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25 avril 2009 6 25 /04 /avril /2009 15:13

 

Notre organisation D.P.I.O a jugé utile de présenter ici cette préface à des extraits substantiels de l'œuvre de MARX indiquée dans le titre. Le livret complet est disponible et pourra être envoyé sur simple demande par courriel à: reconstruction.dpio@free.fr

 

On nous pardonnera sans doute la médiocre qualité technique de cette brochure car nous sommes astreints comme tous les militants ouvriers honnêtes de cette époque trouble à faire selon nos moyens.En tout état de cause cela ne doit pas affecter son intérêt didactique.

Nous sommes de ceux qui pensent que l'œuvre marxiste dans son ensemble est indissociable du mouvement ouvrier, que ce soit sous son angle politique ou économique. Et pourtant elle souffre paradoxalement d' autant de  méconnaissance que de déformation. Le choix du texte présenté se justifie par les notions fondamentales qu'il expose et tout naturellement les questions qu'il peut soulever dans l'esprit du lecteur non initié à cette littérature.

 

Mais comment lire les écrits du marxisme de nos jours?

Répondre avec pertinence à cette question, c'est essentiellement se libérer des formules lapidaires en provenance directe des cercles de propagande de la bourgeoisie, grande ou petite. Dans le genre: MARX, c'est dépassé, les choses ont changé, etc… Car ces formules simplistes et perfides ne font qu'inviter la classe exploitée à la paralysie intellectuelle en spéculant sur une apparence surannée de la littérature marxiste. Elles sont à la fois révérentes, obséquieuses et pédantes.  Et c'est là le danger: éviter la réfutation dans laquelle ont se casserait à coup sûr les dents, exprimer comme une espèce de reconnaissance hypocrite pour le passé, pour mieux se débarrasser d'une mise en cause du présent.  En effet, si l'on s'en tient à la lettre, on risque fort de tomber dans le piège. On s'interrogera ça et là sur le rapport du capitalisme actuel avec les grandes crises cotonnières, sucrières ou charbonnières d'autrefois, les déroutes des compagnies de chemins de fer, les scandales industriels et autres banqueroutes en cascades...

Et de proche en proche, on pensera qu'on est loin du tumulte, des tempêtes qui marquèrent le premier essor.

On s'étonnera si l'on ne se surprend à en sourire, des références à la journée de 10 ou 12 heures, du travail de forçats imposé y compris aux femmes et aux enfants.  On estimera impensable que la condition ouvrière, la condition générale des salariés, puisse désormais être soumise à la brutalité capitaliste connue à l' origine, qu'il s'agisse du temps ou des conditions de travail et d' existence, du salaire.

 

Mais réfléchissons un peu sur l'évolution en cours depuis une bonne trentaine d'années:

Pour autant qu'elles soient masquées et éclusées par les deniers publics, les carambouilles d'Eurotunnel, Eurodisney et autre Crédit Lyonnais ne sont-elles pas des indicateurs de la constance du système?  En quoi les faillites récentes d'  "Hypo-Real", banque allemande impliquée  dans des investissements européens pharaoniques (genre viaduc de Millau), et Lehman Brothers effondrée dans la purulence économique américaine, etc. diffèrent-elles des krachs industriels, financiers et commerciaux du 19ème siècle? L'écrasement continuel du taux  de salaire, (direct et indirect) sous le feu de l'audace patronale dopée par la boulimie du profit ; la permanence quasi "normalisée" du chômage massif, de l'exclusion; des contingents de travailleurs pauvres voués à dormir à la belle étoile, ne serait-ce pas suffisant pour l'éveil des esprits lucides?  Comment ne pas voir plutôt dans ce pourrissement social une connexion de principe évidente, avec les légions d' ouvriers détruits à la tâche pour des "queues de cerises", les  femmes et les enfants tuant leur sommeil et leur vie dans les mines et les sous-pente  des filatures  ou dans les blanchisseries industrielles, sous le capitalisme d'antan?  Tout cela ne serait-il qu'accidents de parcours dans un système qui aurait bon an mal an trouvé ses marques?  Voilà qui est tout de même un peu mince pour reléguer le marxisme au musée inoffensif des philosophies anciennes. Quant à la crise tous azimuts dans laquelle le monde est en train de plonger, on ne saurait dire non plus qu'elle apporte de l'eau au moulin des sycophantes du capital.

C'est en partant de ce recul, de ce discernement nécessaire entre l'enveloppe temporelle et la nature profonde de cette société que l'esprit avisé lira les œuvres du marxisme, tout comme l'on peut apprécier les  grands écrivains pour des valeurs esthétiques et un réalisme  humain, libérés des contingences de leur période. Lire les œuvres du marxisme de nos jours, c' est en percevoir l' essence  éminemment scientifique qui lui confère un caractère universel d' outil d'analyse et de réflexion sur le développement historique de l'humanité. C'est ne pas se laisser abuser ou égarer par l'évolution des apparences et des formes sans cesse renouvelées de l'exploitation, toujours aussi impitoyable, même sous les fards des bouleversements scientifiques et technologiques.

Marx et Engels, principalement, nous parlent des produits de leur époque, des  industries, des monnaies et unités de mesure de leur époque, des rapports nationaux et internationaux de leur époque(comment auraient-ils pu faire autrement?) comme matières premières d' un grand laboratoire d' économie politique en vraie grandeur. Si la partie la plus visitée de ce "laboratoire" est l'Angleterre, ce n'est pas par hasard, c'est seulement que ce pays dont le capitalisme à  l'étape considérée pas loin d'un siècle d'avance, est alors le plus représentatif du sort qui attend le reste du monde. Au delà des mètres de toiles, des habits, des quarters de blé et autres références monétaires  à la livre, au shilling, à l'or et à l'argent, l'esprit avisé et pertinent à tôt fait de transposer, sans tenir rigueur le moins du monde à Marx de "n'avoir pas connu l'atome, le laser ni l'Euro".

C'est donc à partir d'un travail monumental d'observation, d'étude et d'investigation que l'analyse marxiste  conduit aux termes généraux et intangibles des rapports de classe qui sont au fond des rapports matériels étroitement liés à une forme historique de la propriété.

Ainsi l'œuvre marxiste n'exprime-t-elle pas une opinion ou une quelconque volonté intellectuelle. Elle démonte et explique un mécanisme en allant à la fois bien en deçà et bien au delà des économistes de son temps. Au-delà de toutes les sophistications qu'elle a connues depuis son stade embryonnaire, la société capitaliste reste de ce point de vue inchangé. Les catégories économiques telles que valeur, salaire, prix, plus-value, profit, relatives au travail productif et élucidées dans la présente brochure sont, que l'on  sache, toujours à l'ordre du jour. Elles ne sont au total que l'expression concrète des fameux rapports de classe et de propriété. Et leur analyse n'est autre que le raisonnement "générique" applicable non seulement à l'ouvrier, mais au salarié en général.  A ce sujet, les prétendants permanents aux funérailles du marxisme ne manquent jamais de décréter comme périmé le terme "Classe Ouvrière".

Il est clair que l'évolution fulgurante de la division  de l'organisation et de la parcellisation du travail, des méthodes et procédés de production, la foison continuelle de nouveaux produits et services entraînant une ébullition permanente dans la naissance et la mort des métiers et professions, ont singulièrement bouleversé la donne et la composition du monde salarié. Il est donc évident que la création de valeur est devenue le fait d'autres catégories, salariées ou pas, que celles appartenant traditionnellement à la classe ouvrière d'origine.

Il est également visible que la dissémination à pris le pas sur les grandes concentrations industrielles mais tout ceci ne conduit nullement à la révision des thèses marxistes, ne faisant au contraire qu' appeler à leur enrichissement.

Car il n'en reste pas moins que pour sa quasi totalité, le travail productif, seul créateur de valeur, demeure après comme avant, bel et bien  assumé par la classe ouvrière moderne, dans la continuité de ses racines et de ses rapports historiques avec la classe exploiteuse. Comme l'a toujours souligné Marx lui-même, le capitalisme se présente dans l'histoire comme un formidable moteur de développement matériel et humain,  et  pour résumer le philosophe, finit à terme comme une machine à broyer....

Le lecteur aura à cœur de percevoir comment la connaissance, éclairant la conscience et la lutte des masses opprimées et en premier lieu celle du prolétariat moderne, peut et doit aider à vaincre et détruire cette machine, nonobstant les défaites passées.

 

 

 

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