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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 13:10

 

TEXTES STATUTAIRES FONDAMENTAUX DU CENTRE FEDERAL PROVISOIRE DES SYNDICATS D.P.I.O P.T.C.G (Postes, Télécommunications et Communication Générale)
 
 
BASES IDEOLOGIQUES, FONCTIONNELLES, STRUCTURELLES ET JURIDIQUES DE L'ORGANISATION.
 
 
PREAMBULE :
 
Après les nombreuses années d'expérience, de réflexion et de lutte sur le terrain dont il est instruit, et au regard de la faillite générale, à présent avérée et définitive des syndicats traditionnels, il apparaît aujourd'hui au Syndicat D.P.I.O la nécessité de création d'une structure élargie dans la perspective d'une fédération syndicale réhabilitant l'héritage du syndicalisme de classe.
Cette nouvelle initiative organisationnelle s'inscrit naturellement dans la tâche de reconstruction d'un appareil syndical permanent unique, honnête et réellement indépendant des contingences du capitalisme, qu'elles soient générales ou conjoncturelles.
Les présents textes en même temps qu'ils constituent une déclaration de création du Centre fédéral D.P.I.O en énonce les motifs, les buts et les moyens en trois parties.
 
I) L'exposé des bases idéologiques comprises et adoptées par toute organisation D.P.I.O.
II) L'exposé des objectifs revendicatifs immédiats et généraux ainsi que des méthodes, des principes et des moyens d'action.
III) La description structurelle et fonctionnelle du système fédéral D.P.I.O principalement en fonction de l'évolution en nombre et en audience de l'organisation elle-même mais aussi de la situation générale (syndicale et sociale) dans le secteur considéré et, accessoirement, ses rapports moraux et juridiques, internes et externes.
 
I- PREMIERE PARTIE :
BASE IDEOLOGIQUE DE L'ORGANISATION D.P.I.O.
 
ARTICLE I : Référence idéologique générale.
 
La période que nous vivons est particulièrement critique pour le syndicalisme ouvrier.
Bousculé par les remous et les incohérences de l'histoire du monde, désorienté par les volte-face, les capitulations et les trahisons de ses dirigeants en vue, autant que par la corruption de ses appareils à tous leurs niveaux, il est par ailleurs soumis à une pression sans précédent des forces patronales, pression qui vise ni plus ni moins qu'à installer dans le monde du travail l'idéologie du renoncement à l'émancipation humaine de la résignation et de la soumission définitive à l'exploitation capitaliste, en tant que finalité de l'évolution socio-économique de l'humanité.
Un certain néo-syndicalisme de collaboration, largement soutenu par l’argent et ses institutions, tente de s'imposer aux esprits, pour faciliter la liquidation progressive des conquêtes ouvrières, dans une espèce de retour au 19ème siècle nouvelle peau.
Mais à l'inverse de cette mode soutenue à bout de bras par le mensonge public, et cautionnée par des gens sans scrupule, la crise interminable, la misère rampante et massive engendrée par le système, enseignent à la classe ouvrière qu’aujourd’hui plus que jamais, le syndicalisme ouvrier ne saurait se définir en dehors de la perspective d'un changement fondamental de la société.
 
ARTICLE II : Définition des intérêts Ouvriers.
 
Les intérêts ouvriers sont liés indissolublement à une Classe Sociale définie dans la société actuelle: La CLASSE OUVRIERE MODERNE.
Cette expression mérite naturellement une explication de principe.
Depuis l'avènement de la société capitaliste dans laquelle nous vivons, la condition et la forme apparente de la classe ouvrière originelle évolue constamment.
Mais les principes économiques qui définissent et justifient l'expression elle-même restent absolument constants: le règne grandissant du travail salarié, la prolétarisation croissante de la société, c'est à dire l'expropriation inexorable visant les moyens de production et d'échange, au profit d'une minorité de possédants qui vivent de l'extorsion de la plus-value.
Ainsi, la CLASSE OUVRIERE MODERNE, seule créatrice de valeur, se définit-elle dans une analyse actualisée, au sein de la grande classe des SALARIES, travailleurs manuels ou intellectuels, constituant l'élément vivant de la production, de la circulation ou des services, et dont le point commun est l’expropriation, l’aggravation continuelle des conditions d’existence.
Les schémas de redistribution de plus-value, qu'ils affectent ponctuellement ou en permanence telle ou telle catégorie de salariés, qu'ils consacrent telle autre comme vigile du système économique, grassement rétribué, ne changent strictement rien à cet état de choses. Ils ne font qu’en édulcorer la perception dans les consciences.
Après comme avant, en réalité, la main mise sur la plus-value l'est à priori et selon le fondement de cette société par ce qu'on appelle, en opposition radicale d'intérêts avec les salariés: la CLASSE CAPITALISTE.
Dans ces conditions, les intérêts ouvriers ne sauraient se situer ailleurs que dans la définition des DEUX CLASSES SOCIALES FONDAMENTALES, lesquelles ne sauraient se définir autrement que par rapport à la production et la destination de la valeur et surtout de son excédent : la plus-value.
Il s'en suit que les INTERETS OUVRIERS sont étroitement et strictement définis par ce qui constitue les rapports généraux entre d’une part, l'ensemble de la CLASSE SALARIEE MODERNE et d 'autre part l'ensemble de la CLASSE qui domine effectivement la société, à savoir : la CLASSE CAPITALISTE.
Enoncés en termes essentiels, ces intérêts sont compris dans :
a)Le niveau moyen des salaires, à l'exclusion de toute considération de prime ou autre adaptation particulière du paiement du travail.
b) Le niveau et les conditions générales de l'emploi, dans son organisation sociale (durée de l’activité, articulation du travail avec les besoins et impératifs éducatifs, culturels, humains, sanitaires, physiologiques etc.) à l'exclusion des expédients politiques conjoncturels.
c) Les conditions générales de travail, embrassant naturellement les notions :
-de temps (qu’il s'agisse de la durée quotidienne ou hebdomadaire)
-de qualité, de rythme, d'intensité, d'hygiène et sécurité etc.
En définitive, la notion d'INTERETS OUVRIERS au sens strict, tels que les conçoit le SYNDICAT D.P.I.O, rejette catégoriquement tout ce qui peu procéder de rapports ou, plutôt, des "arrangements" patron-salariés particuliers, non applicables à l'ensemble des salariés, quelles qu'en soient les raisons, durables ou momentanées.
 
ARTICLE III : Rejet du Corporatisme.
 
Le syndicalisme actuel est totalement miné par le corporatisme, c'est à dire le principe systématique du morcellement et du cloisonnement de l'action, la lutte "dispersée", par opposition à la lutte de masse.
Mais ce corporatisme est sans aucun lien de parenté avec le corporatisme originel, spontané pour sa part et lié historiquement au sous-développement théorique de la classe ouvrière.
La grande noblesse et le grand mérite du corporatisme ancien fut en effet d’établir peu à peu les bases du syndicalisme de classe.
La grande honte du corporatisme moderne est de le renier, de le trahir.
Il consiste, précisément, en ce que les différentes catégories de salariés fourvoient et usent séparément leur énergie revendicative dans une vision étriquée de leurs intérêts, pratiquement dans un cadre imposé par les capitalisteset mettant peu à peu les salariés dans une diversité de conditions telle que la synthèse et l’unification des revendications, deviennent un problème inextricable.
Situation évidente de faiblesse et de vulnérabilité extrêmes pour la classe salariée tout entière.
 
Il n'a non plus rien de commun avec le droit légitime de sauvegarde des intérêts ouvriers ponctuellement menacés par l'audace de tel ou tel patron de choc, dans telle entreprise, dans telle branche, situation que l'on observait à l'occasion à l'époque antérieure, sous l'égide d'un syndicalisme sain et vigilant ; et enfin aucun lien de parenté avec l'expression d'un quelconque esprit d'avant-garde dans la lutte revendicative.
 
Non, à l'heure où la nécessité d'une levée en masse de l'ensemble des salariés crève les yeux, le corporatisme impose comme une espèce de "saupoudrage défensif" qui place systématiquement les travailleurs en position isolée donc en position de faiblesse, les conduisant dans le meilleur des cas à des négociations d'opérette pour des épilogues de dupe.
 On observe ainsi une absurdité sans précédent dans la situation du mouvement ouvrier : les salariés des diverses branches, des divers secteurs, des diverses entreprises, défaits les uns après les autres dans leurs intérêts communs, c'est à dire leurs intérêts ouvriers, et par voie de conséquence, un recul progressif et global de la condition ouvrière.
En fait, le syndicalisme actuel n'est rien d'autre que la négation théorique et pratique de 150 ans de LUTTE DE CLASSES.
La D.P.I.O proclame que ce syndicalisme qui professe et organise le corporatisme en tant que perversion voire destruction de toute conscience de classe, ne représente plus les intérêts fondamentaux de la CLASSE SALARIEE. Il est nécessairement passé au service de la CLASSE CAPITALISTE.
 
 
ARTICLE IV : La corruption idéologique dans le monde salarié.
 
 
- La question particulière des hiérarchies dans l'organisation du travail capitaliste.
 
 
Le comportement et la conscience des salariés à l'égard du fait syndical, dans la société capitaliste, sont étroitement liés à leur rôle et à leur position dans l'appareil économique.
Ainsi, qu'il s'agisse de la production de biens matériels ou de services, l'expérience indique une ligne de partage assez nette entre deux états d'esprit, se manifestant généralement l'un chez les salariés hors des fonctions d'autorité, l'autre chez les cadres.
Ces derniers se montrent toujours fortement influencés voire imprégnés, même dans la partie purement technique de leur fonction, par l'idéologie patronale, en tant que leur rôle consiste essentiellement, qu'ils en aient conscience ou non, à veiller à l'application des principes capitalistes d'organisation et de discipline du travail, c'est à dire à garantir le taux de profit maximum.
En fait, le rôle spécifique des cadres dans toutes les sphères de l’activité sociale et économique de notre société est celui d'instruments en prise directe sur les intérêts patronaux et strictement destinés à les promouvoir, en opposition radicale à ceux de la classe salariée.
"L'instrumentalisation" indiquée conduisant inéluctablement le cadre au parti pris pour l’exploitation capitaliste.
Naturellement, pour paiement de cette mission aussi précieuse qu’indispensable au système, le milieu des cadres reçoit peu ou prou une redistribution du profit selon le niveau de fonction.
 
Il faut toutefois considérer qu'un cadre (principalement au niveau inférieur des hiérarchies) puisse à titre individuel, échappant sous l'effet de son destin personnel à la nature politique de son rôle, mettre délibérément de côté ses considérations de carrière et adopter l'idéologie ouvrière comme référence de pensée et d'agissements.
Dans ces conditions dûment vérifiées, un cadre est à considérer exactement comme un salarié du rang et peut parfaitement être membre du syndicat ouvrier D.P.I.O.
 
Vu cette réserve, l’adhésion au syndicat D.P.I.O, libre pour tout salarié ordinaire, est nécessairement soumise à une ratification d'assemblée pour les cadres, étant entendu que la position professionnelle de cadre ne confère aucune discrimination, mais non plus aucune particularité revendicative, aucun rôle spécifique ou encore moins privilégié au sein du syndicat.
Cette clause des statuts ne constitue en soi aucune restriction quant à la défense et à la promotion des intérêts ouvriers en général, puisqu’elle intègre nécessairement tout cas de défense d’un cadre en butte à sa propre hiérarchie pour avoir pris lui-même fait et cause pour les intérêts ouvriers.
En effet, même s'ils en ont rarement conscience, les cadres ont, comme les travailleurs du rang, pour ceux qui se maintiennent en marge de l’inféodation ou de la propriété du capital, leurs intérêts historiques réels inscrits dans le mouvement ouvrier. C'est à ce titre qu'ils peuvent se trouver défendus dans certaines circonstances par un syndicat ouvrier.
 
- L’actionnariat ouvrier.
 
La crise persistante du capitaliste a un caractère éminemment structurel. Elle est essentiellement liée à des phénomènes scientifiquement analysés et démontrés, notamment la baisse tendancielle du tôt de profit entraînant la frilosité croissante du capital à s 'engager dans la production.
Bien qu’il soit complètement stupide d’imaginer la classe ouvrière achetant l’outil économique dans son intégralité ou peser d’un poids significatif sur les choses par une participation systématique au piège de l’actionnariat, le "court- circuit" entre la masse des salaires et le capital proprement dit offre malgré tout au patronat, selon les périodes, une marge de manœuvre non négligeable.
C’est ainsi qu’outre le marché de dupe économique qu’il est en réalité pour ses adeptes,(à l 'exemple des fonds de pensions de retraites combien d' arnaques ponctuelles du genre n' a-t-on pas eu l' occasion d' observer) il affaiblit d’une manière radicale l’énergie et les positions revendicatives de l’ensemble des salariés.
De ce point de vue, il est clair que l’actionnariat ouvrier ne constitue rien moins qu’une trahison de classe de la part de ses pratiquants.
Au total, soit consciemment et par malfaisance, soit par naïveté, il consiste ni plus ni moins qu’à passer une alliance avec la classe capitaliste pour l’abaissement de la condition ouvrière en général.
Pour ces raisons, aucun salarié s’inscrivant dans une démarche volontaire et délibérée de ce genre ne peut être admis au syndicat D.P.I.O.
Par ailleurs, la D.P.I.O. développe une action idéologique constante pour que tous les salariés rejettent résolument ce miroir aux alouettes et s’investissent de préférence dans la lutte organisée pour leurs intérêts fondamentaux.
 
 
 
ARTICLE V : Crise du capitalisme et crise du syndicalisme, la nécessité d'une pratique et d'un concept démocratiques nouveaux pour la classe salariée.
 
La crise du capitalisme que l'on vit depuis des années n’a rien à voir avec les accès de fièvre même les plus marquants, qui l'ont précédée dans l'histoire du système et de son développement.
C'est une crise butoir, crise d'une formation sociale qui ne peut plus retrouver ses marques antérieures et qui à cause de cela, appelle les masses exploitées à la fuite en avant vers une espèce de jungle socio-économique. Jungle dans laquelle, évidemment, la revendication ouvrière n'a plus sa place en tant qu’expression de la volonté de progrès et d 'émancipation des salariés, mais strictement en tant que marchandage sordide sur la dégradation consentie de leur condition.
Dans cette conjoncture, la faillite du syndicalisme de classe est un atout majeur pour les sphères patronales contemporaines.
Pour être précis, il ne s'agît pas en l’occurrence, d'une faillite par erreur ou maladresse, mais bien d'une faillite par trahison et reniement, d’une faillite pour ainsi dire préméditée.
A la vérité, face aux difficultés de l'histoire, les appareils dirigeants ouvriers, au plus haut niveau, ont échangé leur droit d'aînesse contre un plat de lentilles. Ils ne sont plus véritablement l'émanation et l'expression des intérêts de classe des salariés mais de simples rouages administratifs intégrés aux institutions.
A voir leurs membres les plus en vue se pavaner ici et là dans les organismes officiels, (commissions de ceci, conseils de cela et autres moulins à parole dont cette société regorge) et y agissant visiblement en dehors de tout mandat ouvrier, n'est-on pas en droit de les considérer comme pièces nouvelles de l'appareil d'État ?
Par ailleurs cette décadence idéologique est devenue la matière principale de l'éducation vers le bas de la structure syndicale et y fait hélas des ravages dans les rangs qui subsistent encore pour répandre le poison de l'alignement sur les fameuses "nécessités du système.
Ainsi, la ligne de partage entre les éléments d'appareil corrompus, bureaucratiques, et les éléments sains de la conscience ouvrière ne se réduit pas de façon simpliste à une "opposition entre les masses et les chefs". Elle comporte de toute évidence une forte composante verticale. Les faillitaires ne sont pas qu’au sommet. Les "petites pointures", même dans la médiocrité, jouent un rôle considérable sur le terrain.
 
 
ARTICLE VI :Le fondement politico-économique des revendications en société capitaliste.
 
Les revendications ouvrières ne procèdent ni d'états d'âme, ni d'ambitions ou d'exigences sociales inconsidérées ou autres caprices utopiques des salariés telles que la vérité officielle aime les caractériser.
Elles procèdent au contraire d'un caractère phénoménal inéluctable. Elles expriment en définitive l’interaction du subjectif et de l'objectif dans la société de classes et en l’occurrence la pression sociale de la paupérisation relative constante de la classe salariée par rapport à la classe capitaliste, la contradiction grandissante entre le caractère social du travail, de la création de richesses et le caractère privé de l’appropriation, de l'enrichissement.
Dans la société capitaliste se manifeste en permanence la relation de cause à effet entre l'accaparation des biens par la minorité dominante et la dégradation des conditions d’existence du plus grand nombre, le patronat se situant de toute évidence de l'aisance à la fortune et la masses des salariés du mal vivre à la misère (opposition entre exploiteurs et expolités).
 
On mesure de ce point de vue ce que valent les foutaises du réalisme économique, introduit dans le syndicalisme ouvrier comme un prédateur, représentant direct du profit capitaliste et agitateur redoutable du fameux slogan réformiste des revendications dites "réalistes et réalisables".
A la vérité, ce que le travail ne revendique pas, c'est le capital qui ne manque pas de le dévorer, de le dilapider, de le gaspiller dans l’accentuation effrénée de sa dictature sur toute la société.
Or, précisément, les revendications ouvrières se réfèrent à ce que devrait être le niveau historique de développement des forces productives et à ce qui s'en suivrait de progrès pour la condition des masses exploitées, si n'était la charge parasite du profit capitaliste. Tant il est vrai qu’il ne saurait exister de satisfaction revendicative réelle et sérieuse qui ne pèse d’une manière ou d’une autre dans le sens de la réduction forcée du taux général de profit.
 
Pour apprécier cela, la classe salariée éclairée n'a à priori nul besoin de savantes études ou calculs et encore moins de parlotes bon chic bon genre avec les tenants de la propriété économique pour ressentir quand l'existence qu'on lui impose, les conditions qu'on lui fait ou, à l'inverse, qu'on lui refuse, exigent son rejet, son intervention collective.
Ce ressenti profond appartient à l'instinct social des masses, toujours sensible à l'insolence de l’opulence capitaliste, en regard de leur mal vivre. En résumé, les salariés acceptent leur sort ou le refusent, le fondement de la lutte revendicative se réduit à cela.
 
 
 
ARTICLE VII : La nature et l'objet concret de la démocratie ouvrière.
 
La démocratie ouvrière ne saurait s'assimiler à la notion banale et générale de la démocratie en cours dans la société civile capitaliste.
D'une part elle plonge ses racines historiques dans la lutte propre aux couches exploitées du strict point de vue des intérêts d'une classe déterminée (la classe salariée) et dans un cadre antagonique inéluctable. (à l'égard de la classe capitaliste ou de ses fondés de pouvoir.)
D'autre part, elle n'est pas à l'instar de la démocratie générale indiquée plus haut, un instrument arriéré de délégation et de domination politique en tant que caution à des institutions "assises", mais un instrument moderne de progrès d'éducation et d'émancipation, dans des institutions ouvrières en gestation et toujours sur le qui-vive.
 
Enfin, elle a un objet concret et spécifique : le renforcement des positions socioculturelles et l'amélioration constantes des conditions économiques de la seule classe salariée.
Ceci définit de toute évidence, entre l'organisation et ses membres quels qu'ils soient, un type de rapport qui ne peut avoir rien de commun avec la délégation de pouvoir ou de compétence.
Un dirigeant ou responsable syndical n'est donc pas un notable en place pour un simple "mandat administratif". C'est un combattant chargé de mission dans un contexte quasi-militaire et en mouvance continuelle.
Le mandat ouvrier appelle : capacité à l'exprimer, à le mettre en valeur, voire à susciter la volonté et les aspirations revendicatives, mais aussi si nécessaire à mettre en relief sans crainte, par l'épreuve des faits aussi bien que par la réflexion en retour, les erreurs éventuelles de la pensée collective.
Et pour sa part, un participant au syndicalisme de classe au plein sens du terme, n'est pas un béni-oui-oui par rapport au discours, aux pratiques et aux orientations du syndicat.
En l’occurrence, il n'est pas simplement consommateur mais éminemment producteur de syndicalisme.
Il ne délègue ni sa conscience ni sa part de pouvoir. Il ne fait que souscrire à une vision des choses, à un programme, à une action collective, à une organisation permanente, dont il est à la fois partie et juge, créateur et observateur à chaque instant.
On voit à quel niveau de supériorité peut se situer la démocratie ouvrière dans la hiérarchie des valeurs démocratiques propres au genre humain.
 
ARTICLE VIII : La finalité de la démocratie ouvrière.
 
La démocratie ouvrière n'a été que trop opposée à l'efficacité.
Cette thèse est aussi erronée que périlleuse pour les intérêts ouvriers.
Pourquoi ?
Parce qu'elle procède ni plus ni moins que de l'amalgame entre la pensée et l'action, deux choses dont les rapports vont dans la vie, de l'harmonie à la contradiction.
La démocratie ouvrière n'a ni le but de subordonner la pensée à l'action, ni celui d’hypothéquer l'action au moyen de la pensée.
C'est bien selon cette conception échevelée que l'on peut définir une opposition entre l’efficacité et la démocratie.
En réalité le rôle de la démocratie est de concilier la pensée et l'action, ces deux choses humaines ne pouvant se priver l'une de l'autre, sauf à naviguer continuellement dans l'aventurisme. Il est donc bien clair que la démocratie, loin d'entamer l'efficacité d'une organisation concourt au contraire à sa force.
A ce propos et s'il en est besoin, la D.P.I.O rappelle un certain nombre de considérations qui bien qu'évidentes, n'en sont au cours de l'histoire que trop négligées, autant par les dirigeants d'appareils que par les salariés eux-mêmes.
 
La force de la classe ouvrière réside essentiellement dans le nombre de travailleurs suffisamment déterminés pour mener l'action collective et en assumer toutes les difficultés.
C'est le poids de l'action et de l'attitude collective des travailleurs, et non leurs pensées individuelles additionnées qui tranchent la question du rapport de force face à l'adversaire de classe.
Il ne s'est jamais vu dans l'histoire du mouvement ouvrier aucune revendication obtenue par la seule exigence de la pensée, fut-elle unanime.
 
En outre, lorsque la masse est en mouvement, c'est bien la solidité de ses aspirations, amplifiée, canalisée et dirigée par les mots d'ordre et le travail militant collectif qui l'anime et non pas les démonstrations magistrales " au tableau noir".
 
C'est l'action proprement dite qui est l'instrument de confrontation des aspirations ouvrières avec la réalité capitaliste.
Et c'est cette seule confrontation qui vérifie la justesse du cours de la pensée syndicale, la seule chose édifiante en l’espèce étant ce que l’exploiteur cède ou ne cède pas devant la lutte.
Il résulte de tout cela une dualité démocratique dont le syndicat D.P.I.O proclame l'adoption :
a) Il est de la plus haute importance que les membres du syndicat D.P.I.O s'attachent à donner acte à leur organisation des décisions collectives dans lesquelles ils sont en puissance parties-prenantes. En cela, ils participent loyalement à la mise à l'épreuve des décisions collectives majoritaires.
 
b) Mais la loyauté précitée envers le syndicat ne saurait signifier le laminage ou la réduction forcée des opinions ou des désaccords individuels, ce qui a toujours abouti à un dessèchement de la réflexion collective.
En fait, la démocratie n'est qu'un état de sujétion de l'action et non de la pensée. Elle ne consacre la raison de la majorité qu'à l’aide de l'expérience, pour autant que cette raison ait été vérifiée par le cours réel des choses.
En dehors de cette consécration, la pensée de la minorité a somme toute autant de valeur que celle de la majorité tant que le contraire n'a pas été démontré par les faits.
Dans ces conditions, rien ne s'oppose à ce qu’un membre de la D.P.I.O puisse exprimer librement, en tout temps et en tout lieu, à l'extérieur comme à l'intérieur, ses opinions personnelles, même différentes de celles de son organisation.
Bien entendu, cette liberté d'expression individuelle à l'extérieur qui prolonge la démocratie interne ne saurait déboucher sur le fractionnisme. Il ne peut donc s'exprimer qu'une seule pensée collective, cette expression étant du seul ressort des instances responsables." Le titre III des présents statuts définit les bases des dispositions pratiques permettant de concrétiser les principes ci- énoncés.

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