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25 mars 2007 7 25 /03 /mars /2007 13:11

 

Pourquoi ce manifeste D.P.I.O en 2003 ?
Le lecteur pourra se demander comment une organisation fondée en rupture nette et franche et dès le début des dérives politico-syndicales que l’on sait soit encore à ce jour dépourvue de notoriété.
Cette interrogation comporte déjà en elle-même un élément de réponse sur l'intégrité de notre démarche : on ne peut confondre la lucidité de classe à l’origine de l'initiative D.P.I.O avec un quelconque opportunisme et encore moins avec les reconversions de dernière heure, quand l'odeur du milieu est devenue tellement insupportable qu'on est tout bonnement pris de panique. Et l’on sait aujourd'hui à quel point les milieux opportunistes d’hier fermentent de gesticulations, de démarcation, et autres tentatives de "repositionnement", tandis que le noyau de la trahison, comme cela était prévisible de longue date, avance inexorablement vers l'abîme.
Mais précisément, il découle de cette l'intégrité une contrepartie inévitable de difficulté à emporter l’adhésion en nombre des consciences.
 
Naturellement, aujourd'hui, alors que le doute n'est plus possible pour les esprits lucides et avertis sur la déconfiture patente des organisations syndicales traditionnelles, s'inscrivant au surplus dans une faillite générale et internationale des appareils et de l'ensemble du mouvement ouvrier, il paraît beaucoup moins risqué sur le plan intellectuel d'en parler, de le dénoncer.
Mais le lecteur avisé conviendra que la prise de conscience collective n’est pas aussi simple et rapide que l’on souhaiterait.
Le mouvement social apprend, assimile et avance à son rythme dans la continuité de l'histoire. Le rôle d'une organisation ouvrière de classe, quelle que soit sa dimension, n’est pas de fabriquer cette histoire, mais de la comprendre et de l’assumer, ce qu’ont fait les militants regroupés dans la D.P.I.O, à leur manière et dans leur modeste périmètre, comme d'autres probablement en d'autres lieux.
Mais aujourd'hui, l’état de la situation permet et impose à la fois de dépasser l’étape des petits groupes isolés.
Ce qui est permis et imposé à la fois à ce jour, c’est véritablement la RECONSTRUCTION, dans l’esprit où nous l’énonçons.
Car jusqu’à preuve du contraire, mis à part les constats critiques sur cette faillite, y compris au sein même des milieux considérés, il ne s’est passé rien de plus qui soit susceptible de libérer le mouvement ouvrier de l’emprise de la trahison.
 
Ignorer ou mépriser les initiatives militantes nouvelles n'est plus de mise, elles sont non seulement légitimes mais nécessaires. Il faut s’y joindre.
Sauf à persister dans le recul continuel de leur condition, les salariés, à commencer par les plus conscients, doivent se rendre à l'évidence, rompre avec la routine, répudier les illusions attachées à l'usurpation, la croyance au redressement possible des appareils déchus etc. et s'engager sans attendre dans la dynamique du renouveau historique.
En tout et pour tout, il est de la plus grande urgence que la Classe Ouvrière remette de l'ordre dans sa maison !
Pour comprendre ce qu’il faut faire, il faut d’abord comprendre ce qui s’est passé d’un point de vue matériel, c’est à dire au niveau du mécanisme et non au niveau des personnes, qu'elles aient été piégées où acteurs de la malfaisance, dans la tourmente socio-historique consécutive au "concordat" pourri de 1981.
Il faut tirer les leçons critiques sur le système, en observant le mouvement réel d’ensemble et non en jetant l’anathème sur les hommes.
En revanche, si l'anathème doit être exclu de l'analyse historique sous peine de la fausser radicalement, la sélection des membres s impose par la suite, pour ce que nous appelons " la reconstruction syndicale". Tant il est évident qu'on ne saurait reconstruire du neuf avec des matériaux récupérés dans les ruines !
Voilà à grands traits les bases de la reconstruction organisationnelle qui s'impose à la classe salariée de notre époque, en gros : se réapproprier son héritage galvaudé et lui redonner la vie neuve qu'il mérite.
Par ailleurs, cette reconstruction dont nous nous autorisons à avancer un certain nombre de principes directeurs intangibles, ne peut ignorer elle-même la lutte revendicative proprement dite. Mais pour en garder le contrôle et en évincer d’office les artisans de la trahison, elle ne peut l’assumer qu'à son échelle, au fur et à mesure de son développement, le souci de l’instrument devant toujours se placer devant.
C 'est à ce prix, c’est à dire à celui d'une démarche longue et difficile, et qui ne peut que s'appuyer sur les volontés militantes départies des attentes revendicatives pour l'immédiat, et seulement à ce prix que les errements de ces dernières décennies seront liquidés et ceux qui les ont conduits ou cautionnés, mis sur la touche.
Il est donc être clair que les succès ou échecs revendicatifs ne doivent en aucun cas interférer sur la volonté de reconstruire.
De ce point de vue, les années 93, 95 et 2003 rendent au monde du travail, au-delà même de leur défection , un service inestimable :
la réalisation par les faits d'une triple démonstration qui n 'attendra désormais que sa prise en compte pratique par les cercles militants.
En résumé :
 
1/ l'accomplissement total de la mutation des organisations ouvrières en instrument de contrôle et de soumission des masses exploitées au Capital.
2/ dans les conditions ainsi posées, l'impossibilité pour ces masses de se libérer de cette emprise conjoncturelle du Capital en dehors d'une rupture nette et franche avec toute la structure bureaucratique(c'est à dire les oripeaux du syndicalisme traditionnel).
3/ sous forme de rappel, l'impossibilité de tout succès, voire la vanité de toute action d'importance en dehors de la direction solide et déterminée d'une organisation permanente unique, vigilante, clairvoyante, honnête et dévouée, en quelque sorte à la fois l'esprit, la conscience et l'arme de l'ensemble des salariés.
 
Pour l’organisation D.P.I.O, la reconstruction d'une structure syndicale unique, signifie et implique :
- à la base, l’élaboration et la reconnaissance au-delà des corporations, d'une politique syndicale unique, d'une stratégie et d'une tactique de classe et de masse, définies d'une manière unique, par rapport aux bases historiques et scientifiques de l'idéologie ouvrière.
- corollairement la répudiation des revendications corporatistes ou à caractère coutûmier.
- la vision des luttes locales ou ponctuelles dans la stricte perspective de l’intérêt général et dans ces conditions la recherche systématique pour ne pas dire obligatoire, de leur élargissement.
- des dispositions nouvelles de contrôle démocratique, pour préserver l’instrument de toute déviation bureaucratique ou carriériste.
- selon ces critères exposés en détail par nos nouveaux statuts, l’avancée au plus vite vers l'objectif de la grève générale.
Dans ce projet, la classe ouvrière n 'a absolument rien à perdre.
Au contraire, quand on est conscient du principe historique selon lequel rien n 'est jamais définitivement acquis dans la société de classes, et que seul le rapport de forces est déterminant, on a toutes les raisons de considérer qu’il en est ainsi autant pour les reculs sociaux que pour les regains ou les progrès.
Ce n 'est donc pas pour rien qu’en cette année 2003, les dures réalités de la lutte de classes nous ramènent au ressaisissement raté de fin 95 issu lui-même du coup de poignard dans le dos de 1993 !
Dans ces luttes, la classe salariée de notre pays a exprimé un potentiel combatif remarquable, condamnant sans appel l’inanité des organisations traditionnelles et de leurs théories fumeuses et défaitistes sur la peur sociale des salariés, sur l’effet soi-disant dissuasif des "crédits" et autres psychoses de la vie “ moderne ”.
Mais du même coup il a souligné le vide de structure en regard de l'énergie en attente dans les masses, et par la même occasion, validé la notion surréaliste et complètement ridicule de la grève par délégation !
S'il est une nécessité mais en même temps un intérêt vital qui s’impose à des milliers de salariés conscients du marasme qu'ils vivent, c'est bien de tout faire pour combler ce vide, intégrer ces démonstrations et en combattre avec énergie tous les reflets pervers, dans les meilleurs délais.
 
Rompre avec les manigances et les calculs de ses cliques bureaucratiques anciennes ou postulantes,
qu’elles expriment les plans mafieux impérialistes de la maison blanche, les besoins européens ou nationaux de la bourgeoisie libérale, les hypocrisies humanistes du Vatican, les perversions congénitales de la social-démocratie, les rêveries anti-mondialistes manipulées par le petit capital, ou les intrigues des traîtres à la lutte de classe, la grande classe salariée dans son ensemble n’a pas d’autre alternative que cela si elle veut bloquer puis repousser les funestes desseins des prédateurs capitalistes pour repartir à la conquête d'une digne existence !
 
Il n'est pas pensable que la classe ouvrière n'ait pas de nos jours la capacité de se réapproprier son héritage, sa propre énergie, en vue d'assumer pour son propre avenir, en même temps que ses authentiques aspirations, la mission historique décisive qui lui échoit.
 
Il faut bannir la résignation, rejeter l'humiliation et l'intoxication de l'idéologie dominante. Il faut que la combativité redresse la tête, que la peur sociale change de camp !
C'est bien au service de ce noble projet que se réaffirme aujourd'hui l’organisation D.P.I.O, appelant toutes les volontés et sous toutes les formes possibles, à participer hardiment à ce grand chantier.
Vive la lutte de classe des salariés, offensive, conquérante, indépendante !
Vive la reconstruction syndicale !
 
 
 
                                               BUREAU CENTRAL DU SYNDICAT D.P.I.O 

                                               le 15 novembre 2003

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