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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 13:30

 

 
 
Deux agents de France Télécom " déportés" de Fontainebleau à Pantin à coup de pieds au cul.
Phrase laconique sans doute, mais nullement excessive pour caractériser le régime sans vergogne du "nomadisme" que l’on prétend imposer  désormais au personnel. 
Il s'en trouvera peut-être pour dire, selon la mode en vogue, que les agents de France Télécom, ces fonctionnaires!...., ne sont pas plus à plaindre que les "Marks et Spencer, les " Moulinex", "Les Brandt", les "AOM Air Lib", "Les Renault", Les "Air Bus, Les "Michelin", Les Vivendi".....Mais arrêtons là cette liste inépuisable.  
Il est vrai que les agents de France Télécom ou autre "Poste", ex P.T.T ne sauraient vivre à l' écart de toute cette boue économique. 
Il est non moins vrai que pour leur part, les agents ex-PTT ne s'y situent pas dans le pire.
 
Justement, c'est bien le sens de notre propos: le fait, quel qu'en soit le niveau, que la dégradation fulgurante du milieu P.T.T n’est rien moins que le reflet de la dégradation générale et constante de l'ensemble, ce qui donne, non seulement droit, mais obligation d' y réagir. Au sens où ce qu'on voit ou sent à la surface du mironton est indice du contenu de la marmite.
Plongeons donc ensemble dans la marmite pour voir ce qui peut bien expliquer ces douteuses viscosités, ces verdeurs glaireuses, ces odeurs qui frisent le pestilentiel.
On y trouve pêle-mêle:un Medef, nouvelle monnaie de singe capitaliste, évangile" social" sur une face, dents de la mer sur l'autre; des politiques, sous le masque des belles vertus, affairés aux turpitudes de leur république en décomposition; des dirigeants "ouvriers", qui, coiffé du képi et brandissant le carnet de contraventions, qui, à quatre pattes, entrain de chercher les miettes entre les lames de parquet de la bourgeoisie, miettes sans doute oubliées par des femmes de ménage mal payées, et que ces ladres auront le toupet de faire passer pour une promesse de festin...
Enfin nous arrivons au point crucial de notre exploration sous-marine, ...des responsables de syndicats dans les conseils d'administration et les flagorneries officielles; des concepts capitalistes dans les revendications ouvrières; et enfin, la cerise sur le gâteau, des salariés en masse qui flirtent avec la bourse comme s'ils ne savaient pas, ces gogos, que tout gain dans ce domaine et au nom du quel ils ne manqueront pas de se prendre pour des aigles n'est autre que le sang de leur propre classe et ne fera que pourrir toujours plus la vie de leur descendance!
Rien à faire, on a beau tourner et retourner la question, une seule conclusion s'impose à la suite de cette gluante immersion: La galère actuelle des salariés est bien le produit d'au moins deux facteurs, l’audace patronale et la connivence syndicale avec le système, dont le pacte a été définitivement scellé par l’avortement du grand mouvement social de fin 1995. .
Il n'est donc point d'autre issue que de sortir au plus vite de cette horrible tambouille, ce mélange des genres puant qui voudrait nous faire croire à sa viabilité, en quelque sorte, à l'équilibre de la pyramide sur la pointe, ou au tigre végétarien!
D’aucuns nous dirons que voilà un bien beau discours, juste, lucide, impitoyable même, mais qu'il ne peut atteindre la compréhension des masses...etc. etc., suivront les litanies molasses et énervantes sur le " réalisme syndical, le recours inévitable aux structures et moyens encore existants, le possible rachat des âmes honnêtes, (dont on est en droit de se demander ce qu'elles font encore aujourd'hui dans ce cloaque)...
Foutaise et verbiage domestique! Personne n’ignore les difficultés qui se présentent pour sortir de l'ornière. Mais il ne faut pas confondre médecine et placebo.
Notre organisation ne s’est pas constituée pour faire un commerce supplémentaire de la pensée vulgaire, et nous considérons en même temps que la vision intellectuelle de la société, pensée noble et pourquoi ne pas dire supérieure, n’élit pas domicile exclusif dans les salons à lambris dorés. Elle est repliée en germes par millions dans les ateliers, sur les chantiers, dans les bureaux. C'est la volonté de la re-stimuler et de la restructurer qui manque. 
Et c'est là, précisément que le retour au vrai discours ouvrier doit créer et libérer les énergies.
On comprend évidemment, que cela n'emballe ni les invertébrés, ni les pusillanimes.
Mais qu'on le veuille ou non, le premier acte de la tâche vitale qui se présente c’est précisément de s’extraire de cet infect amalgame réalisé par le capitalisme contemporain dans les méandres de l'histoire.
C’est en l'espèce renouer résolument avec l’indépendance idéologique, et partant, avec l’indépendance revendicative.
Voilà bien l'embryon du programme qui doit se fixer directement dans l’esprit et la volonté de la classe salariée et auquel ne saurait échapper le secteur ex-PTT "France Télécom".
Pour revenir au problème concret et immédiat des " mutations exactions" dénoncées en début d' édito, il est clair que la lutte qui doit y répondre naviguera comme beaucoup d'autres expériences vécues ces dernières années sur les contradictions et les réalités du moment.
Elle sera donc imprégnée d’hésitations et de craintes. Rien de plus normal.
Mais nous gageons qu'elle va produire des éléments nouveaux à la disposition des esprits volontaires, en particulier sur la question fondamentale de la reconstruction syndicale, thème directeur de l'activité D.P.I.O.
En tous cas, au delà d’un pragmatisme inévitable, et quelle que soit son issue, elle ne pourra faire l’économie des principes intangibles de la lutte de classes:
1) L'outil précède nécessairement l'oeuvre, donc l’organisation et sa permanence sont le repère indispensable à l'action
2) Dans la phase historique particulière, la nécessité de reconstruire le syndicalisme de classe étant toujours plus évidente, cette reconstruction toutefois ne saurait se refaire avec des planches pourries et des gravats récupérés dans les décombres, mais bien au contraire avec des matériaux neufs et nobles.
L'indépendance idéologique étant au coeur de la tâche, on voit mal en effet comment ceux qui ont trempé dans son aliénation pourraient jouer un rôle quelconque pour son retour.
Nous parions que tous ceux qui voudront pratiquer le hors-piste de ces principes finiront tôt ou tard dans l'abîme.

Le Bureau de la D.P.I.O

Paru dans le " Pays briard"  du 8 janvier 2002

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