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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 18:16

 

PREAMBULE.

 

 

Chers lecteurs, chers camarades et amis, notre organisation présente ici une espèce  de vue générale de la situation actuelle de la classe salariée.

Plus que jamais il devient nécessaire de clarifier les rapports du syndicalisme avec la politique. C’est le choix délibéré qui imprègne précisément l’exposé qui va suivre.

Car la dégradation, voire la perversion de ces rapports est à coup sûr l’élément le plus déterminant dans la crise patente du syndicalisme ouvrier, crise que personne ne peut plus désormais ignorer.

Ceux qui s' intéressent peu ou prou à l' initiative D.P.I.O savent que nous dénonçons le mélange des genres selon le principe qu' il n' appartient pas plus à un parti politique ouvrier d' agir   dans la création ou la manipulation syndicale qu' il n' appartient à un syndicat de s' investir en tant que tel  dans le travail politique.

Mais de ces principes intangibles, il ne faut nullement déduire que nous préconiserions un syndicalisme en vase clos économique, s' interdisant pour nourrir ses décisions et ses options, toute réflexion, toute analyse et toute éducation de nature politique ou sociale.

Rien n’est plus désastreux pour la classe ouvrière que de se priver des nécessaires références et connaissances qui la concernent au premier chef, qui concernent en conséquence les diverses dimensions de son histoire, de son destin universel.

Cela ne contredit en aucune manière notre vision de l’indépendance syndicale en tant que lutte spécifiquement économique.

Bien au contraire, on ne saurait imaginer une quelconque restriction culturelle ni à la pensée, ni à l’éducation ni à l’investissement militant de la personne physique   dans l’un et l’autre des domaines considérés, à charge naturellement pour chacun  d’agir à la fois dans  le respect de soi-même et des organisations auxquelles il appartient.

Quant à la personne morale, s’agissant précisément d’un syndicat ouvrier, on ne voit ni la nécessité ni l’utilité d’une quelconque autocensure, tant dans l’élaboration de sa stratégie, de son action revendicative que de son expression publique.

En fait, il  s’agît autant ici de clarifier les rapports de la politique et de l’économie au sein même du mouvement ouvrier que de caractériser leur nature de classe.

Car précisément, cette caractérisation, sous forme de rappel historique, constitue elle même la base de la clarification.

La question se pose donc comme suit: sur quelle base commune, politique et économique est fondée  la lutte de la classe salariée, tant pour son progrès matériel et moral que pour son émancipation sociale?

Qu’on le veuille ou non, le mouvement ouvrier théorisé (nous ne parlons pas ici du mouvement spontané n’exprimant rien d’autre que la colère et qui apparu rapidement sous les premières  morsures de l’exploitation, dès la fin du premier empire)  est à son origine un tronc commun si l'on peut dire : la critique scientifique du capitalisme.

Tout au long de son développement, il est inévitablement pétri de cette critique au plus profond de sa substance, au point même qu' en dehors d' elle, il est condamné purement et simplement à la déliquescence.

Ce tronc commun n' est autre que le socialisme scientifique exposé à grands traits au beau milieu du tumulte du 19ème siècle par Karl MARX en collaboration avec Friedrich ENGELS et quelques autres grands militants de leur époque, dans une œuvre impérissable intitulée "Manifeste du Parti Communiste".

Ce même Karl Marx fut en septembre 1864 à l’initiative de la fondation de la première association internationale des travailleurs, sur fond d’un mouvement ouvrier à dimensions européennes qui comme on le sait avait fait en quelques décennies des pas de géant et dont les desseins et la lutte effective se radicalisaient à l'encontre de la classe capitaliste dominante.

L’objet de la Première Internationale était de facto autant politique qu’économique (ou syndical).

Multiples tendances s’y affrontèrent qui posèrent dès le début la divergence entre le caractère nécessairement révolutionnaire du mouvement ouvrier et le mirage du réformisme.

Arriva dans cette période de la première internationale, un premier défi de la classe ouvrière à ses exploiteurs, un premier affrontement, militaire, il faut le savoir: La glorieuse Commune de Paris, de mars à mai 1871 au sein de laquelle s'investirent pêle-mêle politiciens et intellectuels progressistes, syndicalistes ouvriers, sous le mot d' ordre, notamment, de la "république sociale".

Sans entrer dans le détail des vicissitudes prévisibles et de la fin tragique de ce grand évènement, nous en retiendrons ici ce qui est utile à notre propos: le côtoiement politico- syndical dont les "internationaux" furent autant les artisans que les gérants.

Les internationaux est le qualificatif qu’ont adopté beaucoup d’historiens pour désigner les membres (français ou autres) de la première internationale qui prirent une part active à cette page révolutionnaire.

On ne peut manquer de retenir le nom d’au moins deux d' entre eux tels qu’Eugène VARLIN, et Benoît MALON dirigeants ouvriers qui s’illustrèrent notamment dans l’âpreté des luttes qui marqueront  le second empire.

Pourquoi ces deux noms ? Précisément parce qu' ils incarnent par rapport à d' autres grandes figures ouvrières de leur époque, plus orientées vers les tâches politiques tels que Jules GUESDES, Wilhelm LIEBKNECHT et autres August BEBEL, la nécessité de séparation et de spécialisation du mouvement ouvrier en deux branches: économique et politique; séparation qui ne procéda nullement d' un antagonisme ni de quelconque contradiction, bien au contraire, mais qui sera un perfectionnement de l'arsenal de la classe salariée pour son émancipation, et permettra par la suite tant de conquêtes et de progrès pour le monde du travail.

A ce titre et pour sa part, Eugène VARLIN peut et doit être considéré comme le fondateur moral sinon l’inspirateur pratique du Syndicalisme de Classe, traduit un peu plus tard par l’avènement de la C.G.T.

Après ce rappel des fonds baptismaux commun aux parties syndicale et politique du mouvement ouvrier, nous sommes très à l’aise pour fustiger ceux qui plagient aujourd’hui le "bloc" organisationnel qui marqua tout naturellement son adolescence.

Ceux-là prétendent en fait ériger le mélange des genres (dont ils aspirent à assurer le contrôle) en recette miracle  pour la renaissance groupée de la politique et du syndicalisme ouvrier (car c’est bien de CE syndicalisme et de CETTE politique dont il s’agît).

Comment  ne pas comprendre que cette méthode n’est qu’une médiocre cuisine bureaucratique qui non seulement ne correspond en rien aux besoins actuels du prolétariat mais nous promet à l’évidence une réédition OPPORTUNISTE du mélange des appareils.

Mais nous ne sommes pas moins à l’aise, reprenant à notre compte la juste réflexion qui sévissait encore dans les rangs du syndicalisme de classe juste avant qu’il dérive vers la faillite:

" L’anticommunisme est un poison pour la classe ouvrière", pour souscrire à la métaphore selon laquelle, à l’heure actuelle, tout travailleur qui méconnaît  l'inestimable apport du fameux "Manifeste du parti Communiste" de 1848 n’est ni plus ni moins qu'un automobiliste qui roule en pleine nuit sans éclairage!

C’est dans cet esprit c’est à dire sans tabou que nous présentons l’exposé qui suit, y traitant librement des aspects syndicaux et politiques qui caractérisent la situation de la classe salariée dans son ensemble, en prise nécessairement sur son histoire réelle qui constitue qu’on le veuille ou non le patrimoine qu’elle ne peut renier.

 

Nous le ferons ainsi une fois pour toutes dans le souci de ne pas avoir à y revenir, avec la conviction profonde et sincère de rendre service à tout esprit ouvert, et afin que nul n’ignore  le bois dont l'initiative D.P.I.O se chauffe.

 

 

 

 

 

MARXISME ET MARXISME-LENINISME

 

 

Le terme de Marxisme-Léninisme apporte à l’héritage du mouvement ouvrier international un supplément de taille : la vérification pratique d’une théorie déjà fondée elle-même sur l’observation du parcours réel de l’humanité.

Il nourrit notoirement la théorie du communisme  s’agissant de l’étape transitoire qui y conduit: le socialisme, phase de dictature du prolétariat, par opposition à la société dans laquelle nous vivons qui constitue véritablement la dictature de la bourgeoisie.  

Mais surtout, il ouvre la voie à un substantiel enrichissement théorique du marxisme.

Nous ne prendrons ici comme exemple que les célèbres thèses et analyses sur l’Impérialisme en tant que stade suprême du capitalisme, qui sont la base théorique incontournable du marxisme à l’époque actuelle, et en dehors de quoi toute stratégie ouvrière est désormais vouée à l’inanité.

Communisme, Marxisme-Léninisme, trop de gens, trop de peuples de nos jours associent ces termes  à une espèce de subordination à l’histoire d’un pays  étranger: la Russie.

Outre son simplisme grossier cette vision (activement entretenue et véhiculée par la propagande bourgeoise) n’est rien moins  qu’absurde.

Pour le comprendre, arrêtons-nous simplement à nous demander si le capitalisme pour sa part, au-delà de ses diverses formes nationales (lesquelles montrent soi-dit en passant une singulière tendance à s’uniformiser) est l’affaire de l’histoire particulière d’un seul pays ?

A l’heure de tant de gesticulations autour de la fameuse mondialisation, cela donne envie d’éclater de rire.

Ainsi est-il parfaitement clair que les formations sociales qui se succèdent dans l'histoire de l’humanité concernent l’ensemble des humains de la "planète" (mot très à la mode dans la propagande mercantile que l’on sait) même s’ils n’y sont engrenés qu’au cas par cas, et dans des conditions différentes.

De ce point de vue, il ne faut pas craindre de dire que Vladimir OULIANOV, dit LENINE, a apporté à la cause du prolétariat international, outre une démonstration de pratique révolutionnaire exemplaire, une  inestimable contribution théorique et polémique qui est constituée, dans ce qui a pu être conservé et retrouvé, de pas moins de 45 volumes d' une moyenne de 600 pages. De quoi surnommer cet homme à la fois le "BALZAC et le SPARTACUS de la révolution socialiste".

Le lecteur sera sans doute étonné d’apprendre que LENINE, ayant occasionnellement séjourné  en France,   considérait la commune de Paris comme le premier modèle de "Soviet" ayant existé en Europe.

C’est dire à quel niveau de respect et d’admiration il situait cette page d’histoire de notre pays, à propose de laquelle il a écrit un admirable texte commémoratif en 1911.

De toute évidence, ce point de repère ne fut pas sans nourrir dans une certaine mesure sa réflexion et son action dans la lutte acharnée qu'il mena pour la construction du parti bolchevik (mot signifiant "majoritaire" en russe) dont la mission initiale  fut de "faire le ménage" idéologique, si l’on peut dire, et partant, de soustraire l'esprit des  masses au réformisme ambiant.

Bref, tout ceci pour dire que de nos jours où les mystifications vont bon train pour asphyxier les consciences, le mot marxisme  est nécessairement à entendre comme associé au mot léninisme, sous peine pour le prolétariat de se priver volontairement d’une bonne moitié de ses moyens intellectuels.

Ainsi le lecteur ne s’étonnera-t-il pas de l’utilisation libre de thèses et de citations marquantes de Lénine dans la conduite  du présent exposé.

 

 

LES  CRISES  DU CAPITALISME  

 

Il ne fait aucun doute que nous vivons une période particulièrement riche et productive en enseignements de toutes sortes.

Mais il est à craindre que la question cruciale, celle qui est mise au premier plan par les coups de tonnerre de la crise économique actuelle passe précisément inaperçue, pour cause de faillite des appareils ouvriers eux-mêmes.

Cette question est simple:

La classe exploitée doit-elle se contenter de faire profil-bas en quémandant sa survie à la classe capitaliste en difficulté, ou doit-elle au contraire mettre à profit cette conjoncture pour faire valoir ses droits et son rôle historique, cette dernière proposition n’étant rien d’autre que le renversement du capitalisme ?

Nous sommes de ceux qui pensent que le débat sur le syndicalisme, en crise lui-même, ne peut éluder cet aspect essentiel.

Disons le sans ambages : pour l' heure, la bourgeoisie, en tant que classe dominante n'a guère à craindre de ce point de vue, tant il est vrai que la situation est entièrement verrouillée, entièrement sous son contrôle, et qu'elle a de ce fait, pour le moment, les coudées franches pour faire supporter à la classe salariée en toute tranquillité, les conséquences dramatiques de ses turpitudes politico-économiques.

Mais le but de cet exposé n’est pas, pour autant, d’entretenir le découragement ou la résignation, mais plutôt de voir de quoi est faite cette situation de verrouillage et que faire pour en sortir.

Une fois de plus, nous voilà ramenés au vieux débat (aussi vieux que le mouvement ouvrier) entre réforme et révolution.

Mais il faut savoir que si l’histoire a depuis longtemps défini et caractérisé ces deux lignes quant au fond, elle a aussi abondamment brouillé les pistes quant aux formes et aux apparences.

Ce qui fait que la difficulté du jour pour la classe ouvrière et en premier lieu pour les détachements militants ou autres individualités honnêtes et volontaires n'est pas tant de déterminer ses vrais ennemis  que d' identifier ses faux  amis. Nous y reviendrons plus loin.

La crise actuelle qui promet des affres dont on n’a pas idée n’est ni une surprise ni un accident de parcours du système.

Il est démontrable et amplement  démontré que le capitalisme est par principe un système à crises (expressions de la loi générale qui ponctue les soubresauts périodiques de la surproduction)   non seulement inévitables mais fondamentalement nécessaires à sa pérennisation.

Le cours du 19ème siècle, c’est à dire du capitalisme en plein essor, foisonne littéralement de crises partielles ou générales, industrielles et  financières, dont évidemment la classe ouvrière fait invariablement les frais.

Par la suite l’impérialisme entre en lice, mêlant d’office ses crises à des horreurs militaristes et autres aventures épouvantables tels que les deux guerres mondiales.

Du voisinage de 1900 que la fantaisie a qualifié d’âge d’or, au  grand séisme universellement connu de 1929 qui rebondit au cours des années trente, ces crises ne font que s’amplifier, s'approfondir au niveau de  leurs conséquences.

A la suite de la seconde guerre mondiale, elles continuent  d’imposer leur rythme accentuées par les contradictions liées aux destructions massives de la guerre.

Après une sensible accalmie que les commentateurs bourgeois se plaisent à appeler "les trente glorieuses", un type de crise nouveau apparaît au début des années soixante dix correspondant sans aucun doute à de nouvelles donnes dans la situation mondiale.

Nous qualifierons cette crise de larvée, d’interminable, à savoir: sur fond permanent de difficultés inextricables et d’expédients continuels autant économiques que géopolitiques, le système est périodiquement travaillé par des accès de fièvre successifs, plus ou moins prononcés.

En fait il ne s’agît plus désormais de crises ponctuelles  trouvant peu ou prou une issue, mais d’une crise structurelle d’usure dans laquelle se manifestent des saillies.

La crise actuelle superpose donc deux effets:

 

1) Celui des contradictions inscrites dans la genèse et les  mécanismes propres au système mais qui ne se traduisent que  lorsqu' elles atteignent leur point de rupture.

2) Celui lié à une difficulté  majeure de l'exploitation économique arrivée au mur de l’expropriation des capitalistes par eux-mêmes, à une dimension insoluble et explosive.

 

Cette situation critique, est par ailleurs aggravée dans le présent accès  par un ressort supplémentaire et de taille celui-là: la négation délibérée par la classe dominante elle-même, du fondement de son système: la loi de la valeur liée au travail productif, et partant l’oubli du lien indissociable entre la plus-value (surtravail extorqué à la classe ouvrière) et le profit qui n’est autre que sa conversion sous forme argent.* (Note 1)

Fuite en avant chimérique,  réponse illusoire à la baisse tendancielle du taux de profit démontrée par la théorie économique de Karl Marx, cette négation s’est exprimée par un long processus de décomposition industrielle, de près de trois décennies, accentuant toujours plus le vecteur centrifuge auquel est naturellement soumise la masse des capitaux et qui les déporte de l’activité  vers le cercle infernal " accumulation- spéculation".* (Note 2)

Généralement, le corollaire de ce jeu à l’argent facile et massif est double: d'une part le frein direct à  la création de valeur marchande et d’autre part la neutralisation de masses de capitaux considérables par le court-circuit de la consommation (le luxe capitaliste essentiellement), et par gaspillage dans la lutte implacable des concurrences.

On se trouve alors dans une spirale de conflit d'une violence décuplée entre le capital financier devenu un monstrueux corps parasite et le capital industriel, c’est à dire entre la spéculation, le commerce des capitaux et l’activité productrice qui nourrit tout cela.

Mais dans la phase particulière qui s’annonce, le retour douloureux, inévitable, à la fameuse loi de la valeur que l'on observe habituellement dans l’histoire semble, selon une tournure quasi militaire, purement et simplement contesté; à savoir que, s’agissant du profit, nul ne veut en céder en dépit de son hypertrophie générale*(Note 3), et qu'en tout état de cause, il n'est pas question d'un quelconque régime d'amaigrissement, mais simplement d'une guerre de redistribution, de repartage!

On s'accuse, on se montre du doigt, on essaye de s'acquérir "l’opinion", mais que l'on ne s'y trompe pas, cette guerre est toute relative, c’est une guerre de rapine entre soudards du profit sur fond d’identité de classe, identité d’obligation et de but: l’exploitation croissante des masses et à tout prix.

Il y a de quoi rire quand on entend les discours fêlés des gouvernants sur le retour aux bonnes vieilles vertus bourgeoises du travail "normal" (c'est à dire l'extorsion de travail gratuit à la classe salariée) du capital et de la récompense méritée!

Soyons sérieux, le capital financier n’est-il pas alimenté par la coagulation et l'accumulation du capital argent industriel lui-même? C’est à dire d’une masse de valeur sous sa forme pure qui s'évade soit pour un temps, soit définitivement de son cycle actif immédiat?

Financiers et industriels ne personnifient-ils pas deux formes successives  du capital social au cours de son cycle?

Pour être les frères ennemis qui se disputent le gras de la plus value (intérêt d'un côté,  profit d'entreprise de l’autre et rente pour la propriété terrienne), n'en sont-ils pas moins cul et chemise jusqu'à parfois et même souvent être une seule et même personne dans le jeu de rôles cynique de l’exploitation du travail d’autrui ?

« Haro sur les plumeurs du CAC 40, les gros actionnaires les patrons trop payés » (tautologie à la mode) entend-on dans la bouche des néo populistes ! … mais qui peut croire que dans ce bain purulent ceux qui sont plumés n’ont pas d’autres perspectives  que de plumer sans vergogne à leur tour.

« Haro sur les grand patrons qui licencient alors qu’ils croulent sous le profit » entend- on à l’unisson! ... mais quelle différence entre un capitaliste qui jette ses salariés pour accroître son profit, celui qui le fait pour le maintenir, et celui qui le fait pour y revenir! Aucune! Ces trois situations d’apparences différentes ne font qu’exprimer une seule et même contradiction de classe, un seul et même antagonisme inconciliable d’intérêts.

Car on pourra parfaitement retrouver un jour notre troisième larron avec son air innocent...dans la peau du premier!

Grande économie contre petite, malhonnêteté ou exagération contre mérite d’enrichissement légitime serait donc le niveau de platitude auquel on voudrait réduire le débat et la conscience publique.

Non, ce qu'il faut retirer de tout ce fatras de bavardages c' est qu' en vérité le capital dans toutes ses composantes est prêt aujourd'hui à en découdre avec sa propre loi fondamentale, la loi de la valeur, et que la signification in fine de cet inimaginable bellicisme (voir la furie des prix notamment dans les secteurs de l' immobilier et des matières premières) n'est autre que l'écrasement sans pitié des masses exploitées  et en premier lieu du prolétariat mondial.

C’est bel et bien sous cet angle qu’il convient de considérer la conférence de Londres qui a réuni la clique des bandits qui dirigent le monde, à la recherche des moyens de maintenir le règne mondial des privilèges de la bourgeoisie.

Passons (si l’on peut dire) sur le coût de ces dérisoires singeries médiatiques coutumières des fameux "sommets",  dont le montant des factures, des  têtes d'affiche aux porteurs de burettes, permettrait  de nourrir pas mal d’affamés.

Mais, à défaut, comme ses homologues, d’une quelconque utilité pour le monde des exploités, celui-là aura eu au moins le mérite d’indiquer les 2 principaux  soucis actuels de la classe dominante:

1) Faire sa propre police économique, juridique, fiscale, etc. afin qu’aucun des seigneurs du grand tripot ne puisse s’accaparer un surplus de pactole au détriment ... de ses pairs!

2) mettre au point, en concertation, la trame commune des moyens de mystification des masses, à savoir: quelques miettes de capital converti en morphine sociale, et en revanche, des mégatonnes de propagande; une intoxication idéologique massive pour arracher le consentement à plier toujours plus l’échine!

Voilà tout le sens politique du tapage officiel de cette conférence sur les paradis fiscaux et autres parachutes dorés, joint aux bavardages gratuits sur le prétendu soutien social des gouvernements, dont on a abreuvé la naïveté publique et qui ne fait qu’illustrer la rhétorique hypocrite de la clique sarkozienne, président en tête.

Précisément, ce serait à contrepied de ces deux soucis que les prolétariats, les classes salariées des pays les plus avancés, devraient entendre les mots d’ordre et le discours fédérateur représentant leurs intérêts du moment.

Mais où sont-ils et que font-ils aujourd’hui, ceux qui sont censés être les dépositaires de ces intérêts? C’est très simple, nous le dirons une fois de plus: ils sont passés à l’adversaire de classe, un point c’est tout.

 

L’ADMIRABLE  LEÇON DU PETIT PAPILLON.

 

Ce n’est pas pour rien que nous évoquons la richesse en enseignements de la période actuelle. Période faite sur le fond  du fameux commerce bureaucratique des syndicats véreux alternant avec des grand-messes périodiques purement rituelles le tout enfonçant un peu plus chaque saison, pour ne pas dire chaque jour, la condition générale des salariés.

Dans cette routine désolante, s’est brusquement produite une vigoureuse éruption sociale localisée: La GUADELOUPE.

Au- delà de la propagation plus ou moins amortie observée à la Martinique et à la Réunion, (les R.G et les cireurs de bottes veillent), l'enseignement majeur de cet épisode de la Guadeloupe dépasse de loin son objectif revendicatif. Et surtout, il devrait inspirer une certaine retenue à certains propos réactionnaires  qui au delà de leur indignité à l'égard des populations des DOM-TOM, ne font qu’exprimer les intérêts des suceurs de sang BEKES!

Car il est clair qu’on n’a pas eu à faire à une action populaire et ouvrière en vrac sous la seule poussée de la misère et du mécontentement.

Une fois de plus a été démontrée la nécessité du schéma incontournable, condition du succès de tout mouvement social et en particulier de tout mouvement économique: l’existence préalable d’une force dirigeante organisée suffisamment ancrée dans les rangs de la base.

Il ne fait aucun doute en effet que le L.K.P (initiales du créole "Lutte Kont Profitation") a été le ciment d’une lutte organisée et préparée de longue date, et qui plus est échappant à toutes les formes de sabotage, lesquelles n’ont sans aucun doute pas manqué, de toutes origines.

Pour être clair, cet admirable mouvement, par son organisation, sa détermination, son inflexibilité, son unité, et surtout son solide enracinement dans la population exploitée (tout est là!)  a fait visiblement échec, à toute récupération, désamorçage et autres manigances du bloc répressif patronat, pouvoir  et marais syndical. Chance que n’eut pas, comme on peu s’en souvenir, le grand mouvement du secteur public de 1995!

Mais cette chance précisément, ne peut être venue toute seule. A coup sûr, la population s’est donnée à l' avance une direction en laquelle elle avait confiance, comme une partie d’elle-même, propre à éviter ou déjouer les pièges d’une bureaucratie parvenue fricotant peu ou prou avec les institutions!

Voilà l’enseignement majeur de ce mouvement qui peut et doit faire école en tant que réhabilitation du modèle traditionnel de lutte de classe que les prolétariats  des pays avancés en général et français en particulier semblent avoir laissé en panne: l’outil d'abord, la lutte ensuite.

Quelle distance entre ce glorieux modèle et la puanteur qui émane du terme à la mode "partenaires sociaux".

Ce qui signifie en référence à la présente période que lorsque l’outil est devenu impropre à la lutte, on ne peut se dérober à la tâche prioritaire de le refaire!

Nous le disons haut et fort: vive les travailleurs, le peuple guadeloupéen et autres, exploités, "esclavisés", humiliés dans la dépendance et l’indignité de l’impérialisme français et de ses laquais, de  ses acolytes de tous poils et de toutes origines sur place.

On peut se demander pourquoi les populations du G8 dont nous faisons partie se sont contentées de regarder avec condescendance la pugnacité victorieuse du petit papillon lors même que ce sont elles qui auraient dû depuis longtemps être à ce genre d’initiative.

Mais en même temps, on ne saurait s’en étonner à l’écoute du discours révoltant d'un cireur de botte capitulard comme Bernard THIBAULT qui a osé établir dans la situation des exploités de la "Métropole" une espèce de mieux-être  par rapport à celle des DOM-TOM! En quelque sorte un véritable satisfécit colonial!

Nul doute que si ses "maîtres" expriment leur reconnaissance à la hauteur du service rendu, cet homme n’aura pas de problème de ressources pour sa retraite!

N’y-a-t-il pas là une autre admirable preuve que misère, galère et mécontentement des masses ne sont en fait que les conditions et la force potentielle du mouvement social lors même que l’action particulière de ses détachements organisés les plus conscients en est l'étincelle, l'âme indispensable. Et qu’en dehors de ce schéma, il n’y a qu’immobilisme et déchéance, ou aventures et déconvenues!

Quelles que soient les suites de ce combat, et l’on peut imaginer que le patronat local ultraréactionnaire fera tout pour contrecarrer la portée de ce mouvement, il reste en tout état de cause que "le petit papillon"  aura bel et bien montré l’exemple au grand hexagone! C’est le monde à l' envers!

Et ceux qui ne seront pas capable d’analyser cette  lutte pour comprendre enfin le ridicule, le dérisoire et surtout la fourberie du syndicalisme à la petite semaine, mode Thibault, Chérèque et Consorts et en tirer les conséquences qui s’imposent seront définitivement perdus pour les tâches à venir.

 

LA QUESTION CRUCIALE DU NIVEAU DE CONSCIENCE DE CLASSE DANS LES MASSES.

 

Toutes les phases historiques importantes de la lutte économique de classe ont connu la réactivation de sa forme massive, celle qui reconstitue sous une unique direction la formidable armée des travailleurs, consciente, unie et déterminée et en conséquence au maximum de sa puissance.

Cette forme épisodique est nécessairement liée à une perception radicalisée et uniformisée des revendications,  donc dépouillées de tous les accessoires corporatifs qui caractérisent les différentes branches d’activité.

Il est particulièrement intéressant, dans la période présente, de comprendre comment et surtout pourquoi la lutte économique atteint périodiquement ce genre de "point d’éclair".

Pour cela, que lecteur veuille bien nous suivre...

La volonté d’émancipation, latente mais diffuse et désordonnée dans la masse des  travailleurs est le produit naturel de tout système d' exploitation.

Elle génère tout aussi naturellement une double prise de conscience:

1) sur l’état de la condition ouvrière par rapport au calendrier de l’histoire.

2) sur l’identité ouvrière  de la classe salariée toute entière, ferment indispensable à l’unité et à la  solidarité.

Mais cette double prise de conscience ne se développe et ne vient à maturité que dans les esprits où elle est sans cesse et de manière volontaire nourrie et instruite, jusqu' à devenir un attribut intellectuel inséparable de la personne. Au total, elle n’habite que des détachements réduits de la classe salariée, des masses exploitées, détachements auxquels, de facto,  échoient non seulement la capacité mais aussi le devoir de constituer et de PROCLAMER (c’est à dire de proposer aux masses), les structures organisées, permanentes que l’on désigne communément par le terme" directions ouvrières" mais qui ne le deviennent véritablement qu' à l'épreuve du temps  de l'assentiment collectif et des luttes.

A l’appui de cette exposition des choses, l’histoire montre que:

1) les masses en général et à l' exception des dits détachements, n’ont qu’une perception rudimentaire de leur condition, de leur appartenance de classe, qui reste toujours dans la proche orbite de l’instinct de conservation sociale, et oscille entre l’individualisme et l’attirance confuse d’une solidarité simplement ponctuelle, schéma exprimé on ne peut mieux par les fameuses coordinations qui ne sont autres que les plus dangereux instruments  de démolition de la conscience de classe.

En tout état de cause, à l’état naturel, elle ne dépasse jamais le cercle de la corporation et se réduit même le plus souvent à celui de l’entreprise.

2) que l’instinct dont nous parlons ne peut être transcendé vers l’action de masse au niveau nécessaire que si  une influence régulière agît sur l’intellect de la classe exploitée, y élit domicile et autorité morale, si l’on peut dire, par la confiance et l’estime, pour déclencher, cette fois, une perception instruite et active  là où il n’y avait encore qu’instinct.

C’est alors, et seulement alors, que la classe dans son ensemble peut entrer en mouvement sur la base de connaissances et de convictions nouvellement acquises, grâce à l’effort constant et persévérant des détachements indiqués.

C’est cette configuration sociale qui représente la concordance exacte entre les principes énoncés par les mots et l’ampleur du phénomène qui passe dans les faits: la lutte de classe et de masse.

3) qu’en dehors de cela, pour être un peu imagé, " la pâte ne monte pas" ... l'individualisme triomphe irrésistiblement. La lutte de masse organisée et solidaire le cède  dans le meilleurs des cas à des  convulsions sociales éparpillées  que les exploiteurs ne craignent pas.

Car il ne faut pas se leurrer, l’individualisme n’est pas automatiquement soluble dans la misère laquelle ne suffit pas à elle seule à pousser les masses à la phase décrite, comme trop de gens le croient versant ainsi dans une certaine forme de stoïcisme.

Mais écoutons VARLIN à titre posthume sur cette question de la conscience de classe qu’il lie de toute évidence à un comportement nouveau, plus collectif, des individus. Voici un extrait de ce qu'il écrit dans un article du journal "la Marseillaise du 11 Mars 1870:

"Une des plus grandes difficultés que rencontrent les fondateurs de sociétés ouvrières de tous genres tentées depuis quelques années, c' est l' esprit d' individualisme développé à l' excès chez la plupart des hommes et même chez ceux  qui comprennent que, par l' association seulement, les travailleurs peuvent améliorer les conditions de leur existence et espérer leur affranchissement. Eh bien les sociétés ouvrières ont déjà cet immense avantage d’habituer les hommes à la vie en société et de les préparer ainsi pour une organisation sociale plus étendue.

Elles les habituent non seulement à s’accorder, mais à s’occuper de leurs affaires, à s'organiser, à discuter, à raisonner de leurs intérêts matériels et moraux; et toujours au point de vue collectif (souligné par nous)"

De toute évidence, on perçoit dans cette assertion de VARLIN le germe de toute une vision de la société future dont l’objet fondamental est de supprimer la prison de l’individualisme.

Du même coup on peut mesurer à la fois la difficulté de cette tâche autant que son impérieuse nécessité, mais surtout, le rôle irremplaçable de l’outil organisationnel pour l’accomplir, à la  fois en tant qu’éducateur et gardien de la solidarité, de l’estime et du respect mutuel, même dans le désaccord.   

Il est donc parfaitement clair pour VARLIN que la fameuse conscience collective (qui ne peut voir le jour qu’aux frais de l’individualisme), celle qui est seule de nature à mobiliser, à mettre la masse des travailleurs en mouvement pour LEURS INTERETS DE CLASSE n’a rien de spontané, ni d’automatique.

Bien au contraire, elle ne peut être que le produit  de l’organisation ouvrière.

On perçoit les ravages qui peuvent sévir dans le monde du travail et donc la vulnérabilité qu’il présente aux prédateurs capitalistes, lorsque  cet  "outil" fait défaut.

 

Pourquoi arrivent-t-on périodiquement à la situation du "vase social" qui déborde, le fameux vase qui peu contenir les coups portés, disons, aux intérêts ouvriers, par la classe capitaliste.

Là aussi sévissent les illusions du fameux stoïcisme. Car la contenance du "vase social" n’a strictement rien d’absolu qui tôt ou tard serait soi-disant dépassé. Elle n’est que relative, fonction de chaque époque et déterminée tout bonnement par ce que la classe salariée veut bien ou ne veut pas accepter.

C'est tout simplement la lutte idéologique permanente entre le  camp des exploiteurs et la conscience collective, cette conscience de classe immédiate du prolétariat tout entier en tant que pur produit de l’éducation, qui détermine la "contenance limite du vase".

Ce n’est que de cette manière que se produit le rejet moral massif du préjudice général imposé par le patronat, la bourgeoisie,  liquidant d’office, par la volonté des masses cette fois,  les formes "artisanales" de la lutte revendicative ponctuelle.

Une telle atmosphère implique forcément le recours à l’arme suprême dont dispose la classe exploitée pour contrecarrer sa déchéance et son avilissement: LA GREVE GENERALE.

Selon les cas, la poussée sociale exprime soit la volonté générale de refuser le recul, de rattraper un retard accumulé, ou dans la meilleur des cas de conquérir de nouvelles positions, en réponse aux prétentions et exactions, effectives ou envisagées, de la classe capitaliste.

 

 Voici donc démystifiée l’image du fameux point d’éclair qui n’est en fait qu’une apparence selon laquelle un mouvement social se déclencherait simplement de lui- même parce-que les conditions en seraient réunies (notamment le mal vivre du peuple jusqu' à la misère) indépendamment de toute activité subjective.

L’exposé ci-dessus montre à quel point une telle supposition est erronée. Mais surtout à quel point elle permet à certains petits malins de rejeter la responsabilité de leur faillite ou de leur capitulation sur les masses  elles-mêmes.

A ce point, il convient de prendre de la hauteur pour mieux cadrer l'état actuel du mouvement ouvrier au niveau de ses attentes propres d’une part, et de l’attitude de ses appareils traditionnels en place, d’autre part.

Nous invitons le lecteur à ne pas  borner  sa réflexion à la France, mais plutôt à concevoir que présentement, nous avons à faire à une crise mondiale qui soumet d’office tous les prolétariats nationaux aux mêmes perspectives.

Voici:

Les périodes dites de crise sont particulièrement propices au mouvement ouvrier à une condition: que s’y produise la rencontre d’un regain de conscience (celle dont nous parlons plus haut) et d’une morsure plus douloureuse de l’exploitation.

C’est uniquement cette circonstance qui libère et décuple les forces de l’ensemble du prolétariat, débouchant inévitablement sur une lutte de masse, soit simplement revendicative c’est à dire restant dans le cadre du système, soit  à caractère révolutionnaire, politique, c’est à dire objectant au système et mettant en jeu l’aspiration à en sortir.

On pourrait penser que ces deux types de lutte peuvent se déduire l’une de l’autre et en particulier que la première engendre automatiquement la seconde.

En vérité, il n’en est rien, ce qui a été amplement démontré, tant par la pratique historique que par la théorie.

La seule chose dont on puisse parler sérieusement est  leur lien généalogique, en quelque sorte, qui leur confère l’interactivité, la complémentarité, mais nullement la commutativité. Elles marquent des voies différentes du point de vue des rapports objectifs  et intellectuels qui échantillonnent la société.

Et si en tout état de cause elles peuvent et doivent se stimuler mutuellement, et si même on se doit de dire que l' absence de lutte politique indépendante constitue pour les masses exploitées un handicap de taille, il reste que la lutte économique de classe, donc l'existence  d'un appareil spécifique, demeure en toute circonstance historique (ceci jusqu' à la disparition absolue de toute trace d' exploitation), l' impérieuse nécessité de la classe ouvrière.

C’est dire à quel niveau d’importance se situe ce débat à l’heure actuelle.

 

TEMPS DE CRISE, TEMPS DE MAQUIS SOCIAL POUR LA CLASSE SALARIEE.

 

Nous venons de voir dans l' exposé sur la conscience des masses comment ce qui n' est qu' une simple fermentation sociale quasi-permanente certes, mais simplement spontanée, devient par le travail militant de ce qu'on nomme les directions ouvrières, une véritable éruption dans laquelle la masse atteint la forme et le comportement d'un être collectif, animé pour ainsi dire d'une volonté combattive.

Le propre des temps de crise est de présenter les conditions objectives optimales pour concentrer et mettre en cohérence le mécontentement général épars et de conduire par ce moyen la classe salariée vers l’affirmation concrète de son indépendance.

Ce qui signifie: foin de l'alignement sur les impératifs du système, foin des compromis institutionnels etc....

Mais parallèlement, ces conditions plus stimulantes offertes sur les deux plans (politique et économique) au mouvement  dans les périodes de crises  sont assorties comme on peut s'en douter de devoirs supplémentaires pour les directions ouvrières.

Sans préjudice donc pour la question de la lutte révolutionnaire, éminemment politique, et sans revenir un seul instant  sur le fait évident que cette question essentielle est bel et bien posée par la situation actuelle du monde dans les pays les plus avancés, parlons ici de ce qui intéresse avec urgence les partisans de la reconstruction du syndicalisme de classe: la lutte économique.

L’élément qui s’impose d’office à toute analyse de la situation actuelle est le niveau déplorable de conscience de classe immédiate dans les masses telle que nous l’avons définie plus haut et qui témoigne de la faillite  totale des organisations existantes dans le domaine de l’éducation, du moins telle que la conçoit l’héritage culturel de la classe ouvrière.

A proprement parler, il serait plus juste de dire que tous  les appareils syndicaux traditionnels (qui comprennent désormais le cocktail anarcho-travailliste de S.U.D, échappés de la C.F.D.T à la fin des années 80), se sont transformés en système global  d' "éducation contraire" qui a pour trame l’intoxication réformiste. Tant par les discours que par les actes.

Autrement dit, derrière ses apparences de diversité de sensibilités ou de méthodes, l’ensemble du système syndical français est d’une unique étoffe idéologique: le renoncement à l’indépendance revendicative au bénéfice  de la classe dominante.    Dés lors donc que les directions ouvrières en vue s' attachent a entraîner les masses dans une espèce de corruption passive faisant allégeance au capitalisme en crise, là où celle-ci précisément, ne pourrait que favoriser la montée en puissance de la conscience dans les masses et une meilleure saisie des intérêts de classe, il devient grave de ne pas voir la seule réponse possible désormais, à cette pyramide de malfaisance qu' est devenue de la base au sommet le syndicalisme traditionnel.

 

Nous ne nous étendrons pas ici sur l’énoncé de cette réponse qui est notre raison d’être fondamentale et dont le lecteur peut prendre connaissance en détail dans toute notre littérature, notamment  sur ce site D.P.I.O.

L’opinion générale du monde salarié exprime indéniablement  de ce point de vue un profond rejet, voir un certain dégoût.

Certes, ce rejet n’est pas toujours lui-même d’origine très pure et très honnête.

Il est ici et là entaché d’un individualisme sournois, autrement dit d’un refus viscéral dissimulé de toute organisation ouvrière.

Mais au-delà de cette précaution de discernement, qui sépare l' aversion pour le syndicalisme en général et de tous temps du juste mépris pour la sale besogne accomplie par CE syndicalisme corrompu d' aujourd'hui, il devient chaque jour plus évident  que la nécessité d'un grand mouvement social à l' encontre de l' audace actuelle des capitalistes, en vue d'un regain général de la condition ouvrière et populaire,  fait peu à peu sa place  dans  les esprits.

Autrement-dit, les conditions de légitimité et d'urgence pour que la conscience prolétarienne   "prenne le maquis" progressent.

Mais pour l' heure, face aux terribles coups du capital,  on reste pieds et poings liés, prisonnier de cette incroyable configuration où ceux qui devraient promouvoir et diriger le mouvement travaillent assidument à le contrecarrer, dans l’entente avec le camp d’en face!

Comment est-ce possible par le seul pouvoir de "ceux" que nous désignons?

Mais précisément, ils ne sont pas seuls.

Leur déchéance  entraîne l'échantillon le plus faible de la masse des salariés comme une dynastie royale en disgrâce aurait toujours avec elle une partie de la Cour".

Nous avons toujours dit que le marasme syndical avait deux pôles dont un est prépondérant: le manquement  des directions ouvrières.

L’autre pôle est inévitablement le complément du premier. C’est d' abord l’avilissement puis le dépérissement total de l’intellect ouvrier, de l’intellect prolétarien en général, au sein des masses.

C’est dans cette mauvaise soupe que se détermine peu à peu l’échantillon de ceux qui pensent pouvoir toujours y retrouver leur compte.

C’est la situation dans laquelle on se trouve à l’heure actuelle.

Nous avons dit aussi que ce phénomène de dégradation se manifeste comme une espèce de résonnance sociale qui fait que, jusqu' à un certain point, si l’on n' approfondit pas les choses, on ne sait plus trop, entre les directions  et la masse des salariés, qui a déclenché le phénomène, en quelque sorte, qui a corrompu l'autre.

On prendrait ainsi pour argent comptant  que la corruption idéologique est là par simple fatalité, par simple hasard de l’histoire, comme une espèce de peste qui frapperait de malédiction le monde des exploités.

Notre organisation ne donne pas dans cette considération simpliste, tout comme elle répudie le schéma non moins simpliste du seul besoin de changer les appareils corrompus  pour que tout reparte en bon ordre!

De ce point de vue, nous renvoyons à nouveau le lecteur vers notre littérature statutaire.

En fait la corruption (collaboration de classe) est venue d’en haut, des directions syndicales c’est un fait indubitable, mais peu à peu elle a gangréné une certaine partie des masses, consciemment ou non, par le discours et la pratique régulière d'une espèce de rituel syndical insignifiant car dépourvu de tout contenu de classe.

Impuissant donc aujourd'hui, cela va de soi, à faire reculer la prédation capitaliste imbue de son audace et dont le comportement actuel n’est rien d’autre que celui d’un fauve affamé dans un troupeau d’herbivores!

Le syndicalisme failli est donc à voir désormais comme un monde à part,  communautaire pour ainsi dire, mais pas seulement au niveau des appareils traditionnels, au niveau également de la fraction des masses qui persistent à se manifester sous leurs enseignes et se suffit de  son  expression revendicative comme d'une espèce de second parlementarisme.

On ne peut faire moins que de qualifier ce phénomène de corruption passive, dont le pendant, à l’autre bout est le fait de penser  qu’on puisse tirer son épingle du jeu en cassant tout dans son coin.

Encore ici un autre genre de polarisation: la piétaille du réformisme d'un côté, les excités de l’anarcho-syndicalisme de l’autre!

Lourde responsabilité de directions ouvrières dans cette funeste pagaille, mais de cela, nous en reparlerons plus loin.

Toujours est-il que le syndicalisme « faillitaire » possède de la sorte sa "claque", laquelle n’a en tout et pour tout d’utilité que celle d’entretenir son existence parasite.

Nous sommes ainsi en présence d’un système complètement factice qui constitue une véritable  armure pour la classe dominante.

C’est donc cet ensemble qu’il convient de liquider, sachant qu’il est à coup sûr minoritaire et de loin par rapport à la masse de mécontentement et de colère des exploités.

Mais revenons aux conditions créées par la crise actuelle et à ce que peut signifier dans les conditions décrites l’expression que nous utilisons: "prendre le maquis social"

Le bon sens indique sans l’ombre d’un doute ce que devrait être le niveau de riposte à l’audace et aux prétentions capitalistes qui marquent cette crise de son sceau particulier, inédit pourrait-on dire.

Il est évidemment tentant d’entretenir comme certains le font, l’illusion que c’est dans les luttes elles-mêmes (mais quelles luttes et sur quels mots d’ordre et à l’incitation de qui) que se trouve la clé de l’assainissement, de la relance du syndicalisme de classe.

Rien n’est plus faux,  nous y viendrons plus loin.

Car ce genre de fiction bon marché ne fait que mettre la charrue avant les bœufs.

S’il s’agît simplement de casser le monopole des jacqueries actuellement en cours, et jalousement tenu par la trahison, on ne voit pas l’utilité d’un tel schéma, ne faisant que morceler un peu plus les luttes et démanteler un peu plus la conscience collective.

Mais s’il s’agît du niveau de riposte dont nous parlons, c’est à dire la grève générale alors on tombe sous le coup de l’art militaire pur et simple. On ne peut s’y dérober. Or, n' importe quel esprit lucide comprend que la victoire d’une armée ne dépend pas que de ses forces potentielles mais aussi, et souvent principalement, de la façon de les mobiliser et de les utiliser.

Ici se rencontrent tous les éléments du combat: Enjeu, stratégie, tactique, état-major.

Posons- nous donc  les bonnes questions:

1) A partir de la pétaudière corporatiste et individualiste actuelle, quelle base revendicative commune,  peut émerger d’un coup et faire l’unanimité, base de mobilisation générale en dehors de laquelle ce n’est même pas la peine d’envisager le moindre mouvement face à la logistique et aux moyens actuels de l’adversaire de classe.

2) A part nos "faillitaires" devenus valets du système, de quel état-major, c’est à dire de quelle organisation connue, reconnue, honnête, dispose aujourd'hui  le prolétariat pour conduire la préparation et le déclanchement d’un tel affrontement et en assumer le succès jusqu' au bout, puis la suite pour éviter toute réplique et tenir comme il se doit l’adversaire en respect.

Si la théorie selon laquelle  les  luttes doivent à présent  venir au secours du vide organisationnel répond à ces deux questions sans se couvrir de ridicule, alors nous sommes prêts à faire amende honorable! (le lecteur verra à ce sujet l’analyse faite au chapitre "Reconstruction et grève générale")

Mais il faudrait pour cela (ce que nous verrons à l’aboutissement  de cet exposé) que l’histoire du mouvement ouvrier ORGANISE n’ait pas déjà démontré le contraire.

Dans la situation présente, la métaphore du "maquis social" ne vise donc pas l’entrée en lutte elle même mais son préalable incontournable, la constitution de l’outil inexistant. Pour ainsi dire l’appareil de guerre économique du prolétariat débandé par la bourgeoisie.

Elle s’adresse par ailleurs, à priori, aux éléments sains du militantisme ouvrier, avérés ou potentiels, disséminés par rapport au marasme actuel, mais s’ interdisant de renoncer à leur droit d’aînesse pour un quelconque plat de lentilles et demeurant ainsi dignes de l’héritage.

C’est d' abord à cet échantillon que revient la tâche organisationnelle assimilable à un véritable maquis c’est à dire qui se fait en marge de l’espace conventionnel,  et dont le travail initial, SOUS SON ENSEIGNE PROPRE, n’est autre que la désintoxication et la rééducation des masses exploitées mettant de fait au rebut les appareils malfaisants (de bas en haut).

 

Notes :

1) Exposé de base sur les catégories économiques marxistes.(cf page 5)

La formation sociale capitaliste est fondée sur la production et l’ échange de valeurs marchandes dont la  source essentielle est le travail créateur accompli par la classe ouvrière, c’ est à dire l’ ensemble des travailleurs utilisés au temps et au lieu des divers  procès de production.

Soulignons que les valeurs marchandes ne se réduisent plus de nos jours aux seuls objets matériels. Avec le développement de la société, l' évolution des besoins a fait apparaître ce que l' on nomme des "services", lesquels, tout en ne donnant lieu à l' apparition d' aucun objet, n' en cristallisent pas moins leur valeur dans l' effet consommable immédiat qu' ils produisent.

Quant à la mesure de cette valeur, ce qui lui confère l’échangeabilité, elle n’est rien d’autre que le temps social moyen que dure le procès indiqué.

Naturellement, cette définition au sens strict ne méconnaît aucune étape du dit procès qui de nos jours, par rapport à sa forme basique d’ origine, est devenu très complexe, et inclue de fait des catégories de travailleurs qui ne sont plus exclusivement manuels.

Mais il demeure que le seul agent de la valeur sur laquelle est assise le système, reste après comme avant l’ acteur immédiat du procès de production, quelle que soit la nature et la forme du produit.

La qualité de « valeur » ou valeur d’échange s’applique à tout produit marchand, qu’il soit lui-même un moyen de consommation ou un moyen de production, c’est à dire un bien matériel entrant à son tour dans un quelconque procès de production.

Il résulte de cela que la valeur d’un produit jeté dans la circulation du marché est l’addition de deux segments radicalement différents :

1) la partie qui transmet généralement sa  valeur, et strictement sa valeur, à la hauteur de la quantité consommée, soit physiquement, soit virtuellement par fractions. (Ce que l’on nomme   « amortissements »), cette partie se désignant par le terme de valeur simplement transmise, soit « capital constant »

2) la partie créée de toute pièce dans le procès de production lui-même par la seule action  de la force de travail sociale qui y est affectée. Cette partie de la valeur du produit se désigne par le terme global de « valeur créée » c’est à dire entièrement nouvelle.

Ce deuxième segment donne lieu à une répartition sociale qui n’a absolument rien de naturel ni d’immuable,  fondée  sur le postulat historique de la propriété, et qui détermine une part destinée à la stricte  reproduction de la classe travailleuse et une autre que s’approprie la classe capitaliste, (tenants du capital social constitué de l’ensemble des moyens matériels de l’économie). 

De cette subdivision naît la terminologie de plus- value, puisqu’ aussi bien, elle implique de fait  un fonds dit « capital variable » (on comprends pourquoi) destiné à la classe laborieuse préalablement à la mise en circulation du produit, et qui fixe en soi à l’avance l’équivalent de la partie de valeur créée par elle  et destinée à acheter sa subsistance.

Il s’en suit que la partie restante de la valeur créée constitue pour la classe capitaliste  un excédent sur le capital total avancé, justifiant  sans conteste le terme de « plus-value »

On est bel et bien là en présence du schéma de l’extorsion, laquelle se traduit  in fine par l’apparition d’un excédent sous forme argent connu sous le nom de profit.

 

Prochainement sur ce blog D.P.I.O :          

 

2) Exposé sur le caractère normal et implicite de la spéculation financière sous le capitalisme (cf page 5)

3) Exposé également  sur la contradiction apparente entre la baisse tendancielle du taux de profit et ce que nous appelons l’hypertrophie générale du profit.(cf page 6) 

 

 

Suite à paraître prochainement : Etude sur le réformisme.

 

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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 15:13

 

Notre organisation D.P.I.O a jugé utile de présenter ici cette préface à des extraits substantiels de l'œuvre de MARX indiquée dans le titre. Le livret complet est disponible et pourra être envoyé sur simple demande par courriel à: reconstruction.dpio@free.fr

 

On nous pardonnera sans doute la médiocre qualité technique de cette brochure car nous sommes astreints comme tous les militants ouvriers honnêtes de cette époque trouble à faire selon nos moyens.En tout état de cause cela ne doit pas affecter son intérêt didactique.

Nous sommes de ceux qui pensent que l'œuvre marxiste dans son ensemble est indissociable du mouvement ouvrier, que ce soit sous son angle politique ou économique. Et pourtant elle souffre paradoxalement d' autant de  méconnaissance que de déformation. Le choix du texte présenté se justifie par les notions fondamentales qu'il expose et tout naturellement les questions qu'il peut soulever dans l'esprit du lecteur non initié à cette littérature.

 

Mais comment lire les écrits du marxisme de nos jours?

Répondre avec pertinence à cette question, c'est essentiellement se libérer des formules lapidaires en provenance directe des cercles de propagande de la bourgeoisie, grande ou petite. Dans le genre: MARX, c'est dépassé, les choses ont changé, etc… Car ces formules simplistes et perfides ne font qu'inviter la classe exploitée à la paralysie intellectuelle en spéculant sur une apparence surannée de la littérature marxiste. Elles sont à la fois révérentes, obséquieuses et pédantes.  Et c'est là le danger: éviter la réfutation dans laquelle ont se casserait à coup sûr les dents, exprimer comme une espèce de reconnaissance hypocrite pour le passé, pour mieux se débarrasser d'une mise en cause du présent.  En effet, si l'on s'en tient à la lettre, on risque fort de tomber dans le piège. On s'interrogera ça et là sur le rapport du capitalisme actuel avec les grandes crises cotonnières, sucrières ou charbonnières d'autrefois, les déroutes des compagnies de chemins de fer, les scandales industriels et autres banqueroutes en cascades...

Et de proche en proche, on pensera qu'on est loin du tumulte, des tempêtes qui marquèrent le premier essor.

On s'étonnera si l'on ne se surprend à en sourire, des références à la journée de 10 ou 12 heures, du travail de forçats imposé y compris aux femmes et aux enfants.  On estimera impensable que la condition ouvrière, la condition générale des salariés, puisse désormais être soumise à la brutalité capitaliste connue à l' origine, qu'il s'agisse du temps ou des conditions de travail et d' existence, du salaire.

 

Mais réfléchissons un peu sur l'évolution en cours depuis une bonne trentaine d'années:

Pour autant qu'elles soient masquées et éclusées par les deniers publics, les carambouilles d'Eurotunnel, Eurodisney et autre Crédit Lyonnais ne sont-elles pas des indicateurs de la constance du système?  En quoi les faillites récentes d'  "Hypo-Real", banque allemande impliquée  dans des investissements européens pharaoniques (genre viaduc de Millau), et Lehman Brothers effondrée dans la purulence économique américaine, etc. diffèrent-elles des krachs industriels, financiers et commerciaux du 19ème siècle? L'écrasement continuel du taux  de salaire, (direct et indirect) sous le feu de l'audace patronale dopée par la boulimie du profit ; la permanence quasi "normalisée" du chômage massif, de l'exclusion; des contingents de travailleurs pauvres voués à dormir à la belle étoile, ne serait-ce pas suffisant pour l'éveil des esprits lucides?  Comment ne pas voir plutôt dans ce pourrissement social une connexion de principe évidente, avec les légions d' ouvriers détruits à la tâche pour des "queues de cerises", les  femmes et les enfants tuant leur sommeil et leur vie dans les mines et les sous-pente  des filatures  ou dans les blanchisseries industrielles, sous le capitalisme d'antan?  Tout cela ne serait-il qu'accidents de parcours dans un système qui aurait bon an mal an trouvé ses marques?  Voilà qui est tout de même un peu mince pour reléguer le marxisme au musée inoffensif des philosophies anciennes. Quant à la crise tous azimuts dans laquelle le monde est en train de plonger, on ne saurait dire non plus qu'elle apporte de l'eau au moulin des sycophantes du capital.

C'est en partant de ce recul, de ce discernement nécessaire entre l'enveloppe temporelle et la nature profonde de cette société que l'esprit avisé lira les œuvres du marxisme, tout comme l'on peut apprécier les  grands écrivains pour des valeurs esthétiques et un réalisme  humain, libérés des contingences de leur période. Lire les œuvres du marxisme de nos jours, c' est en percevoir l' essence  éminemment scientifique qui lui confère un caractère universel d' outil d'analyse et de réflexion sur le développement historique de l'humanité. C'est ne pas se laisser abuser ou égarer par l'évolution des apparences et des formes sans cesse renouvelées de l'exploitation, toujours aussi impitoyable, même sous les fards des bouleversements scientifiques et technologiques.

Marx et Engels, principalement, nous parlent des produits de leur époque, des  industries, des monnaies et unités de mesure de leur époque, des rapports nationaux et internationaux de leur époque(comment auraient-ils pu faire autrement?) comme matières premières d' un grand laboratoire d' économie politique en vraie grandeur. Si la partie la plus visitée de ce "laboratoire" est l'Angleterre, ce n'est pas par hasard, c'est seulement que ce pays dont le capitalisme à  l'étape considérée pas loin d'un siècle d'avance, est alors le plus représentatif du sort qui attend le reste du monde. Au delà des mètres de toiles, des habits, des quarters de blé et autres références monétaires  à la livre, au shilling, à l'or et à l'argent, l'esprit avisé et pertinent à tôt fait de transposer, sans tenir rigueur le moins du monde à Marx de "n'avoir pas connu l'atome, le laser ni l'Euro".

C'est donc à partir d'un travail monumental d'observation, d'étude et d'investigation que l'analyse marxiste  conduit aux termes généraux et intangibles des rapports de classe qui sont au fond des rapports matériels étroitement liés à une forme historique de la propriété.

Ainsi l'œuvre marxiste n'exprime-t-elle pas une opinion ou une quelconque volonté intellectuelle. Elle démonte et explique un mécanisme en allant à la fois bien en deçà et bien au delà des économistes de son temps. Au-delà de toutes les sophistications qu'elle a connues depuis son stade embryonnaire, la société capitaliste reste de ce point de vue inchangé. Les catégories économiques telles que valeur, salaire, prix, plus-value, profit, relatives au travail productif et élucidées dans la présente brochure sont, que l'on  sache, toujours à l'ordre du jour. Elles ne sont au total que l'expression concrète des fameux rapports de classe et de propriété. Et leur analyse n'est autre que le raisonnement "générique" applicable non seulement à l'ouvrier, mais au salarié en général.  A ce sujet, les prétendants permanents aux funérailles du marxisme ne manquent jamais de décréter comme périmé le terme "Classe Ouvrière".

Il est clair que l'évolution fulgurante de la division  de l'organisation et de la parcellisation du travail, des méthodes et procédés de production, la foison continuelle de nouveaux produits et services entraînant une ébullition permanente dans la naissance et la mort des métiers et professions, ont singulièrement bouleversé la donne et la composition du monde salarié. Il est donc évident que la création de valeur est devenue le fait d'autres catégories, salariées ou pas, que celles appartenant traditionnellement à la classe ouvrière d'origine.

Il est également visible que la dissémination à pris le pas sur les grandes concentrations industrielles mais tout ceci ne conduit nullement à la révision des thèses marxistes, ne faisant au contraire qu' appeler à leur enrichissement.

Car il n'en reste pas moins que pour sa quasi totalité, le travail productif, seul créateur de valeur, demeure après comme avant, bel et bien  assumé par la classe ouvrière moderne, dans la continuité de ses racines et de ses rapports historiques avec la classe exploiteuse. Comme l'a toujours souligné Marx lui-même, le capitalisme se présente dans l'histoire comme un formidable moteur de développement matériel et humain,  et  pour résumer le philosophe, finit à terme comme une machine à broyer....

Le lecteur aura à cœur de percevoir comment la connaissance, éclairant la conscience et la lutte des masses opprimées et en premier lieu celle du prolétariat moderne, peut et doit aider à vaincre et détruire cette machine, nonobstant les défaites passées.

 

 

 

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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 16:45

Le Syndicat  D.P.I.O a tenu le samedi 27 septembre dernier son assemblée générale.

Nous rappelons au lecteur que cette organisation lutte depuis de nombreuses années contre la trahison des appareils politiques et syndicaux traditionnels, censés promouvoir les intérêts ouvriers, mais qui dans leur ensemble se sont vautrés dans la fange réformiste issue du 10 Mai 81.

La dite assemblée s’est  déroulée dans le cadre d’une situation politico-économique mondiale particulièrement critique qui n’est pas sans alimenter une certaine angoisse.

Elle n’a pas manqué de constater et d’analyser à chaud les contorsions dialectiques des valets du capital  (Chef de l’état et de gouvernement, ministres, politicards bourgeois etc.) pour essayer de défendre bec et ongle le système périmé qu’ils entendent maintenir  afin qu’une poignée de parasites puisse continuer à s’empiffrer

de leurs privilèges au prix de la misère et de la galère croissante des masses exploitées.

Nous ne rentrerons pas dans le détail ici afin de ne pas amortir l’impact essentiel de ce communiqué.

Car même si l’on peut aisément faire litière des arguties officielles jusqu' à rire de leur ineptie, il est à craindre que l’enjeu majeur remis au premier plan par cette crise puisse hélas passer inaperçu pour la grande majorité du prolétariat lui-même, intoxiqué qu’il est par l’idéologie dominante.

La partie n’étant que remise, Il s’agît plutôt de dénoncer avec la plus vigoureuse énergie le comportement écœurant (pour rester poli) des représentants en vue et structures attitrées de la classe salariée, face à une situation qui exprime à l’évidence la justesse des analyses marxistes du capitalisme, et le danger catastrophique qu’il représente à terme pour l’humanité, si la révolution sociale et politique ne parvenait pas, sans trop tarder, à y mettre fin.

Pour résumer, le comportement indiqué n’est rien moins qu’un pitoyable et tacite soutien de principe au "système", pour lequel l’image du colosse au pied d’argile est pourtant aujourd'hui devenue flagrante et dont il saute aux yeux que ni doléances, ni pleurnicheries ni rodomontades de circonstance ne sont de nature à infléchir le moins du monde le cours redoutable de son pourrissement.

Rien donc, absolument rien de la part de ces méprisables cireurs de bottes, sur la nécessité historique de son renversement.

C’est ainsi que l’organisation D.P.I.O ne peut que renforcer ses convictions et sa détermination à poursuivre sa contribution à la seule issue permettant désormais la sortie de l’oppression combinée par les maîtres et cautionnée par les traîtres.

 

C’est à cette issue, à cette noble tâche sous le titre de "RECONSTRUCTION DU SYNDICALISME DE CLASSE", que nous appelons instamment et appellerons sans relâche les salariés qui en comprennent l’enjeu dans la période actuelle.

 

Pour l’assemblée Générale D.P.I.O

Le Bureau Central d’organisation

 

Samedi  30 Septembre 2008

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3 juin 2007 7 03 /06 /juin /2007 11:46
RECONSTRUCTION DU SYNDICALISME DE CLASSE:
         EVITER DESORMAIS LES COUPS D’EPEE DANS L’EAU
 
 
                Depuis le concordat pourri de Mai 1981, un long processus de décomposition des organisations ouvrières de classe s’est enclenché.
Certes, les virus du réformisme et du corporatisme étaient déjà introduits depuis pas mal de temps aussi bien dans les appareils dirigeants que dans leurs porteurs d’eau pervertis.
Mais le mal était encore contrôlable, le ressaisissement possible.
Le caractère grave du fameux "pacte" est son oeuvre de scellement définitif de la déchéance.
La liquidation programmée des principes de classe, constituants essentiels, traditionnels doit-on dire, du mouvement ouvrier, notamment en France, a accéléré le pourrissement.
C’est ainsi que, rapidement, tout redressement de l’intérieur s’est trouvé de fait voué à l'impuissance. 
Peu de gens ont perçu qu’un point de non-retour serait tôt ou tard atteint, mettant dans l’obligation les éléments sains de la lutte économique et politique, (c’est à dire les éléments réellement acquis au marxisme-léninisme (à ne pas confondre avec ceux s’en réclamant par opportunisme), de faire scission.
Mais la possibilité d’une scission n’ayant pas été saisie, elle s'est éloignée à son tour, définitivement. Pourquoi ?
Tout simplement parce qu’avec le temps, l’indécision, l’hésitation, les spéculations et chimères fractionnistes deviennent ni plus ni moins que des complicités.
On devient à coup sûr complice d’une situation que l’on tolère, puisqu' on ne la combat pas avec l’énergie et la clarté qui s’imposent. On louvoie, on atermoie, on « grenouille » d’un clan à l’autre dans une médiocrité sans nom et sans jamais avoir le courage d’assumer ouvertement la rupture. On reste immergé dans la fange de la trahison, et l’on finit par s'en contaminer et en rependre la puanteur qu’on le veuille ou non.
Il devient par suite impossible pour quiconque a pris goût à cette soupe douteuse de s’en défendre d’un coup, comme si le marasme datait d' hier, d’utiliser en quelque sorte le mot"scission" comme un passeport d’innocence.
Telle est la base actuelle de la situation politique et économique du mouvement ouvrier:
-la faillite consommée, irréversible, irréparable en soi, des organisations ouvrières en principe dépositaires des principes et de la conscience de classe, face aux besoins toujours plus impératifs de la lutte,
-la scission devenue impossible, faute d’avoir été initiée à temps par les forces saines subsistant jusqu' à un certain point dans la sphère des organisations connues.
S’agissant du moins de la reprise effective du flambeau de la lutte de classe.
 
C’est bel et bien cette situation qui permet que se reproduise à l' envi l’échec d’importantes impulsions sociales invariablement stoppées au pied du mur de la grève générale.
De ce point de vue, le grand mouvement anti-C.P.E ne diffère pas des précédents, notamment 1995 et 2003, dans sa caractéristique essentielle: sa fin avortée permettant une sortie honorable au gouvernement qui n’est autre que la reconversion de la galère envisagée pour les jeunes salariés en avantages financiers au patronat!
C’est cela que le réformiste pur jus Bernard THIBAULT, et sa clique, habituelle ou de circonstance, ont eu le front de qualifier de "grande victoire de l’unité".
Cette conception cynique de la victoire est sans doute inspirée d' un état des lieux (social) ou les impayés de salaire indirect ( cotisations sociales) résultant des cadeaux de l' Etat au patronat atteignent à ce jour le niveau faramineux ( avoué) de 5 milliards d' euros!
(Et il s’en trouvera encore, dans la bêtise publique, pour penser dur comme fer que le déficit des caisses est la faute des "étrangers")
En outre, il convient d’observer que ce mouvement a montré une masse salariée contenue avec une facilité déconcertante (par ses syndicats) à la remorque voire en retrait du front "étudiant lycéen" sur une question les concernant pourtant au premier chef!
C’est dans ce cadre que nous nous proposons:
 -de rappeler que la crise actuelle n’est pas la première dans l’histoire,
-d'indiquer précisément par référence à l’expérience historique la seule voie honnête et fiable pour en sortir désormais. (Voie à laquelle doivent s’employer hardiment et sans craintes toutes les forces conscientes et volontaires du prolétariat moderne)
-de dénoncer toutes les formes d’activisme sournois qui sous couvert d’apporter des réponses
conciliantes à cette crise du mouvement ouvrier, ne font que la pérenniser en égarant les esprits honnêtes. Ne visant rien d’autre au total que la place du calife dans le système déchu!
 
Mais reprenons pour le moment le fil de notre exposé.
 
LA CRISE ACTUELLE N'EST PAS UN PRECEDENT HISTORIQUE
 
Certes, le moral combatif du prolétariat contemporain est mis à rude épreuve. Il est d’autant plus utile de faire savoir que comme toute situation historique, le mouvement social engendré par le capitalisme à connu périodiquement des alternances fastes et néfastes.
Comment, au fond, imaginer les choses autrement tant que l’humanité vivra sous le régime des classes, c’est à dire tant que les enthousiasmes, les peurs, les vertiges, les faiblesses, les méprises, et les corruptions auront la possibilité de s’entrelacer pour brouiller les pistes du progrès et de l’émancipation.
Est-ce une raison pour renoncer? En aucune manière, puisqu' aussi bien tout esprit attentif peut juger que le train de l' histoire avance, selon un itinéraire pénible certes, mais bien dans le sens convenu et qu' il ne faut jamais redouter les arrêts intermédiaires, et encore moins les confondre avec le terminus.
A ce propos, quel prolétaire tant soit peu averti n' a au moins une vague connaissance des espoirs, déboires et rebondissements attachés pour l' Europe au dates de 1848, 1871, 1905, 1912, 1917, 1936, 1968 etc...
Comment croire que la flamme de l’émancipation puisse s' éteindre sur une simple date?
Précisément, parmi ces dates caractérisant la marche générale du mouvement ouvrier, il en est deux, consécutives (1912 et 1917), qui ne sont que trop méconnues pour leur charge symbolique et leur portée didactique a propos de l’opportunisme qui infecte la période présente.
Expliquons-nous:
En 1912 eu lieu le congrès socialiste (la signification de ce terme est à replacer dans son époque, cela va de soi) de Bâle où furent prises des résolutions historiques majeures pour la classe exploitée.
A peine cet élan était-il pris que d’aucuns s’engageaient dans la voie méprisable de son reniement cautionnant ainsi la boucherie impérialiste de 1914-1918.
Le gant fût pourtant relevé en octobre 1917... et l’humanité, à commencer par la classe ouvrière mondiale doit à la phase qui s’en suivit un progrès sans égal, n' en déplaise aux esprits chagrins, aveugles ou malveillants.
Au moment où se présente la nécessité de reprendre le flambeau, n’est-il pas important d’avoir ces enseignements présents à l’esprit, dans la mesure, justement où la tâche à accomplir consiste essentiellement à surmonter la trahison, laquelle constitue aujourd’hui l’arme principale du capitalisme pourrissant.
Surmonter et vaincre la trahison "installée et soutenue dans son propre camp par l’adversaire de classe. Telle se présente la tâche dévolue actuellement aux détachements les plus conscients et les plus volontaires du prolétariat moderne, après le manquement aux deux niveaux de riposte successifs qui eurent permis de sauvegarder l’essentiel : l’héritage idéologique d' une part, l’outil (c’est à dire l’organisation) d' autre part.
 
ANALYSES ET OPTIONS. LE BOULET DU "RECYCLAGE BUREAUCRATIQUE"
 
 Le fait que la reconstruction reste en plan devant une telle urgence oblige à en fouiller les raisons dans la mesure, surtout, où il est quasiment certain que le minimum requis de forces militantes existe, disséminé dans l’attente d’un quelconque signal.
Et l’on est conduit dans les conditions indiquées, à comprendre l’effet négatif, dissuadant, car générateur d'illusions et d'attentisme, des gens qui, un pied dehors un pied dedans, (par rapport à la faillite) tout en se réclamant à grands cris de l’héritage, se dérobent, se refusent à assumer la tâche incontournable de la reconstruction d’une organisation à part entière, définitivement indépendante de la communauté capitularde, donc proclamée"à part".
Du moins, sentant bien que la question décisive de l’outil ne peut être complètement ignorée, ils y répondent par les pirouettes les plus diverses qui visent toutes la réhabilitation des structures traditionnelles par le moyen d’une secrète alchimie selon laquelle une certaine minorité restée saine redeviendrait victorieusement la majorité…à l’heureuse et sempiternelle faveur d’un prochain congrès, qui sait ?
Tout cela n' a d' autre effet que la pérennisation des appareils véreux et de leur claque réformiste de base, en dépit d' un environnement de critiques et d' attaques qui passe sur eux à peu près comme l' eau sur du beurre, puisqu' aussi bien, ils font à présent partie intégrante des institutions et rouages annexes de la république bourgeoise, baptisés officiellement "partenaires sociaux"et soutenues financièrement comme tels.
Au regard de l' urgence actuelle en effet, que peut-il sortir de tangibles comités, de collectifs, et autres "pôles" recherchant visiblement à se constituer une espèce de"cour" par la séduction d' une opinion moyenne favorable, ménageant par principe la chèvre et le chou, mélangeant pour cela opportunisme, révisionnismes, néo philosophie et discours radical, et à partir de là, autour des personnalités les plus habiles à cet exercice, réaliser une structure que l' on qualifierait tôt ou tard ( mais surtout pas à priori!) : ici de parti réanimé, là de syndicat réhabilité, mais seulement si les choses se déroulent sans accroc! Rien d’autre en quelque sorte que des méthodes "centristes" sans caractère.
Accompagner ce type de démarche, négation même de toute logique dialectique et de toute expérience historique, de déclamations sur l’attachement à ce que nous appelons "l’héritage" ne relève-t-il pas de la plus grande impertinence!, et pourquoi ne pas le dire de la plus grande malhonnêteté!
A la vérité, il s’agît là de l’exploitation insidieuse de la bonne foi militante autant que du spontanéisme des masses, hors de toute notion de direction du mouvement réel, simplement enjolivée par de la phrase.
Dans cette configuration, il ne peut s’établir aucun lien concret entre les masses en lutte et une quelconque enseigne connue pour sa permanence.
Il est donc impossible à plus forte raison de créer un quelconque point de départ à partir des périodes sociales chaudes, pour des rapports durables et une réorientation didactique de la classe salariée, puisque les mots d' ordres, pour peu qu' ils parviennent jusqu' aux oreilles des masses en lutte se trouvent nécessairement parqués dans le suivisme défensif, base de l' éducation quotidienne actuelle de la classe salariée, espace dans lequel la trahison règne précisément et définitivement en maître.
Or la solution du problème réside notoirement en dehors de cet espace à l’intérieur duquel, il est devenu totalement impossible de "ravir, de " séduire" pour ainsi dire. Puisqu' aussi bien, la matière essentielle à cette "séduction", à savoir la conscience de classe fondée tant sur une éducation à caractère définitif que sur la volonté de la mettre en oeuvre   y est plus que moribonde et que les masses qui embrayent dans ces ébullitions périodiques ne sont plus réceptives qu' à un seul langage: celui de la réforme, c' est à dire celui d' un capitalisme que l' on amènerait progressivement à la raison, un point c' est tout.
Ainsi avons-nous à faire dans cette longue marche de la décadence, à un véritable envoûtement des masses par le fameux syndicalisme d’accompagnement, c’est à dire ni plus ni moins que le trade-unionisme anglo-saxon né à la charnière des 19ème et 20ème siècles!
En conséquence de quoi ces laboratoires à bavardages ne font qu’alimenter le stratagème  des appareils corrompus : contrôler sans diriger ni éduquer.
Car à la différence des maîtres d’oeuvre de la trahison, les gesticulateurs que nous pointons ici du doigt, n’ont ni l’emprise sociale assise sur l’usurpation historique, ni les moyens médiatiques correspondant, et encore moins cela va de soi, le soutien en sous-main des valets et maîtres du capital.
L’observateur ne doit pas se tromper dans l’analyse de cette méthode de recyclage bureaucratique ni sur le compte de ceux qui l’animent, ni sur le compte de ceux qui sont destinés tôt ou tard à y souscrire.
Pour les premiers, ils sont effectivement de ceux qui pour initier une quelconque proclamation devraient au préalable avaler la soupe amère de l’autocritique et constater en définitive leur propre mise à l' écart pour cette entreprise de reconstruction.
C' est pourquoi ils ont opté pour une lente prise de distance sans trop de bruit ni de vagues.
On les retrouve aujourd'hui à la pointe de ce qui n’est qu’une dissidence, mais qui n’en finira jamais de couper le cordon ombilical, et pour cause.
Quant à ceux qui tôt ou tard viennent à y souscrire, on ne saurait trop rappeler les jugements sans concession selon lesquels Friedrich ENGELS lui-même qualifiait le prolétariat anglais de la fin du 19ème siècle de "Prostituée" de sa bourgeoisie.
On peut juger de ce que signifierait un nouvel appareil ouvrier alimenté par cette espèce de suintement insidieux, de bureaucrates et carriéristes de toutes envergures venant tout droit du corps de la faillite en décomposition!
Ceci pour dire que la gangrène est aujourd'hui profonde et que la lutte de masse n’est plus à l’heure actuelle une attestation suffisante de son propre caractère de classe.
Nous avons déjà développé cette thèse dans notre manifeste, soulignant notamment que la déchéance qui frappe le mouvement ouvrier à notre époque ne se résume pas, loin s’en faut, à la vision simpliste de l’opposition entre les chefs et les masses.
La trahison ne peut prospérer au niveau où elle se trouve que par l’existence d’une masse de "petites pointures" convaincues que l’histoire s’arrête tout bonnement à la lutte dans le cadre du capitalisme et strictement pour son amélioration.
Des multitudes de gens de cet acabit peuvent parfaitement agiter le drapeau de la condition ouvrière aujourd'hui et veiller demain à leurs intérêts de "petit porteur".
N’oublions pas que les actions de France Télécom ont fait un tabac dans le personnel.
A partir de là seulement, on peut raisonner sans se laisser abuser ni par les propos ni par les images médiatiques qui ne sont que poudre aux yeux par rapport à la réalité idéologique profonde des masses, de nos jours.
C’est bien de tout ce bourbier dont il est nécessaire de sortir et l'on doit pour ce faire être libre de tout hypothèque d’un passé que l’on entend répudier.
En conséquence de quoi, on a beau tourner et retourner la question. On en revient toujours à voir que l’option ci dénoncée pour le traitement du marasme, n’est pas qu’innocemment réfléchie, elle désigne nécessairement une nature profonde des gens et des objectifs. Il n’y a que tricherie à essayer d’accréditer le contraire.    
Il devrait donc être évident que la seule voie sûre qui demeure désormais à la disposition de tous ceux qui se refusent à jeter le manche après la cognée, est celle de la proclamation et de la RECONSTRUCTION patiente et méthodique dans un espace vraiment assaini.
Il va sans dire que l' effort est de taille et ne peut s' adresser qu' à des gens volontaires et situés dans l'échantillon le plus conscient et le plus déterminé du prolétariat, de la classe salariée dans son ensemble.
Il ne suffit donc pas de tours de passe-passe pour recycler la matière bureaucratique dégénérée et la resservir en guise d’appellation contrôlée. Il s’agît bien de rompre avec cette  cuisine malodorante pour revenir à la matière d’origine dans un espace débarrassé des miasmes de l’opportunisme et de la collaboration!
 
 
LES FAUSSAIRES A L’OEUVRE 
 
Nous allons voir à présent que, dans cette industrie du recyclage bureaucratique, certains ne rechignent pas devant les méthodes de faussaires qui pourraient bien, au fond, non seulement exprimer ce que l’on sait c' est à dire leur rejet de principe de la reconstruction, mais traduire au surplus une volonté affirmée d' en saboter toutes les chances. 
Il s’agît ici en particulier de gens qui se targuent de travailler à la renaissance du mouvement politique communiste, vocable qu’aucun salarié n’ignore et dont aucun en tous cas n’a à rougir, sauf pour faire le beau devant la bourgeoisie !
v
Mais leur activisme ne s’arrête pas au domaine politique. Leur vision, consistant simplement à régénérer l’espace corrompu par un discours ronflant proche du "marxisme légal" et le remplacement du calife, est également initiée vers le milieu syndical.
Les ayant clairement désignés par leur sigle PRCF, il nous faut dire en quoi la fustigation de leur démarche, la simple indication, même, de leur existence, peut bien venir faire dans le débat sur la reconstruction syndicale que nous prônons. Voici
Chacun doit savoir que le Bureau de la D.P.I.O ne reste pas les deux pieds dans le même sabot, à attendre sans bouger que la providence amène la reconstruction sur un plateau d’argent.
Notre organisation traverse une de ces périodes que nous avons déjà connues dans le passé ou l' activité organisatrice doit venir au secours d' une dépression de la lutte pratique, de l' action revendicative proprement dite, donc du rayonnement.
Dans cet ordre d’idée, le bureau s’attache à établir des contacts voir des liens avec d’autres initiatives militantes, tel que le définissent nos statuts.
C’est ainsi que dans la période de la lutte anti-C.P.E, nous avions eu vent de l’existence d’un "collectif de défense du syndicalisme de classe".
Suite à de multiples contacts et entretiens de vive voix,  nous voilà invités le 8 avril 2006 à une assemblée sous le titre indiqué dans une salle parisienne.
Mais quelle ne fut pas notre déception de voir que ce label prometteur (enfin!) n' était autre qu' une dérisoire fronde interne sur le thème "sauver la CGT", allant de la fustigation de la direction "thibausienne" à l' auto satisfaction des cégétismes locaux ou sectoriels, ici ou là en passant par les délires trotskistes prônant des appels on ne sait à partir de quelle base organisationnelle fantomatique, le tout sous le signe... du programme social du conseil national de la résistance!
N' importe quoi! (sauf, naturellement, le mérite que l’on doit reconnaître à ce programme, à son époque!)
Quelques argus de la bureaucratie dont la présence était facilement repérable pour tout esprit averti devaient bien s’amuser en secret de cet éclectisme gesticulatoire.
On se doute naturellement dans une pareille ambiance, de la manière hostile dont fut accueillie notre tentative d’intervention (thèses sur la faillite syndicale et la nécessité de la reconstruction...) : la censure la plus brutale d’un président de séance venu tout droit du secteur syndical CGT des transports et qui veillait à ce que le débat ne dépassât pas le cadre de la nostalgie.
En fait, nous découvrions que ce meeting n’était qu’une minable contrefaçon de son propre mot d’ordre destiné à complaire aux visées du fameux P.R.C.F, avec la présence affichée dans la salle de son principal dirigeant et idéologue: Georges GASTEAU, complétant naturellement la présence active à la tribune, entre autres, de notre sympathique contact en l’espèce: un certain Benoît FOUCAMBERT (pour sa part également membre de la F.S.U).
Aucun militant expérimenté ne se trompe sur ce genre de manipulation et encore moins sur l’étoffe de ceux qui y ont recours.
N’est-il pas évident que cela s’apparente plus à de la vente forcée d’une marchandise avariée qu’à un honnête, loyal et libre débat sur un ordre du jour sans surprise reconnu et accepté par tous ses participants.
 
Par la suite, ayant voulu croire de bonne grâce, malgré tout, qu’il pouvait y avoir malentendu et ne priver le débat d’aucune chance, nous avons cherché à renouer le contact (sait-on jamais).
Mais là, "lapin" au rendez-vous, hermétisme, mépris et silence radio.
Pour ces gens, apparemment, la matière D.P.I.O n’est pas compatible avec leur "recyclage"!
Voilà au moins un point sur lequel ils ne se trompent pas.
 
Mais que le lecteur sache bien que ce soi-disant "collectif de défense du syndicalisme de classe" qui n’a d’autre membre (de son propre aveu) à part égale que son organisateur du PRCF, n’a pas dit son dernier mot.
Il faut s’attendre à de nouvelles séances du genre, renforcées celles-là par un appel aux syndicalistes de classe bien connus de F.O et S.U.D !(au travers du deuxième sigle, le lecteur avisé n' aura pas de mal à décoder "groupe ATTAC", alter mondialistes et compagnie, groupe ATTAC qui comme par hasard serait tout près de s' inscrire dans les flirts épisodiques du PRCF, biais idéal pour gloser sur le "socialisme de marché! )
La boucle est bouclée. Avec au passage, qui sait, un petit pas allant du marxisme vers l’alter réformisme. Quelle réponse magistrale à l’urgence du besoin d’organisation!
Ce qui est sûr c’est que ces gens ne risquent pas d’encourir le reproche du dogmatisme ou de     l’excès d’orthodoxie!      
 
A ce point de l’exposé, nous nous permettrons de faire à ces recycleurs de bureaucratie, quelques rappels théoriques bien mérités et surtout fort appropriés à la situation.
 
LUTTE ECONOMIQUE ET LUTTE POLITIQUE EN TEMPS NORMAL
 
La classe salariée, (en terme plus politique, le prolétariat) a de toute évidence deux luttes à mener de front: la lutte économique d' une part, la lutte politique d' autre part.
Il est complètement stupide de se voiler les yeux, de faire semblant de nier ou de rejeter l’intérêt, disons complémentaire, de ces deux terrains d’émancipation de la classe exploitée.
Mais il est non moins stupide de penser que l’on puisse conduire une espèce d’activisme commun visant leur interdépendance organique.
Tant il est vrai que s’il est illusoire de vouloir donner un quelconque caractère politique à la lutte économique, il est non moins illusoire, comme l’histoire des dernières décennies l’a clairement montré (s’il en était besoin), de fonder la lutte politique sur les bases d’objectifs revendicatifs économiques.
La lutte de classe économique c’est la lutte pour la défense, et le progrès de la condition immédiate des salariés c’est à dire dans le cadre immédiat du capitalisme. Cette lutte se résume en dernier ressort à la guerre permanente contre le taux général de profit.
La lutte de classe politique c’est la lutte pour les conquêtes politiques à l' encontre de la classe dirigeante, au bénéfice actuel de la classe salariée, certes, mais visant essentiellement sa prise du pouvoir futur dans le cadre du renversement du capitalisme.
On voit qu’un élément fondamental différencie ces deux types de lutte: la nature foncièrement et nécessairement subversive de la lutte politique que l’on ne retrouve pas, (en tous cas pas comme but en soi) dans la lutte économique.
Nous mettrons de côté dans cet exposé la dialectique complexe qui établit les rapports indirects de convergence de ces deux luttes et qui peuvent prendre dans les périodes les plus chaudes du mouvement social la forme d’une quasi-coopération. Ce qui ne peut surprendre que les demeurés.
L’histoire réelle de la société capitaliste produit donc une unité morale naturelle (force incontestablement bénéfique au mouvement social), entre les luttes politique et économique de la classe ouvrière.
C’est cela et rien d’autre qui doit être cultivé dans l’esprit des masses: la convergence des deux domaines indiqués vers le changement social décisif, leurs poids et leurs rôles respectifs dans la démarche historique considérée.
 
 
Mais cette unité naturelle connaît deux types d’adversaires redoutables:
-ceux qui veulent purement et simplement la liquider en la présentant ni plus ni moins que
comme une maladie honteuse
-ceux qui s’évertuent à la transformer en connivence politico -économique dictée d'en haut.
On reconnaît dans les premiers la main de la réaction dure de la bourgeoisie. Cela n’étonnera personne.
Mais on ne se méfie jamais assez des seconds qui expriment toute une variété de réformismes dont le trade-unionisme anglo- saxon n’est que l’exemple de base où l’on peut voir parti et syndicat carrément en cheville!.... pour la pérennité du capitalisme !
Il découle immanquablement de ces rappels ce qui est recommandé, autorisée et exclus dans les rapports du militantisme et de la lutte.
 
-Recommandés sont les principes relationnels clairs, fraternels et surtout honnêtes entre militants et organisations respectives, dans le respect scrupuleux de l’indépendance des appareils, ce qui n’a rien à voir évidemment avec une quelconque censure de l’intellect ouvrier.
A partir de là, il est clair qu’un militantisme individuel à la fois politique et syndical ne présente aucune espèce d’inconvénient.
 
-Autorisés et nobles, sont comme l’a déjà montré l’histoire pour le plus grand bien de la condition ouvrière, la coordination pratique, le soutien mutuel des hommes dans le feu de l’action, libre alliance objective spontanée sur le terrain de la lutte.
 
-Exclus, prohibés devrait-t-on dire, sont enfin les agissements souterrains, l'entrisme hypocrite, les méthodes de camelots et autres barbouzes dans les réunions et meetings, les manoeuvres d’amalgame des décisions et orientations conduites par des connivences bureaucratiques par dessus les instances ou par leur manipulation, jeu malsain, trop souvent vécu "d’appareils bis" insaisissables, dont les mobiles s’avèrent toujours tôt ou tard étrangers aux intérêts réels de la classe laborieuse.
 
En définitive et pour terminer la leçon adressée aux adeptes du coup d’épée dans l’eau il est de la plus haute importance de ne pas confondre l’harmonie et la "fusion", d’éviter la pratique de l’immixtion d’un domaine dans l’autre, directement ou de manière déguisée.
S’agissant donc de cette aventure ridicule qualifiée pompeusement de "défense du syndicalisme de classe", le pilotage politique est particulièrement déplacé de la part de gens qui s’avèrent incapables d’assumer précisément les responsabilités du moment dans le domaine dont ils se revendiquent.
L’organisation syndicale ne serait- elle pas pour eux, sous le capitalisme et même à la suite de son renversement, l’instrument exclusif et indépendant, de défense des intérêts économiques de la classe salariée, tant que la société sans classe n’a pas définitivement enraciné son règne?
 
Ne va-il pas de soi que ce qui est vrai "en temps normal" l’est d' autant plus en période de crise générale du mouvement ouvrier telle que nous la traversons à ce jour, y compris et surtout dans le cadre de la reconstruction que nous prônons? à savoir: vive les relations fraternelles et solidaires de classe, le soutien ou la coordination militante des luttes, etc..., débat et échanges de vues au grand jour s’il le faut, mais indépendance démocratique pour tous sous le signe de "chacun ses oignons", ou plus exactement en l’occurrence: chacun son chantier!
 
 
Un certain Vladimir OULIANOV a d’ailleurs écrit des choses fort intéressantes à ce sujet dans le tome 32 de ses oeuvres, que nos "recycleurs" si prolixes de théories feraient bien de réétudier.
Ils constateraient sans doute qu'ils sont déjà une bureaucratie avant même d’être un parti.
Peut-être cela leur éviterait-il à l' avenir le ridicule de vouloir, à leur manière, « secouer les syndicats »....fantômes! .
Nous ne manquerons pas désormais, à ce titre, de les avoir à l' oeil.
 

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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 12:15

 


UNE    ESCROQUERIE ECONOMIQUE SUR LE DOS DE LA MISERE POLITIQUE.  
                                                                               
 
PREAMBULE
 
S'il est un art dans lequel le capitalisme excelle, c’est bien celui de draper ses turpitudes dans le manteau des valeurs dites " universelles".
Sans vouloir ici entrer dans le débat philosophique, pour exposer le fondement purement matériel de ces valeurs, pour chaque époque de l 'histoire humaine, il n 'est pas, toutefois, sans intérêt pour le débat proposé de faire un préambule sur les rapports ACTUELS entre la légitimité et la crédibilité des discours qui constituent, çà et là, la substance politique du pouvoir.

 
Prenons par exemple le thème de l ' environnement, thème beaucoup trop noble et important pour être abandonné pieds et poings liés à la vénalité contemporaine. Et pourtant...
Quel traitement lui est   infligé de nos jours ?
D'un côté, le discours, une espèce de camelote à slogans écolo-romantiques, tendance "robe de bure", on le remarquera, dont le sérieux intellectuel et scientifique reste, au demeurant, souvent à établir. Çà, c’est la vérité officielle concoctée par les bureaucraties géopolitiques dirigeantes et matraquée d'en haut.
De l 'autre, les faits, les réalités inexorables du monde tel qu'il est, selon sa loi sans scrupules du " profit d'abord" ! .
Et l 'on a loisir d'observer que les scandales épisodiques, industriels, alimentaires ou médicaux, n ' entament en rien les racines de cette domination.
Quelques titres suffisent à la décrire : ARCELOR, TOTAL-FINA, EXON, METAL-EUROP "EVERITE", UNION-CARBIDE, PECHINEY, ROHNE-POULENC, BAYER , SANDERS, UNILEVER , MICRO- SOFT, PHILLIPS, MATRA, GIAT, THOMSON, BOEING, AIR-BUS INDUSTRIES, GIVAUDAN,   NESTLE, DANONE et autres IBM...etc.,
Ce sont eux les vrais maîtres de ce monde d'aujourd'hui, qu'il s’y agisse du genre humain lui-même ou de son environnement.  
Ce sont eux qui décident autant du bien et du mal vivre que du bien ou du mal mourir, comment produire, comment consommer, et en définitive, ce qui en découle inévitablement, comment salir ou pas l 'espace planétaire.
Tout ceci naturellement, dans des "instances" bien plus proches des parties de chasse et autres orgies de haute volée que des singeries institutionnelles avec lesquelles on amuse périodiquement la galerie. 
Soit dit en passant, l'aire circumterrestre est en phase à son tour, sous l 'impulsion de ceux-là même que l'on pourra retrouver dans les grandes instances écolo-médiatiques, de devenir une gigantesque poubelle, et à des fins essentiellement militaires s'il vous plaît !
A propos donc du mot" voyous" adressé aux propriétaires du " Prestige" et autres, cela ne revient-il pas à réserver le mot "glace" à la seule partie de l'iceberg visible ?
 
C 'est dire le ridicule et le dérisoire des rodomontades de certains " valets" qui tiennent manifestement dans ce domaine à se donner une image tout à fait personnelle.
 
Quitte à croire bêtement que de simples coups de gueule de ces valets pourraient intimider les maîtres, n ' ayons pas, au moins, la suprême sottise de prendre pour argent comptant leurs hypocrites outrances.
 
En définitive, l'esprit lucide et rationnel est à même de se convaincre que ce monde capitaliste est bel et bien en contradiction radicale, irréductible, en raison de ses principes et de sa nature, et non de par la volonté humaine, avec toute démarche pratique visant à faire passer la qualité et l 'utilité collective des choses au premier rang des préoccupations de la société.
D'autant que cette nature "congénitale" du système, exprimée avec tant de relief par les boucheries militaires présente ou   passées et identiquement par les actes de banditisme d 'état, ne donne de nos jours aucun signe tangible portant à croire que soudain, telle une prostituée se mettant à prêcher la vertu, cette société prendrait honnêtement en compte le souci de l ' homme et de sa demeure la terre, en dehors de tout calcul de profit.
A vrai dire, et compte-tenu de tout ce qui précède, le thème de l ' environnement n ' est rien
d'autre pour le capitalisme à son stade impérialiste, qu'un fonds de commerce nouvellement établi, fonds dont les desseins véritables ne plaident en l 'espèce ni pour la crédibilité, ni pour la légitimité.
Dans ce cadre, la fonction du discours" robe de bure" évoqué plus haut apparaît dans toute sa nudité :
Au plan mondial, maintenir une structure de domination pyramidale monstrueuse concentrant la plus grande partie des moyens et des ressources au niveau de la pointe(en gros le G8 et ses quelques états lèche-bottes de seconde zone), le reste de l ' humanité étant maintenu de force, soit aux niveaux inférieurs d'un développement soumis et dépendant, soit carrément dans l'oppression chronique, c’est à dire la misère et le sous-développement organisés. Autrement dit la base se nourrissant des excréments de la pointe.
Au niveau de la dite "pointe" pourrir toujours plus la vie des populations pour le maintien, la défense bec et ongles des privilèges de classe qui y règnent.
Cette conclusion appelle donc d'urgence la réflexion libre et autonome du citoyen, à prendre le contre-pied des sophismes et des oukases technocratiques.
 
 
A partir de ce nécessaire préambule découvrons, les ressorts véritables du sujet qui nous intéresse, le recyclage des déchets dont l'option technique initiale est le fameux" tri sélectif", lequel se manifeste dans l'invitation pressante au tri domestique.
Qui de nos jours oserait prétendre que fabriquer sa voiture, produire son électricité, sa nourriture, ses chaussures, ses meubles, etc... chez soi et par ses propres moyens, serait plus rationnel et moins coûteux en travail que produire tout cela par les moyens existants ou possibles de l 'économie sociale ?
Nul doute qu'un tel boniment entraînerait l 'hilarité, même dans l 'esprit le plus attardé.
Et pourtant, comment ne pas s'interroger dans ce sens, sur la méthode aussi absurde
qu'arriérée du tri domestique des déchets ménagers ?
En regard de l 'ère technologique que nous vivons, il y aurait donc un vide dans le cycle économique. L 'après consommation et son flux de déchets serait voués à
l 'incapacité industrielle. En conséquence de quoi, le couillon étalon (nous appelons ainsi le citoyen crédule) n 'aurait d'autre choix que se prendre la tête entre sa collection de poubelles, (personnelles ou publiques), ses boîtes à conserve, ses os de poulet et   ses bouteilles en plastique et en verre de différentes couleurs, les tonnes de papier publicitaire qu'on lui fourre de force dans sa boîte aux lettres, etc...
Et encore on n ' imagine pas le niveau de bêtise consentante où la puissance publique peut conduire l'individu : la séparation du papier voir le grattage des peintures sur les emballages métalliques !
Bien sûr que non, le tri et le traitement des déchets, qu'ils proviennent de la consommation ou de la production ne constituent en aucune manière une espèce de "colle" pour l 'industrie, la science et la technologie modernes.
Et si le simple bon sens ne suffit pas déjà à s'en convaincre, on peut toujours s'y aider en sachant que des combinats de tri et traitement, clés en main, sans intervention domestique préalable, sont déjà réalisés et proposés en Espagne.
De quoi faire réfléchir les adeptes fatalistes de cette " vie de chèvre" qui devrait désormais, à en croire nos technocrates, s'imposer au quotidien du citoyen.
Pas très différente, au fond, cette arnaque du tri domestique, dans sa nature politique, de celle qui présida à l'avènement   virtuel de la célèbre Volkswagen, promise à chaque foyer allemand, financée par une souscription populaire mi- obligatoire mi- volontaire, et dont la forme première fut celle d'un command-car du führer, puis des canons, des bombes et des avions du IIIème reich.
 
 
 
Parlons donc sans détour : une profonde escroquerie préside à ce système.
 
Pour la démiurge il convient de faire une incursion dans l'économie politique.
Le propos ici n 'est pas de faire un parcours complet, et encore moins un cours.
Il suffit pour les besoins du sujet, de se poser sur un certain degré de développement du système. L'époque où se constituent ce qu'on appelle les services publics.
Contentons-nous ici de les définir à grands traits selon leur genèse historique et sociale :
Au degré de développement considéré, la société voit apparaître à la fois le besoin et les moyens de mettre en place certaines structures d'activité qui s ' imposent par leur utilité autant que par leur nécessité collective. 
A l 'origine, ces activités, vu leur caractère essentiellement improductif et aléatoire naissent et demeurent un temps sous contrôle des institutions ou administrations d'état ou locales ou de type nationalisé
Sur cette base initiale, elles se développent à leur tour jusqu'à l 'âge de leur autonomie, de leur parité avec le monde marchand, pouvant alors à tout moment, selon le secteur d 'activité et la conjoncture générale, économique, technologique et industrielle, être aspirée par le capital (toujours aux aguets) dans l 'espace mercantile proprement dit.
Dès lors, leur caractère antérieur, essentiellement social, est liquidé. Elles deviennent une source ordinaire de profit...
Pour s'en tenir au sujet qui nous intéresse, cette évolution caractéristique à laquelle on assiste dans multiples domaines au cours des trois ou quatre dernières décennies est bien celle qu'à connu pour sa part le secteur du collectage et du traitement des déchets ménagers.
Jadis une charge essentiellement assumée et réalisée par les administrations locales..... Aujourd'hui, un marché juteux dans lequel on retrouve les grands groupes multi-activité, dont Vivendi n 'est pas le moindre comme l 'actualité nous le fait savoir.
Bref, pour résumer avant de nous recentrer sur les "ordures", nous sommes entrés dans l 'ère de ce qu'on pourrait appeler l 'économie de "réseaux". Secteur gigantesque issu directement de la liquidation politique progressive des services publics et exprimant on ne peut mieux la nécessité du développement illimité des forces productives dans cette société.
Pourquoi employer le terme"économie de réseaux " ? Tout simplement parce que la forme matérielle très géographique et l 'universalité d'un tel "marché" l 'assimile totalement à
l 'image d'un réseau : qui n ' a besoin d'eau, qui n 'a besoin d'électricité, qui n 'a besoin de transport (là, on touche à un sujet véritablement explosif qui mériterait le même traitement) ;
qui n ' a besoin d'établissements hospitaliers... qui n 'a besoin de téléphone. etc... et pour revenir à nos moutons, qui n ' a besoin de se débarrasser de ses déchets, quels qu'ils soient.
 
On mesure facilement le pactole assuré (pour qui sait s'y prendre) dans cet immense gisement de l 'économie de réseaux.
Car ici, le besoin   se pose en termes quotidiens et obligatoires, excluant totalement les considérations subjectives qui réagissent peu ou prou sur la consommation en général.
On dépasse la catégorie ordinaire de l ' achat de marchandises pour atteindre pratiquement le fait de la "cotisation régulière".
Parallèlement à cela il est intéressant de faire une comparaison, disons "démocratique" entre le secteur de la consommation générale et celui de la "consommation de réseau"
Dans le premier cas le choix et la discussion directe sur le produit maintien bon an mal an une relative impression de respect du "consommateur".
Dans le second en revanche, c' est le règne des opérateurs intouchables, dans des rapports de
quasi "consommation forcée",   situation dans laquelle, évidemment, le citoyen se trouve de fait, à titre individuel, exclu de tout pouvoir sur ce qu'il paye!   
Voyons à présent comment, par le secteur montant du recyclage, le discours écolo-romantique et les appétits de profit font alliance sur le dos de la naïveté populaire.
On conviendra aisément que le recyclage est le prolongement économique de prédilection du collectage et du traitement des déchets, qu'ils proviennent par ailleurs de la consommation ou de la production.
 
La question à éclaircir en premier lieu est celle de savoir comment se situe ce secteur économique par rapport aux matières premières d'origine, à savoir: si ces deux secteurs ont des rapports de supplémentarité ou de concurrence.
A cette fin, partageons l ' économie en trois sphères: Production, Consommation, et Traitement des déchets. 
Tant que le secteur du recyclage ne se manifeste pas sur l ' échiquier , le flux des déchets de la consommation tombe pour ainsi dire dans le vide. Le problème ne se pose alors qu'en termes d'élimination donc d'astreinte de la société envers elle-même. Par définition historique, c' est
l 'époque du service public.
Certes, cette situation extrême n ' est jamais absolue, le capital étant par principe à l 'affût de toute possibilité d'améliorer les termes de sa mise en valeur et la réutilisation des déchets dans la mesure (et seulement dans cette mesure) où le taux de profit s'y retrouve tombant sous le coup de ce souci permanent.
Mais on peut admettre que jusqu'à une certain point, le recyclage n 'existe que comme activité aléatoire et épisodique de peu d'importance par rapport à la masse des matières première, dans la mesure ou, par ailleurs, le développement technologique autant que la masse des déchets n'ont pas encore atteint leur point de rencontre.
L'autre situation extrême, c' est celle, complètement impensable où le flux de déchets serait entièrement recyclé et par voie de conséquence entièrement réinjecté sous forme de matières premières additionnelles dans la sphère de la production.
Même si l ' on conçoit que ce flux additionnel ne pourrait jamais représenter la reconversion de la totalité des déchets, on évalue sans peine l ' engorgement auquel arriverait ce schéma à brève échéance.
 
Mais précisément, ce schéma, quoique absurde en tant que tel, contient en lui-même la démonstration évidente d'une concurrence de fait entre les matières premières de recyclage et les matières premières d'origine.
Il est clair en effet que le flux du recyclage se présente à la production comme substitut et non comme supplément au flux d'"origne".
Avant de poursuivre l 'analyse, il importe de dire que pour la question ci-développée, le fait que cette concurrence se pose entre des forces économiques rivales ou qu'elle exprime une espèce de tendance interne générale de l'industrie des matières premières est absolument sans importance. Car cette concurrence est examinée avant tout comme l 'affrontement de deux taux de profit.
 
Souffrons encore quelques éléments de théorie utiles à la suite de l 'exposé.
Le capitalisme est porteur d'une contradiction fondamentale qui ne peut se résoudre que dans les crises: d'un côté la nécessité du développement illimité des forces productives, de l'autre la baisse tendancielle du taux de profit et la limite posée à la consommation des masses (nous parlons ici bien sûr de la consommation solvable).
 
C 'est donc toujours et en premier lieu la recherche du meilleur taux de profit qui anime la volonté capitaliste.
Rappelons sans s'y étendre que la source du profit n 'est rien d'autre que l 'appropriation du produit du surtravail (plus-value) qui a lieu au cours du procès de production, et que l'on nomme aussi "travail gratuit". En résumé, la substance du profit est donc du travail gratuit. 
 
Enfin, le taux de profit est en gros le rapport en raison directe du travail gratuit et en raison inverse du capital total engagé.
On comprend aisément ce qui motive cette lutte continuelle du système , poussant en quelque sorte à l 'augmentation du " numérateur" et limitant autant que possible le "dénominateur"
 
Forts de ces dernières considérations, revenons à notre cheminement sur le fameux " Tri domestique"
 
Si le capital affectionne actuellement le secteur des déchets, ce n 'est évidemment pas parce
qu'il aurait été touché par la grâce du saint environnement comme il est dit plus haut en
d'autres termes, mais simplement , comme d'habitude, parce qu'il y a là un secteur juteux de mise en valeur du capital en période de crise durable, qui plus est.
Mais quel que soit le domaine où il s'engage, il ne rechigne jamais aux expédients, même les plus vils.
Reprenons ici la fameuse obsession du taux de profit.
Nous avons examiné ce rapport en ce qu'il exprime le travail gratuit en regard du capital engagé dans le procès de production.
Mais en l 'espèce, le procès de production ne s'observe plus dans le seul espace industriel. 
Il pénètre dans un lieu d'habitation qui dès lors s'assimile à un site spécialisé du début de chaîne de recyclage.
Le travail n'y est plus à proprement parler " social " selon la forme et les dispositions pratiques habituelles de la division du travail. Il est véritablement introduit dans la vie privée à la manière de la gale dans la peau.   
Par ailleurs, nous nous sommes étonnés à juste titre que notre époque de technologie moderne jette, pour ainsi dire, si facilement l 'éponge dans le domaine du tri.
Nous voilà parvenus au point crucial.
Nous allons voir à quel point le tri domestique est un modèle d 'arnaque publique par excellence, ne visant au bout du compte qu'à doper le taux de profit dans la filière considérée:
1) l'opération de tri domestique, même imparfaite, au sens de la mobilisation manuelle et mentale qu'elle représente, est bel et bien du travail qui s'inscrit dans le processus global de recyclage. Elle opère la première étape des opérations de recyclage.
2) Dans un combinat qui traiterait les déchets en vrac, ce tri, d'une manière ou d'une autre, donnerait nécessairement lieu à l 'existence de moyens matériels correspondant fixant du capital.
La filière du fameux tri sélectif gagne ainsi sur au moins deux tableaux:
1) Elle récupère du travail gratuit dans l'acte de tri de millions de personnes.
2) Elle économise du capital dans l'inexistence des moyens matériels qu'elle n'a pas à mettre en œuvre.
Accessoirement il faut ajouter que la matière première présente dans le déchet trié à été monnayée antérieurement par son auteur, et que son abandon (gratuit lui-même) vers la filière du recyclage transposé dans la filière des matières d'origines équivaut ni plus ni moins qu'à une concession minière gratuite!
 
Immanquablement, cette configuration se solde quelque part, à terme, par du profit capitaliste naissant de la réalisation d'une valeur-travail dans les arcanes du marché.
Soit dit en passant, le même raisonnement s'applique à l 'ensemble des déchets domestiques,
qu'ils soient ménagers ou "extra-ménagers". Au point où l 'on se demande pour ces derniers si le particulier ne devra pas tôt ou tard jouer les chiffonniers à son propre compte pour palier la carence organisée les autorités locales et territoriales.
 
A partir de là, il ne fait aucun doute que la filière du recyclage, par le biais de l'extorsion de valeur et notamment de travail gratuit ainsi que par l 'économie de capital engagé, bénéficie
d 'un appréciable avantage concurrentiel sur la filière des matières d'origine.
Et le tour est joué.... Et ça trie dans les chaumières!.... Et ça tombe dans les escarcelles du "marché"...
 
Effet bénéfique pour la société?
Sous l 'effet du discours écolo-romantique, une certaine illusion ne manque pas de contribuer à l 'anesthésie des consciences : au bout du compte, le citoyen bénéficierait d'une retombée (pécuniaire ou autre).
Rien n 'est plus faux.
Premièrement, en matière de charges au public, c 'est bien tout le contraire qui se produit au poste fiscal des déchets.
Quant à dire que l’arrosage" , les détournements et autres trafics d'influence ne soient pas ici ou là aux aguets, ce ne sont pas, en tout état de cause, les multiples scandales déjà vécus dans ce secteur d'activité qui peuvent plaider en faveur de la transparence.
En réalité, si retombées financières il y a, leur minceur déterminée a été suffisamment étudiée pour ne pouvoir compromettre en aucun cas le but essentiel de la manœuvre (dopage du profit capitaliste),
Elles n'ont d'autre vocation que d'alimenter le développement de l 'arnaque elle-même!
Mais de cette manipulation, de ce pactole qui sort des mains du citoyen, personne dans la population ordinaire n'en connaîtra jamais une autre couleur... que celle du "vert hypocrite" des boniments officiels.
A peu près le même scénario que la vignette auto et la retraite des vieux !
 
Deuxièmement, sur le plan de ce qu'est censé devenir le service public considéré, il faut être vraiment bouché à l 'émeri pour ne pas en observer le recul et la dégradation constante.
Comment en effet qualifier de bénéfice ou de progrès collectif, la disparition ou la non-création d'un service public correspondant à notre époque moderne, et l 'instauration rampante à sa place d'un système qui n ' a d'autre nature que celle des corvées moyenâgeuses, toujours plus astreignant, irrationnel, et qui n 'a sans doute pas fini de dévoiler sa fourberie, de nous pourrir la vie.
 
Inutile par ailleurs de souligner la contradiction explosive de cette orientation au regard de la pression croissante d'une culture effrontée de la "communication", de la publicité, du rebut et du gaspillage organisés qui alimente le problème en amont! 
 
A propos, qui prendrait pour un progrès le fait de revenir au stockage et au prétraitement individuel des eaux usées domestiques, en vue de leur déversement habituel dans une cuve à destination d'une filière privée d'industrie agro-chimique?
 
On entend d'ici les esprits philistins éclater de rire que l 'on puisse accorder une quelconque valeur à des gestes, des temps de réflexion des hésitations etc., se produisant au domicile des gens.
Ils oublient probablement:
 
 
1) qu'au sens où il est impossible de contester que des déchets triés à domicile l 'ont bien été sous l'effet de l'action réfléchie d'un particulier, nul ne saurait contester qu'ils contiennent effectivement un travail, quoiqu'on puisse attribuer à celui-ci un caractère et une forme inhabituels.
 
 
2) que la condition suffisante pour qu'un travail à domicile quelconque   soit valorisé est que son résultat (c à d son produit) entre dans le cycle de l'économie sociale, et ceci sans considération de la forme juridique de cette entrée.
Qu'un particulier par exemple se mette en cheville avec un restaurateur "bio" pour écouler " au noir" les légumes de son jardin et l 'on verrait si le fisc ne rappellerait pas à sa manière la loi de la valeur à nos deux compères.
 
3) que la valeur de la force de travail, chose qui sous-tend le salaire, et la valeur du travail, chose qui sous-tend le prix du produit, sont deux   catégories   différentes de l'économie politique. Autrement dit, que la valeur sociale d'un produit est la quantité du travail moyen nécessaire
qu'il contient dans les conditions où il s'exerce habituellement, qu'il y ait paiement de salaire ou pas.
 
De ces trois considérations ajoutées à tout ce qui précède, il ressort que l 'extorsion de valeur est totale et économiquement indiscutable:
- préjudice des dispositions matérielles permanentes (encombrement des récipients, locaux etc.,
- matière première cédée par le consommateur,
- travail gratuit, même si sa forme n 'est qu'insidieuse.
 
Pour ne parler que de la valeur travail:
A ceux qui prétendraient, pour échapper à ce que leur naïveté leur cachait que la hauteur minime de cette extorsion ne vaut pas une dénonciation, il faudrait sans doute rappeler comment la loi des grands nombres peut construire des ponts d 'or à partir d'un grain de valeur. Songeons un instant , par exemple, à la somme représentée par ce travail diffus chiffré à seulement 2 minutes par semaine sur 20 millions de personnes. Pas loin de sept cent mille heures de travail gratuit par semaine!
Même au prix du travail le plus bas, voilà une coquette somme en prime à la filière du recyclage!
Avec cet belle armure, elle peut se présenter au combat de la concurrence sans trop de crainte.
Et encore, nous n 'avons   traité:
- ni   la question de l 'apport volontaire dans les déchetteries (ce qui peut se faire identiquement mais en ajoutant le"tintoin" des préparatifs, du chargement, du transport, de l'attente quand ce n 'est pas l'"ausweis" à l 'entrée, des manipulations sélectives sur place, sans parler des conditions douteuses de sécurité des personnes sur les sites)
- ni celle des conteneurs publics en tous genres.
Sur ce dernier registre on pourrait en outre, histoire de varier les plaisirs, examiner les phénomènes de génération et d'évaporation du fric dans certaines coulisses des bonnes œuvres. Mais l 'actualité l ' a déjà fait pour nous. Nous épargnerons donc ici les âmes susceptibles.
 
Mais quel niveau de niaiserie faut-il pour reconnaître dans cet infect tripatouillage techno-économique la moindre trace de modernité, la moindre forme d'un service public du 21ème siècle!
Et comment ne pas y voir le rôle de rabatteur de l'écolo-romantisme, nous soufflant à l 'envi dans la grande trompette du capital son concerto pour civisme et environnement recyclés en dividendes!
 
Aspect politico-légal du sujet:
Il en est de ce sujet comme de beaucoup d 'autres où l'art politique de la classe dominante exprime ses méthodes et déploie son arsenal qui pour leur part ne souffrent pas d'arriération,
c' est le moins qu'on puisse dire...
On amène tout doucement les masses au consensus par le pilonnage médiatique, tandis que le couperet de la légalité n 'est lui-même qu'en gestation.
C ' est la phase politique douce, disons "culturelle" où la vérité officielle s'enracine insensiblement dans les esprits et où une adhésion collective se constitue jusqu'à la quasi-unanimité.
A l 'issue de cette phase, qui dure ce qu'elle doit durer, intervient la phase politique dure où la directive de principe tombe le masque pour affirmer sa nature sous-jacente légale.
La loi écrasera désormais sans aucune hésitation, toute attitude récalcitrante.
Réfléchissons un peu : combien de dispositions relevant purement et simplement des principes appliqués aux enfants des écoles maternelles n ' a-t-on pas vu s' installer de cette manière.
Mais surtout, quelles règles de vie, physiques et intellectuelles, de nature militaire , le cas échéant, dont la simple évocation peut encore révolter à l 'heure actuelle ne pourraient- elles pas enchrister ainsi la société?
En un mot, qui fixe la limite quand la pensée individuelle indépendante est liquidée?
Comment oublier la terrible leçon de la république de Weimar?
Toujours est-il pour le sujet restreint ci-exposé, que les choses en sont à la première phase: la recherche du consensus, autant dans les esprits que dans les faits.
Dans ce cadre simplement culturel, le décor se met en place. Chaque acteur se positionne et se manifeste à l 'occasion par ce qu'on pourrait appeler un bout d 'essai. Mais la pièce ne s'impose pas encore à tous les spectateurs en l'attente de la seconde phase.
Pour être concret, la chose n 'existe pour le moment qu'à l 'état de directive européenne
s'imposant aux collectivités territoriales, mais pas encore au citoyen sous une forme juridique et légale achevée.
Dans ce cadre, au total, c' est en quelque sorte l 'attitude des citoyens eux-mêmes qui modèle la loi.
Quant à l'approche des pouvoirs locaux et notamment municipaux, elle est à l 'état de faisceau de politiques plus ou moins personnalisées allant de l'anesthésie à la frappe musclée, mais toutes convergentes, comme on peut l 'observer, vers les besoins des gros intérêts économiques privés.
Inutile de préciser que ces besoins ne peuvent avoir comme corollaire que la liquidation totale de tout service public effectif. 
 
Décidément, qu'il s'agisse des questions liées à l'environnement ou d'autres défis actuels de 
l 'évolution sociale de l'humanité il est plus que jamais illusoire de croire que cette société puisse détenir quelque solution honnête que ce soit aux problèmes qu'elle pose, quelque solution qui invariablement élaborée dans l'optique du profit, ne puisse engendrer à son tour d'autres problèmes encore plus insurmontables.
S'agissant donc du problème des déchets de la consommation, comme de ceux de la production, il est clair qu'on ne saurait le traiter à part, en aveugle, dans l 'acceptation des axiomes fêlés du capitalisme. Tant la solution impose un examen récurrent vers les choix, les buts et la raison d'être de la production.
Autrement dit, on ne saurait prendre pour sérieuse aucune approche sur le problème des déchets, venant des régisseurs d 'une société dont le principe est de devoir en produire toujours plus, au nom de la pérennité des seuls intérêts de sa classe dominante.
Il est clair en conséquence qu'une fois de plus, c' est bien la chape de plomb de la propriété privée des moyens de production qui écrase la logique de l 'intérêt collectif authentique, de l'intérêt social le plus élémentaire.
 
Décidément, s 'avère toujours plus pertinente la réflexion du philosophe:
"Si l 'argent est venu au monde avec une tache naturelle de poussière sur une de ses faces, le capital pour sa part y arrive en suant le sang et la boue par tous ses pores"... 
On pourrait y ajouter que sous le capitalisme, toutes les ordures ne sont pas dans les poubelles, et qu'en définitive, le plus gros déchet de civilisation que l'histoire nous recommande aujourd'hui de ne pas recycler, c'est bien le capital lui-même!

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