"cour" par la séduction d' une opinion moyenne favorable, ménageant par principe la chèvre et le chou, mélangeant pour cela opportunisme, révisionnismes, néo philosophie et discours radical, et à partir de là, autour des personnalités les plus habiles à cet exercice, réaliser une structure que l' on qualifierait tôt ou tard ( mais surtout pas à priori!) : ici de parti réanimé, là de syndicat réhabilité, mais seulement si les choses se déroulent sans accroc! Rien d’autre en quelque sorte que des méthodes "centristes" sans caractère.
Accompagner ce type de démarche, négation même de toute logique dialectique et de toute expérience historique, de déclamations sur l’attachement à ce que nous appelons "l’héritage" ne relève-t-il pas de la plus grande impertinence!, et pourquoi ne pas le dire de la plus grande malhonnêteté!
A la vérité, il s’agît là de l’exploitation insidieuse de la bonne foi militante autant que du spontanéisme des masses, hors de toute notion de direction du mouvement réel, simplement enjolivée par de la phrase.
Dans cette configuration, il ne peut s’établir aucun lien concret entre les masses en lutte et une quelconque enseigne connue pour sa permanence.
Il est donc impossible à plus forte raison de créer un quelconque point de départ à partir des périodes sociales chaudes, pour des rapports durables et une réorientation didactique de la classe salariée, puisque les mots d' ordres, pour peu qu' ils parviennent jusqu' aux oreilles des masses en lutte se trouvent nécessairement parqués dans le suivisme défensif, base de l' éducation quotidienne actuelle de la classe salariée, espace dans lequel la trahison règne précisément et définitivement en maître.
Or la solution du problème réside notoirement en dehors de cet espace à l’intérieur duquel, il est devenu totalement impossible de "ravir, de " séduire" pour ainsi dire. Puisqu' aussi bien, la matière essentielle à cette "séduction", à savoir la conscience de classe fondée tant sur une éducation à caractère définitif que sur la volonté de la mettre en oeuvre   y est plus que moribonde et que les masses qui embrayent dans ces ébullitions périodiques ne sont plus réceptives qu' à un seul langage: celui de la réforme, c' est à dire celui d' un capitalisme que l' on amènerait progressivement à la raison, un point c' est tout.
Ainsi avons-nous à faire dans cette longue marche de la décadence, à un véritable envoûtement des masses par le fameux syndicalisme d’accompagnement, c’est à dire ni plus ni moins que le trade-unionisme anglo-saxon né à la charnière des 19ème et 20ème siècles!
En conséquence de quoi ces laboratoires à bavardages ne font qu’alimenter le stratagème  des appareils corrompus : contrôler sans diriger ni éduquer.
Car à la différence des maîtres d’oeuvre de la trahison, les gesticulateurs que nous pointons ici du doigt, n’ont ni l’emprise sociale assise sur l’usurpation historique, ni les moyens médiatiques correspondant, et encore moins cela va de soi, le soutien en sous-main des valets et maîtres du capital.
L’observateur ne doit pas se tromper dans l’analyse de cette méthode de recyclage bureaucratique ni sur le compte de ceux qui l’animent, ni sur le compte de ceux qui sont destinés tôt ou tard à y souscrire.
Pour les premiers, ils sont effectivement de ceux qui pour initier une quelconque proclamation devraient au préalable avaler la soupe amère de l’autocritique et constater en définitive leur propre mise à l' écart pour cette entreprise de reconstruction.
C' est pourquoi ils ont opté pour une lente prise de distance sans trop de bruit ni de vagues.
On les retrouve aujourd'hui à la pointe de ce qui n’est qu’une dissidence, mais qui n’en finira jamais de couper le cordon ombilical, et pour cause.
Quant à ceux qui tôt ou tard viennent à y souscrire, on ne saurait trop rappeler les jugements sans concession selon lesquels Friedrich ENGELS lui-même qualifiait le prolétariat anglais de la fin du 19ème siècle de "Prostituée" de sa bourgeoisie.
On peut juger de ce que signifierait un nouvel appareil ouvrier alimenté par cette espèce de suintement insidieux, de bureaucrates et carriéristes de toutes envergures venant tout droit du corps de la faillite en décomposition!
Ceci pour dire que la gangrène est aujourd'hui profonde et que la lutte de masse n’est plus à l’heure actuelle une attestation suffisante de son propre caractère de classe.
Nous avons déjà développé cette thèse dans notre manifeste, soulignant notamment que la déchéance qui frappe le mouvement ouvrier à notre époque ne se résume pas, loin s’en faut, à la vision simpliste de l’opposition entre les chefs et les masses.
La trahison ne peut prospérer au niveau où elle se trouve que par l’existence d’une masse de "petites pointures" convaincues que l’histoire s’arrête tout bonnement à la lutte dans le cadre du capitalisme et strictement pour son amélioration.
Des multitudes de gens de cet acabit peuvent parfaitement agiter le drapeau de la condition ouvrière aujourd'hui et veiller demain à leurs intérêts de "petit porteur".
N’oublions pas que les actions de France Télécom ont fait un tabac dans le personnel.
A partir de là seulement, on peut raisonner sans se laisser abuser ni par les propos ni par les images médiatiques qui ne sont que poudre aux yeux par rapport à la réalité idéologique profonde des masses, de nos jours.
C’est bien de tout ce bourbier dont il est nécessaire de sortir et l'on doit pour ce faire être libre de tout hypothèque d’un passé que l’on entend répudier.
En conséquence de quoi, on a beau tourner et retourner la question. On en revient toujours à voir que l’option ci dénoncée pour le traitement du marasme, n’est pas qu’innocemment réfléchie, elle désigne nécessairement une nature profonde des gens et des objectifs. Il n’y a que tricherie à essayer d’accréditer le contraire.    
Il devrait donc être évident que la seule voie sûre qui demeure désormais à la disposition de tous ceux qui se refusent à jeter le manche après la cognée, est celle de la proclamation et de la RECONSTRUCTION patiente et méthodique dans un espace vraiment assaini.
Il va sans dire que l' effort est de taille et ne peut s' adresser qu' à des gens volontaires et situés dans l'échantillon le plus conscient et le plus déterminé du prolétariat, de la classe salariée dans son ensemble.
Il ne suffit donc pas de tours de passe-passe pour recycler la matière bureaucratique dégénérée et la resservir en guise d’appellation contrôlée. Il s’agît bien de rompre avec cette  cuisine malodorante pour revenir à la matière d’origine dans un espace débarrassé des miasmes de l’opportunisme et de la collaboration!
 
 
LES FAUSSAIRES A L’OEUVRE 
 
Nous allons voir à présent que, dans cette industrie du recyclage bureaucratique, certains ne rechignent pas devant les méthodes de faussaires qui pourraient bien, au fond, non seulement exprimer ce que l’on sait c' est à dire leur rejet de principe de la reconstruction, mais traduire au surplus une volonté affirmée d' en saboter toutes les chances. 
Il s’agît ici en particulier de gens qui se targuent de travailler à la renaissance du mouvement politique communiste, vocable qu’aucun salarié n’ignore et dont aucun en tous cas n’a à rougir, sauf pour faire le beau devant la bourgeoisie !
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Mais leur activisme ne s’arrête pas au domaine politique. Leur vision, consistant simplement à régénérer l’espace corrompu par un discours ronflant proche du "marxisme légal" et le remplacement du calife, est également initiée vers le milieu syndical.
Les ayant clairement désignés par leur sigle PRCF, il nous faut dire en quoi la fustigation de leur démarche, la simple indication, même, de leur existence, peut bien venir faire dans le débat sur la reconstruction syndicale que nous prônons. Voici
Chacun doit savoir que le Bureau de la D.P.I.O ne reste pas les deux pieds dans le même sabot, à attendre sans bouger que la providence amène la reconstruction sur un plateau d’argent.
Notre organisation traverse une de ces périodes que nous avons déjà connues dans le passé ou l' activité organisatrice doit venir au secours d' une dépression de la lutte pratique, de l' action revendicative proprement dite, donc du rayonnement.
Dans cet ordre d’idée, le bureau s’attache à établir des contacts voir des liens avec d’autres initiatives militantes, tel que le définissent nos statuts.
C’est ainsi que dans la période de la lutte anti-C.P.E, nous avions eu vent de l’existence d’un "collectif de défense du syndicalisme de classe".
Suite à de multiples contacts et entretiens de vive voix,  nous voilà invités le 8 avril 2006 à une assemblée sous le titre indiqué dans une salle parisienne.
Mais quelle ne fut pas notre déception de voir que ce label prometteur (enfin!) n' était autre qu' une dérisoire fronde interne sur le thème "sauver la CGT", allant de la fustigation de la direction "thibausienne" à l' auto satisfaction des cégétismes locaux ou sectoriels, ici ou là en passant par les délires trotskistes prônant des appels on ne sait à partir de quelle base organisationnelle fantomatique, le tout sous le signe... du programme social du conseil national de la résistance!
N' importe quoi! (sauf, naturellement, le mérite que l’on doit reconnaître à ce programme, à son époque!)
Quelques argus de la bureaucratie dont la présence était facilement repérable pour tout esprit averti devaient bien s’amuser en secret de cet éclectisme gesticulatoire.
On se doute naturellement dans une pareille ambiance, de la manière hostile dont fut accueillie notre tentative d’intervention (thèses sur la faillite syndicale et la nécessité de la reconstruction...) : la censure la plus brutale d’un président de séance venu tout droit du secteur syndical CGT des transports et qui veillait à ce que le débat ne dépassât pas le cadre de la nostalgie.
En fait, nous découvrions que ce meeting n’était qu’une minable contrefaçon de son propre mot d’ordre destiné à complaire aux visées du fameux P.R.C.F, avec la présence affichée dans la salle de son principal dirigeant et idéologue: Georges GASTEAU, complétant naturellement la présence active à la tribune, entre autres, de notre sympathique contact en l’espèce: un certain Benoît FOUCAMBERT (pour sa part également membre de la F.S.U).
Aucun militant expérimenté ne se trompe sur ce genre de manipulation et encore moins sur l’étoffe de ceux qui y ont recours.
N’est-il pas évident que cela s’apparente plus à de la vente forcée d’une marchandise avariée qu’à un honnête, loyal et libre débat sur un ordre du jour sans surprise reconnu et accepté par tous ses participants.
 
Par la suite, ayant voulu croire de bonne grâce, malgré tout, qu’il pouvait y avoir malentendu et ne priver le débat d’aucune chance, nous avons cherché à renouer le contact (sait-on jamais).
Mais là, "lapin" au rendez-vous, hermétisme, mépris et silence radio.
Pour ces gens, apparemment, la matière D.P.I.O n’est pas compatible avec leur "recyclage"!
Voilà au moins un point sur lequel ils ne se trompent pas.
 
Mais que le lecteur sache bien que ce soi-disant "collectif de défense du syndicalisme de classe" qui n’a d’autre membre (de son propre aveu) à part égale que son organisateur du PRCF, n’a pas dit son dernier mot.
Il faut s’attendre à de nouvelles séances du genre, renforcées celles-là par un appel aux syndicalistes de classe bien connus de F.O et S.U.D !(au travers du deuxième sigle, le lecteur avisé n' aura pas de mal à décoder "groupe ATTAC", alter mondialistes et compagnie, groupe ATTAC qui comme par hasard serait tout près de s' inscrire dans les flirts épisodiques du PRCF, biais idéal pour gloser sur le "socialisme de marché! )
La boucle est bouclée. Avec au passage, qui sait, un petit pas allant du marxisme vers l’alter réformisme. Quelle réponse magistrale à l’urgence du besoin d’organisation!
Ce qui est sûr c’est que ces gens ne risquent pas d’encourir le reproche du dogmatisme ou de     l’excès d’orthodoxie!      
 
A ce point de l’exposé, nous nous permettrons de faire à ces recycleurs de bureaucratie, quelques rappels théoriques bien mérités et surtout fort appropriés à la situation.
 
LUTTE ECONOMIQUE ET LUTTE POLITIQUE EN TEMPS NORMAL
 
La classe salariée, (en terme plus politique, le prolétariat) a de toute évidence deux luttes à mener de front: la lutte économique d' une part, la lutte politique d' autre part.
Il est complètement stupide de se voiler les yeux, de faire semblant de nier ou de rejeter l’intérêt, disons complémentaire, de ces deux terrains d’émancipation de la classe exploitée.
Mais il est non moins stupide de penser que l’on puisse conduire une espèce d’activisme commun visant leur interdépendance organique.
Tant il est vrai que s’il est illusoire de vouloir donner un quelconque caractère politique à la lutte économique, il est non moins illusoire, comme l’histoire des dernières décennies l’a clairement montré (s’il en était besoin), de fonder la lutte politique sur les bases d’objectifs revendicatifs économiques.
La lutte de classe économique c’est la lutte pour la défense, et le progrès de la condition immédiate des salariés c’est à dire dans le cadre immédiat du capitalisme. Cette lutte se résume en dernier ressort à la guerre permanente contre le taux général de profit.
La lutte de classe politique c’est la lutte pour les conquêtes politiques à l' encontre de la classe dirigeante, au bénéfice actuel de la classe salariée, certes, mais visant essentiellement sa prise du pouvoir futur dans le cadre du renversement du capitalisme.
On voit qu’un élément fondamental différencie ces deux types de lutte: la nature foncièrement et nécessairement subversive de la lutte politique que l’on ne retrouve pas, (en tous cas pas comme but en soi) dans la lutte économique.
Nous mettrons de côté dans cet exposé la dialectique complexe qui établit les rapports indirects de convergence de ces deux luttes et qui peuvent prendre dans les périodes les plus chaudes du mouvement social la forme d’une quasi-coopération. Ce qui ne peut surprendre que les demeurés.
L’histoire réelle de la société capitaliste produit donc une unité morale naturelle (force incontestablement bénéfique au mouvement social), entre les luttes politique et économique de la classe ouvrière.
C’est cela et rien d’autre qui doit être cultivé dans l’esprit des masses: la convergence des deux domaines indiqués vers le changement social décisif, leurs poids et leurs rôles respectifs dans la démarche historique considérée.
 
 
Mais cette unité naturelle connaît deux types d’adversaires redoutables:
-ceux qui veulent purement et simplement la liquider en la présentant ni plus ni moins que
comme une maladie honteuse
-ceux qui s’évertuent à la transformer en connivence politico -économique dictée d'en haut.
On reconnaît dans les premiers la main de la réaction dure de la bourgeoisie. Cela n’étonnera personne.
Mais on ne se méfie jamais assez des seconds qui expriment toute une variété de réformismes dont le trade-unionisme anglo- saxon n’est que l’exemple de base où l’on peut voir parti et syndicat carrément en cheville!.... pour la pérennité du capitalisme !
Il découle immanquablement de ces rappels ce qui est recommandé, autorisée et exclus dans les rapports du militantisme et de la lutte.
 
-Recommandés sont les principes relationnels clairs, fraternels et surtout honnêtes entre militants et organisations respectives, dans le respect scrupuleux de l’indépendance des appareils, ce qui n’a rien à voir évidemment avec une quelconque censure de l’intellect ouvrier.
A partir de là, il est clair qu’un militantisme individuel à la fois politique et syndical ne présente aucune espèce d’inconvénient.
 
-Autorisés et nobles, sont comme l’a déjà montré l’histoire pour le plus grand bien de la condition ouvrière, la coordination pratique, le soutien mutuel des hommes dans le feu de l’action, libre alliance objective spontanée sur le terrain de la lutte.
 
-Exclus, prohibés devrait-t-on dire, sont enfin les agissements souterrains, l'entrisme hypocrite, les méthodes de camelots et autres barbouzes dans les réunions et meetings, les manoeuvres d’amalgame des décisions et orientations conduites par des connivences bureaucratiques par dessus les instances ou par leur manipulation, jeu malsain, trop souvent vécu "d’appareils bis" insaisissables, dont les mobiles s’avèrent toujours tôt ou tard étrangers aux intérêts réels de la classe laborieuse.
 
En définitive et pour terminer la leçon adressée aux adeptes du coup d’épée dans l’eau il est de la plus haute importance de ne pas confondre l’harmonie et la "fusion", d’éviter la pratique de l’immixtion d’un domaine dans l’autre, directement ou de manière déguisée.
S’agissant donc de cette aventure ridicule qualifiée pompeusement de "défense du syndicalisme de classe", le pilotage politique est particulièrement déplacé de la part de gens qui s’avèrent incapables d’assumer précisément les responsabilités du moment dans le domaine dont ils se revendiquent.
L’organisation syndicale ne serait- elle pas pour eux, sous le capitalisme et même à la suite de son renversement, l’instrument exclusif et indépendant, de défense des intérêts économiques de la classe salariée, tant que la société sans classe n’a pas définitivement enraciné son règne?
 
Ne va-il pas de soi que ce qui est vrai "en temps normal" l’est d' autant plus en période de crise générale du mouvement ouvrier telle que nous la traversons à ce jour, y compris et surtout dans le cadre de la reconstruction que nous prônons? à savoir: vive les relations fraternelles et solidaires de classe, le soutien ou la coordination militante des luttes, etc..., débat et échanges de vues au grand jour s’il le faut, mais indépendance démocratique pour tous sous le signe de "chacun ses oignons", ou plus exactement en l’occurrence: chacun son chantier!
 
 
Un certain Vladimir OULIANOV a d’ailleurs écrit des choses fort intéressantes à ce sujet dans le tome 32 de ses oeuvres, que nos "recycleurs" si prolixes de théories feraient bien de réétudier.
Ils constateraient sans doute qu'ils sont déjà une bureaucratie avant même d’être un parti.
Peut-être cela leur éviterait-il à l' avenir le ridicule de vouloir, à leur manière, « secouer les syndicats »....fantômes! .
Nous ne manquerons pas désormais, à ce titre, de les avoir à l' oeil.
 
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