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30 mars 2007 5 30 /03 /mars /2007 12:15

 


UNE    ESCROQUERIE ECONOMIQUE SUR LE DOS DE LA MISERE POLITIQUE.  
                                                                               
 
PREAMBULE
 
S'il est un art dans lequel le capitalisme excelle, c’est bien celui de draper ses turpitudes dans le manteau des valeurs dites " universelles".
Sans vouloir ici entrer dans le débat philosophique, pour exposer le fondement purement matériel de ces valeurs, pour chaque époque de l 'histoire humaine, il n 'est pas, toutefois, sans intérêt pour le débat proposé de faire un préambule sur les rapports ACTUELS entre la légitimité et la crédibilité des discours qui constituent, çà et là, la substance politique du pouvoir.

 
Prenons par exemple le thème de l ' environnement, thème beaucoup trop noble et important pour être abandonné pieds et poings liés à la vénalité contemporaine. Et pourtant...
Quel traitement lui est   infligé de nos jours ?
D'un côté, le discours, une espèce de camelote à slogans écolo-romantiques, tendance "robe de bure", on le remarquera, dont le sérieux intellectuel et scientifique reste, au demeurant, souvent à établir. Çà, c’est la vérité officielle concoctée par les bureaucraties géopolitiques dirigeantes et matraquée d'en haut.
De l 'autre, les faits, les réalités inexorables du monde tel qu'il est, selon sa loi sans scrupules du " profit d'abord" ! .
Et l 'on a loisir d'observer que les scandales épisodiques, industriels, alimentaires ou médicaux, n ' entament en rien les racines de cette domination.
Quelques titres suffisent à la décrire : ARCELOR, TOTAL-FINA, EXON, METAL-EUROP "EVERITE", UNION-CARBIDE, PECHINEY, ROHNE-POULENC, BAYER , SANDERS, UNILEVER , MICRO- SOFT, PHILLIPS, MATRA, GIAT, THOMSON, BOEING, AIR-BUS INDUSTRIES, GIVAUDAN,   NESTLE, DANONE et autres IBM...etc.,
Ce sont eux les vrais maîtres de ce monde d'aujourd'hui, qu'il s’y agisse du genre humain lui-même ou de son environnement.  
Ce sont eux qui décident autant du bien et du mal vivre que du bien ou du mal mourir, comment produire, comment consommer, et en définitive, ce qui en découle inévitablement, comment salir ou pas l 'espace planétaire.
Tout ceci naturellement, dans des "instances" bien plus proches des parties de chasse et autres orgies de haute volée que des singeries institutionnelles avec lesquelles on amuse périodiquement la galerie. 
Soit dit en passant, l'aire circumterrestre est en phase à son tour, sous l 'impulsion de ceux-là même que l'on pourra retrouver dans les grandes instances écolo-médiatiques, de devenir une gigantesque poubelle, et à des fins essentiellement militaires s'il vous plaît !
A propos donc du mot" voyous" adressé aux propriétaires du " Prestige" et autres, cela ne revient-il pas à réserver le mot "glace" à la seule partie de l'iceberg visible ?
 
C 'est dire le ridicule et le dérisoire des rodomontades de certains " valets" qui tiennent manifestement dans ce domaine à se donner une image tout à fait personnelle.
 
Quitte à croire bêtement que de simples coups de gueule de ces valets pourraient intimider les maîtres, n ' ayons pas, au moins, la suprême sottise de prendre pour argent comptant leurs hypocrites outrances.
 
En définitive, l'esprit lucide et rationnel est à même de se convaincre que ce monde capitaliste est bel et bien en contradiction radicale, irréductible, en raison de ses principes et de sa nature, et non de par la volonté humaine, avec toute démarche pratique visant à faire passer la qualité et l 'utilité collective des choses au premier rang des préoccupations de la société.
D'autant que cette nature "congénitale" du système, exprimée avec tant de relief par les boucheries militaires présente ou   passées et identiquement par les actes de banditisme d 'état, ne donne de nos jours aucun signe tangible portant à croire que soudain, telle une prostituée se mettant à prêcher la vertu, cette société prendrait honnêtement en compte le souci de l ' homme et de sa demeure la terre, en dehors de tout calcul de profit.
A vrai dire, et compte-tenu de tout ce qui précède, le thème de l ' environnement n ' est rien
d'autre pour le capitalisme à son stade impérialiste, qu'un fonds de commerce nouvellement établi, fonds dont les desseins véritables ne plaident en l 'espèce ni pour la crédibilité, ni pour la légitimité.
Dans ce cadre, la fonction du discours" robe de bure" évoqué plus haut apparaît dans toute sa nudité :
Au plan mondial, maintenir une structure de domination pyramidale monstrueuse concentrant la plus grande partie des moyens et des ressources au niveau de la pointe(en gros le G8 et ses quelques états lèche-bottes de seconde zone), le reste de l ' humanité étant maintenu de force, soit aux niveaux inférieurs d'un développement soumis et dépendant, soit carrément dans l'oppression chronique, c’est à dire la misère et le sous-développement organisés. Autrement dit la base se nourrissant des excréments de la pointe.
Au niveau de la dite "pointe" pourrir toujours plus la vie des populations pour le maintien, la défense bec et ongles des privilèges de classe qui y règnent.
Cette conclusion appelle donc d'urgence la réflexion libre et autonome du citoyen, à prendre le contre-pied des sophismes et des oukases technocratiques.
 
 
A partir de ce nécessaire préambule découvrons, les ressorts véritables du sujet qui nous intéresse, le recyclage des déchets dont l'option technique initiale est le fameux" tri sélectif", lequel se manifeste dans l'invitation pressante au tri domestique.
Qui de nos jours oserait prétendre que fabriquer sa voiture, produire son électricité, sa nourriture, ses chaussures, ses meubles, etc... chez soi et par ses propres moyens, serait plus rationnel et moins coûteux en travail que produire tout cela par les moyens existants ou possibles de l 'économie sociale ?
Nul doute qu'un tel boniment entraînerait l 'hilarité, même dans l 'esprit le plus attardé.
Et pourtant, comment ne pas s'interroger dans ce sens, sur la méthode aussi absurde
qu'arriérée du tri domestique des déchets ménagers ?
En regard de l 'ère technologique que nous vivons, il y aurait donc un vide dans le cycle économique. L 'après consommation et son flux de déchets serait voués à
l 'incapacité industrielle. En conséquence de quoi, le couillon étalon (nous appelons ainsi le citoyen crédule) n 'aurait d'autre choix que se prendre la tête entre sa collection de poubelles, (personnelles ou publiques), ses boîtes à conserve, ses os de poulet et   ses bouteilles en plastique et en verre de différentes couleurs, les tonnes de papier publicitaire qu'on lui fourre de force dans sa boîte aux lettres, etc...
Et encore on n ' imagine pas le niveau de bêtise consentante où la puissance publique peut conduire l'individu : la séparation du papier voir le grattage des peintures sur les emballages métalliques !
Bien sûr que non, le tri et le traitement des déchets, qu'ils proviennent de la consommation ou de la production ne constituent en aucune manière une espèce de "colle" pour l 'industrie, la science et la technologie modernes.
Et si le simple bon sens ne suffit pas déjà à s'en convaincre, on peut toujours s'y aider en sachant que des combinats de tri et traitement, clés en main, sans intervention domestique préalable, sont déjà réalisés et proposés en Espagne.
De quoi faire réfléchir les adeptes fatalistes de cette " vie de chèvre" qui devrait désormais, à en croire nos technocrates, s'imposer au quotidien du citoyen.
Pas très différente, au fond, cette arnaque du tri domestique, dans sa nature politique, de celle qui présida à l'avènement   virtuel de la célèbre Volkswagen, promise à chaque foyer allemand, financée par une souscription populaire mi- obligatoire mi- volontaire, et dont la forme première fut celle d'un command-car du führer, puis des canons, des bombes et des avions du IIIème reich.
 
 
 
Parlons donc sans détour : une profonde escroquerie préside à ce système.
 
Pour la démiurge il convient de faire une incursion dans l'économie politique.
Le propos ici n 'est pas de faire un parcours complet, et encore moins un cours.
Il suffit pour les besoins du sujet, de se poser sur un certain degré de développement du système. L'époque où se constituent ce qu'on appelle les services publics.
Contentons-nous ici de les définir à grands traits selon leur genèse historique et sociale :
Au degré de développement considéré, la société voit apparaître à la fois le besoin et les moyens de mettre en place certaines structures d'activité qui s ' imposent par leur utilité autant que par leur nécessité collective. 
A l 'origine, ces activités, vu leur caractère essentiellement improductif et aléatoire naissent et demeurent un temps sous contrôle des institutions ou administrations d'état ou locales ou de type nationalisé
Sur cette base initiale, elles se développent à leur tour jusqu'à l 'âge de leur autonomie, de leur parité avec le monde marchand, pouvant alors à tout moment, selon le secteur d 'activité et la conjoncture générale, économique, technologique et industrielle, être aspirée par le capital (toujours aux aguets) dans l 'espace mercantile proprement dit.
Dès lors, leur caractère antérieur, essentiellement social, est liquidé. Elles deviennent une source ordinaire de profit...
Pour s'en tenir au sujet qui nous intéresse, cette évolution caractéristique à laquelle on assiste dans multiples domaines au cours des trois ou quatre dernières décennies est bien celle qu'à connu pour sa part le secteur du collectage et du traitement des déchets ménagers.
Jadis une charge essentiellement assumée et réalisée par les administrations locales..... Aujourd'hui, un marché juteux dans lequel on retrouve les grands groupes multi-activité, dont Vivendi n 'est pas le moindre comme l 'actualité nous le fait savoir.
Bref, pour résumer avant de nous recentrer sur les "ordures", nous sommes entrés dans l 'ère de ce qu'on pourrait appeler l 'économie de "réseaux". Secteur gigantesque issu directement de la liquidation politique progressive des services publics et exprimant on ne peut mieux la nécessité du développement illimité des forces productives dans cette société.
Pourquoi employer le terme"économie de réseaux " ? Tout simplement parce que la forme matérielle très géographique et l 'universalité d'un tel "marché" l 'assimile totalement à
l 'image d'un réseau : qui n ' a besoin d'eau, qui n 'a besoin d'électricité, qui n 'a besoin de transport (là, on touche à un sujet véritablement explosif qui mériterait le même traitement) ;
qui n ' a besoin d'établissements hospitaliers... qui n 'a besoin de téléphone. etc... et pour revenir à nos moutons, qui n ' a besoin de se débarrasser de ses déchets, quels qu'ils soient.
 
On mesure facilement le pactole assuré (pour qui sait s'y prendre) dans cet immense gisement de l 'économie de réseaux.
Car ici, le besoin   se pose en termes quotidiens et obligatoires, excluant totalement les considérations subjectives qui réagissent peu ou prou sur la consommation en général.
On dépasse la catégorie ordinaire de l ' achat de marchandises pour atteindre pratiquement le fait de la "cotisation régulière".
Parallèlement à cela il est intéressant de faire une comparaison, disons "démocratique" entre le secteur de la consommation générale et celui de la "consommation de réseau"
Dans le premier cas le choix et la discussion directe sur le produit maintien bon an mal an une relative impression de respect du "consommateur".
Dans le second en revanche, c' est le règne des opérateurs intouchables, dans des rapports de
quasi "consommation forcée",   situation dans laquelle, évidemment, le citoyen se trouve de fait, à titre individuel, exclu de tout pouvoir sur ce qu'il paye!   
Voyons à présent comment, par le secteur montant du recyclage, le discours écolo-romantique et les appétits de profit font alliance sur le dos de la naïveté populaire.
On conviendra aisément que le recyclage est le prolongement économique de prédilection du collectage et du traitement des déchets, qu'ils proviennent par ailleurs de la consommation ou de la production.
 
La question à éclaircir en premier lieu est celle de savoir comment se situe ce secteur économique par rapport aux matières premières d'origine, à savoir: si ces deux secteurs ont des rapports de supplémentarité ou de concurrence.
A cette fin, partageons l ' économie en trois sphères: Production, Consommation, et Traitement des déchets. 
Tant que le secteur du recyclage ne se manifeste pas sur l ' échiquier , le flux des déchets de la consommation tombe pour ainsi dire dans le vide. Le problème ne se pose alors qu'en termes d'élimination donc d'astreinte de la société envers elle-même. Par définition historique, c' est
l 'époque du service public.
Certes, cette situation extrême n ' est jamais absolue, le capital étant par principe à l 'affût de toute possibilité d'améliorer les termes de sa mise en valeur et la réutilisation des déchets dans la mesure (et seulement dans cette mesure) où le taux de profit s'y retrouve tombant sous le coup de ce souci permanent.
Mais on peut admettre que jusqu'à une certain point, le recyclage n 'existe que comme activité aléatoire et épisodique de peu d'importance par rapport à la masse des matières première, dans la mesure ou, par ailleurs, le développement technologique autant que la masse des déchets n'ont pas encore atteint leur point de rencontre.
L'autre situation extrême, c' est celle, complètement impensable où le flux de déchets serait entièrement recyclé et par voie de conséquence entièrement réinjecté sous forme de matières premières additionnelles dans la sphère de la production.
Même si l ' on conçoit que ce flux additionnel ne pourrait jamais représenter la reconversion de la totalité des déchets, on évalue sans peine l ' engorgement auquel arriverait ce schéma à brève échéance.
 
Mais précisément, ce schéma, quoique absurde en tant que tel, contient en lui-même la démonstration évidente d'une concurrence de fait entre les matières premières de recyclage et les matières premières d'origine.
Il est clair en effet que le flux du recyclage se présente à la production comme substitut et non comme supplément au flux d'"origne".
Avant de poursuivre l 'analyse, il importe de dire que pour la question ci-développée, le fait que cette concurrence se pose entre des forces économiques rivales ou qu'elle exprime une espèce de tendance interne générale de l'industrie des matières premières est absolument sans importance. Car cette concurrence est examinée avant tout comme l 'affrontement de deux taux de profit.
 
Souffrons encore quelques éléments de théorie utiles à la suite de l 'exposé.
Le capitalisme est porteur d'une contradiction fondamentale qui ne peut se résoudre que dans les crises: d'un côté la nécessité du développement illimité des forces productives, de l'autre la baisse tendancielle du taux de profit et la limite posée à la consommation des masses (nous parlons ici bien sûr de la consommation solvable).
 
C 'est donc toujours et en premier lieu la recherche du meilleur taux de profit qui anime la volonté capitaliste.
Rappelons sans s'y étendre que la source du profit n 'est rien d'autre que l 'appropriation du produit du surtravail (plus-value) qui a lieu au cours du procès de production, et que l'on nomme aussi "travail gratuit". En résumé, la substance du profit est donc du travail gratuit. 
 
Enfin, le taux de profit est en gros le rapport en raison directe du travail gratuit et en raison inverse du capital total engagé.
On comprend aisément ce qui motive cette lutte continuelle du système , poussant en quelque sorte à l 'augmentation du " numérateur" et limitant autant que possible le "dénominateur"
 
Forts de ces dernières considérations, revenons à notre cheminement sur le fameux " Tri domestique"
 
Si le capital affectionne actuellement le secteur des déchets, ce n 'est évidemment pas parce
qu'il aurait été touché par la grâce du saint environnement comme il est dit plus haut en
d'autres termes, mais simplement , comme d'habitude, parce qu'il y a là un secteur juteux de mise en valeur du capital en période de crise durable, qui plus est.
Mais quel que soit le domaine où il s'engage, il ne rechigne jamais aux expédients, même les plus vils.
Reprenons ici la fameuse obsession du taux de profit.
Nous avons examiné ce rapport en ce qu'il exprime le travail gratuit en regard du capital engagé dans le procès de production.
Mais en l 'espèce, le procès de production ne s'observe plus dans le seul espace industriel. 
Il pénètre dans un lieu d'habitation qui dès lors s'assimile à un site spécialisé du début de chaîne de recyclage.
Le travail n'y est plus à proprement parler " social " selon la forme et les dispositions pratiques habituelles de la division du travail. Il est véritablement introduit dans la vie privée à la manière de la gale dans la peau.   
Par ailleurs, nous nous sommes étonnés à juste titre que notre époque de technologie moderne jette, pour ainsi dire, si facilement l 'éponge dans le domaine du tri.
Nous voilà parvenus au point crucial.
Nous allons voir à quel point le tri domestique est un modèle d 'arnaque publique par excellence, ne visant au bout du compte qu'à doper le taux de profit dans la filière considérée:
1) l'opération de tri domestique, même imparfaite, au sens de la mobilisation manuelle et mentale qu'elle représente, est bel et bien du travail qui s'inscrit dans le processus global de recyclage. Elle opère la première étape des opérations de recyclage.
2) Dans un combinat qui traiterait les déchets en vrac, ce tri, d'une manière ou d'une autre, donnerait nécessairement lieu à l 'existence de moyens matériels correspondant fixant du capital.
La filière du fameux tri sélectif gagne ainsi sur au moins deux tableaux:
1) Elle récupère du travail gratuit dans l'acte de tri de millions de personnes.
2) Elle économise du capital dans l'inexistence des moyens matériels qu'elle n'a pas à mettre en œuvre.
Accessoirement il faut ajouter que la matière première présente dans le déchet trié à été monnayée antérieurement par son auteur, et que son abandon (gratuit lui-même) vers la filière du recyclage transposé dans la filière des matières d'origines équivaut ni plus ni moins qu'à une concession minière gratuite!
 
Immanquablement, cette configuration se solde quelque part, à terme, par du profit capitaliste naissant de la réalisation d'une valeur-travail dans les arcanes du marché.
Soit dit en passant, le même raisonnement s'applique à l 'ensemble des déchets domestiques,
qu'ils soient ménagers ou "extra-ménagers". Au point où l 'on se demande pour ces derniers si le particulier ne devra pas tôt ou tard jouer les chiffonniers à son propre compte pour palier la carence organisée les autorités locales et territoriales.
 
A partir de là, il ne fait aucun doute que la filière du recyclage, par le biais de l'extorsion de valeur et notamment de travail gratuit ainsi que par l 'économie de capital engagé, bénéficie
d 'un appréciable avantage concurrentiel sur la filière des matières d'origine.
Et le tour est joué.... Et ça trie dans les chaumières!.... Et ça tombe dans les escarcelles du "marché"...
 
Effet bénéfique pour la société?
Sous l 'effet du discours écolo-romantique, une certaine illusion ne manque pas de contribuer à l 'anesthésie des consciences : au bout du compte, le citoyen bénéficierait d'une retombée (pécuniaire ou autre).
Rien n 'est plus faux.
Premièrement, en matière de charges au public, c 'est bien tout le contraire qui se produit au poste fiscal des déchets.
Quant à dire que l’arrosage" , les détournements et autres trafics d'influence ne soient pas ici ou là aux aguets, ce ne sont pas, en tout état de cause, les multiples scandales déjà vécus dans ce secteur d'activité qui peuvent plaider en faveur de la transparence.
En réalité, si retombées financières il y a, leur minceur déterminée a été suffisamment étudiée pour ne pouvoir compromettre en aucun cas le but essentiel de la manœuvre (dopage du profit capitaliste),
Elles n'ont d'autre vocation que d'alimenter le développement de l 'arnaque elle-même!
Mais de cette manipulation, de ce pactole qui sort des mains du citoyen, personne dans la population ordinaire n'en connaîtra jamais une autre couleur... que celle du "vert hypocrite" des boniments officiels.
A peu près le même scénario que la vignette auto et la retraite des vieux !
 
Deuxièmement, sur le plan de ce qu'est censé devenir le service public considéré, il faut être vraiment bouché à l 'émeri pour ne pas en observer le recul et la dégradation constante.
Comment en effet qualifier de bénéfice ou de progrès collectif, la disparition ou la non-création d'un service public correspondant à notre époque moderne, et l 'instauration rampante à sa place d'un système qui n ' a d'autre nature que celle des corvées moyenâgeuses, toujours plus astreignant, irrationnel, et qui n 'a sans doute pas fini de dévoiler sa fourberie, de nous pourrir la vie.
 
Inutile par ailleurs de souligner la contradiction explosive de cette orientation au regard de la pression croissante d'une culture effrontée de la "communication", de la publicité, du rebut et du gaspillage organisés qui alimente le problème en amont! 
 
A propos, qui prendrait pour un progrès le fait de revenir au stockage et au prétraitement individuel des eaux usées domestiques, en vue de leur déversement habituel dans une cuve à destination d'une filière privée d'industrie agro-chimique?
 
On entend d'ici les esprits philistins éclater de rire que l 'on puisse accorder une quelconque valeur à des gestes, des temps de réflexion des hésitations etc., se produisant au domicile des gens.
Ils oublient probablement:
 
 
1) qu'au sens où il est impossible de contester que des déchets triés à domicile l 'ont bien été sous l'effet de l'action réfléchie d'un particulier, nul ne saurait contester qu'ils contiennent effectivement un travail, quoiqu'on puisse attribuer à celui-ci un caractère et une forme inhabituels.
 
 
2) que la condition suffisante pour qu'un travail à domicile quelconque   soit valorisé est que son résultat (c à d son produit) entre dans le cycle de l'économie sociale, et ceci sans considération de la forme juridique de cette entrée.
Qu'un particulier par exemple se mette en cheville avec un restaurateur "bio" pour écouler " au noir" les légumes de son jardin et l 'on verrait si le fisc ne rappellerait pas à sa manière la loi de la valeur à nos deux compères.
 
3) que la valeur de la force de travail, chose qui sous-tend le salaire, et la valeur du travail, chose qui sous-tend le prix du produit, sont deux   catégories   différentes de l'économie politique. Autrement dit, que la valeur sociale d'un produit est la quantité du travail moyen nécessaire
qu'il contient dans les conditions où il s'exerce habituellement, qu'il y ait paiement de salaire ou pas.
 
De ces trois considérations ajoutées à tout ce qui précède, il ressort que l 'extorsion de valeur est totale et économiquement indiscutable:
- préjudice des dispositions matérielles permanentes (encombrement des récipients, locaux etc.,
- matière première cédée par le consommateur,
- travail gratuit, même si sa forme n 'est qu'insidieuse.
 
Pour ne parler que de la valeur travail:
A ceux qui prétendraient, pour échapper à ce que leur naïveté leur cachait que la hauteur minime de cette extorsion ne vaut pas une dénonciation, il faudrait sans doute rappeler comment la loi des grands nombres peut construire des ponts d 'or à partir d'un grain de valeur. Songeons un instant , par exemple, à la somme représentée par ce travail diffus chiffré à seulement 2 minutes par semaine sur 20 millions de personnes. Pas loin de sept cent mille heures de travail gratuit par semaine!
Même au prix du travail le plus bas, voilà une coquette somme en prime à la filière du recyclage!
Avec cet belle armure, elle peut se présenter au combat de la concurrence sans trop de crainte.
Et encore, nous n 'avons   traité:
- ni   la question de l 'apport volontaire dans les déchetteries (ce qui peut se faire identiquement mais en ajoutant le"tintoin" des préparatifs, du chargement, du transport, de l'attente quand ce n 'est pas l'"ausweis" à l 'entrée, des manipulations sélectives sur place, sans parler des conditions douteuses de sécurité des personnes sur les sites)
- ni celle des conteneurs publics en tous genres.
Sur ce dernier registre on pourrait en outre, histoire de varier les plaisirs, examiner les phénomènes de génération et d'évaporation du fric dans certaines coulisses des bonnes œuvres. Mais l 'actualité l ' a déjà fait pour nous. Nous épargnerons donc ici les âmes susceptibles.
 
Mais quel niveau de niaiserie faut-il pour reconnaître dans cet infect tripatouillage techno-économique la moindre trace de modernité, la moindre forme d'un service public du 21ème siècle!
Et comment ne pas y voir le rôle de rabatteur de l'écolo-romantisme, nous soufflant à l 'envi dans la grande trompette du capital son concerto pour civisme et environnement recyclés en dividendes!
 
Aspect politico-légal du sujet:
Il en est de ce sujet comme de beaucoup d 'autres où l'art politique de la classe dominante exprime ses méthodes et déploie son arsenal qui pour leur part ne souffrent pas d'arriération,
c' est le moins qu'on puisse dire...
On amène tout doucement les masses au consensus par le pilonnage médiatique, tandis que le couperet de la légalité n 'est lui-même qu'en gestation.
C ' est la phase politique douce, disons "culturelle" où la vérité officielle s'enracine insensiblement dans les esprits et où une adhésion collective se constitue jusqu'à la quasi-unanimité.
A l 'issue de cette phase, qui dure ce qu'elle doit durer, intervient la phase politique dure où la directive de principe tombe le masque pour affirmer sa nature sous-jacente légale.
La loi écrasera désormais sans aucune hésitation, toute attitude récalcitrante.
Réfléchissons un peu : combien de dispositions relevant purement et simplement des principes appliqués aux enfants des écoles maternelles n ' a-t-on pas vu s' installer de cette manière.
Mais surtout, quelles règles de vie, physiques et intellectuelles, de nature militaire , le cas échéant, dont la simple évocation peut encore révolter à l 'heure actuelle ne pourraient- elles pas enchrister ainsi la société?
En un mot, qui fixe la limite quand la pensée individuelle indépendante est liquidée?
Comment oublier la terrible leçon de la république de Weimar?
Toujours est-il pour le sujet restreint ci-exposé, que les choses en sont à la première phase: la recherche du consensus, autant dans les esprits que dans les faits.
Dans ce cadre simplement culturel, le décor se met en place. Chaque acteur se positionne et se manifeste à l 'occasion par ce qu'on pourrait appeler un bout d 'essai. Mais la pièce ne s'impose pas encore à tous les spectateurs en l'attente de la seconde phase.
Pour être concret, la chose n 'existe pour le moment qu'à l 'état de directive européenne
s'imposant aux collectivités territoriales, mais pas encore au citoyen sous une forme juridique et légale achevée.
Dans ce cadre, au total, c' est en quelque sorte l 'attitude des citoyens eux-mêmes qui modèle la loi.
Quant à l'approche des pouvoirs locaux et notamment municipaux, elle est à l 'état de faisceau de politiques plus ou moins personnalisées allant de l'anesthésie à la frappe musclée, mais toutes convergentes, comme on peut l 'observer, vers les besoins des gros intérêts économiques privés.
Inutile de préciser que ces besoins ne peuvent avoir comme corollaire que la liquidation totale de tout service public effectif. 
 
Décidément, qu'il s'agisse des questions liées à l'environnement ou d'autres défis actuels de 
l 'évolution sociale de l'humanité il est plus que jamais illusoire de croire que cette société puisse détenir quelque solution honnête que ce soit aux problèmes qu'elle pose, quelque solution qui invariablement élaborée dans l'optique du profit, ne puisse engendrer à son tour d'autres problèmes encore plus insurmontables.
S'agissant donc du problème des déchets de la consommation, comme de ceux de la production, il est clair qu'on ne saurait le traiter à part, en aveugle, dans l 'acceptation des axiomes fêlés du capitalisme. Tant la solution impose un examen récurrent vers les choix, les buts et la raison d'être de la production.
Autrement dit, on ne saurait prendre pour sérieuse aucune approche sur le problème des déchets, venant des régisseurs d 'une société dont le principe est de devoir en produire toujours plus, au nom de la pérennité des seuls intérêts de sa classe dominante.
Il est clair en conséquence qu'une fois de plus, c' est bien la chape de plomb de la propriété privée des moyens de production qui écrase la logique de l 'intérêt collectif authentique, de l'intérêt social le plus élémentaire.
 
Décidément, s 'avère toujours plus pertinente la réflexion du philosophe:
"Si l 'argent est venu au monde avec une tache naturelle de poussière sur une de ses faces, le capital pour sa part y arrive en suant le sang et la boue par tous ses pores"... 
On pourrait y ajouter que sous le capitalisme, toutes les ordures ne sont pas dans les poubelles, et qu'en définitive, le plus gros déchet de civilisation que l'histoire nous recommande aujourd'hui de ne pas recycler, c'est bien le capital lui-même!

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