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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 17:58

S’il est coutume journalistique de parler des fameuses « Trente Glorieuses » pour qualifier la période d’ après la seconde guerre mondiale, celle inaugurée par le concordat pourri de 1981 ne devra-t-elle pas pour sa part supporter l’ appellation  de « Trente honteuses » dans l’ histoire du mouvement ouvrier.   

 

Dans ce registre  la période  que nous traversons est celle d’ un  impérialisme* aux  prises à la fois avec ses contradictions économiques grandissantes et qui, ne connaissant plus aucun frein, y ajoute les contradictions non moins problématiques de ses plans de domination  absolue sur le  monde. Domination pour laquelle il affirme des volontés définitives  aussi stupides qu’ illusoires.

Pour  soumettre les masses à sa dépendance il a à sa disposition un formidable instrument de manipulation :

l’ appareil médiatique moderne, structuré  ramifié et sous contrôle étroit de la classe possédante.

Un instrument propre à faire et défaire l’ opinion selon les besoins (immédiats ou permanents) du système aux abois et chargé de la diffusion d’ en haut de la vérité officielle.

Pour tout esprit lucide et attentif, la mission des médias est absolument évidente :

Occulter la cause profonde des maux qui affligent toujours plus notre pauvre planète :

-le maintien bec et ongle des privilèges liés à la propriété privée du capital social.

-pour cela l’ entretien permanent de l’ illusion sur les possibilités d’ amendement du système.

Autrement dit, la croyance au « Tigre végétarien »

 

Nous avons déjà décrit la situation mondiale  dans un article intitulé « Un monde en éruption »

La densité autant que la gravité des évènements (nationaux ou internationaux)  qui ponctuent l’ actualité de ces cinq  dernières  années, ne fait que confirmer cette analyse et doit mettre en alerte parmi les détachements les plus avancés des masses exploitées, ceux qui ne sont pas tombés dans la marmite de la capitulation.  

 

Naturellement, ce monde s’ examine sous divers angles selon les questions et faits considérés.

Mais ils sont tous (sous peine de se laisser égarer, précisément par le tintamarre médiatique) à situer et à comprendre dans le sinistre puzzle de CETTE domination impérialiste  G7 OU G8 selon l’ ambiance du moment.
C’ est ainsi que l’ on peut faire l’ approche  rationnelle des évènements,  c’ est à dire dépouillée de l’ habillage , pour ne pas dire du masque pathétique, que tente d’ imposer les faiseurs d’ opinion,  chantres  de cette vérité capitaliste « officielle »

C’ est dans ces conditions seulement qu’ on peut avoir une vision juste des tenants et aboutissants du bordel mondial actuel dans lequel toute malfaisance peut se donner  la légitimité dont elle à besoin.

C’est ainsi , notamment, que l’ on peut le mieux caractériser ce qui surchauffe et domine toujours plus l’ ambiance politique de cette période, ce qu’on appelle «  le terrorisme » mot qui  assimile une catégorie désignée d’actes violents, à l’ existence passablement mouvante et floue d’ un camp idéologique organisé ou basé çà et là dans le monde.

C’ est ainsi que cette plaie contemporaine peut et doit être vue comme une nouvelle sorte d’ empire émergeant, animé principalement,  par une espèce  d’ obscurantisme médiéval, certes MAIS, (il y a un mais de taille) qui se paye qu’on le veuille ou non  une certaine influence sur les esprits vulnérables, grâce (si l’on peut dire) au banditisme exercé  par le dit G7 ou 8.

Banditisme fait d’ affirmation et de consolidation de privilèges autant à l’ encontre de ses propres  peuples qu’ à l’ adresse du reste du monde. La boucle est bouclée.

Voilà donc les masses populaires principalement prolétariennes d’ un côté  autant que les masses misérables ou arriérées de l’ autre,  emprisonnées dans le cercle vicieux, infernal, d’ un affrontement qui n’est pas le leur, qui n’ a rien à voir avec leur intérêts vitaux, un affrontement entre deux empires, l’ un se supposant établi définitivement et ne concevant aucune limite à ses ambitions et l’ autre en érection, (à démystifier aussi dans sa complexité) lui disputant  un « territoire humain » dont il revendique l’  intouchable propriété.

Que l’ on ne s’y trompe pas. Il n’ y a pas de solutions viables et durables, dans le cadre du capitalisme, à toutes ses calamités induites qui assaillent les peuples, et en particulier présentement le peuple français.

Et ce ne sont ni les rodomontades de nos gandins-présidents, s’ étripant hier et s’ embrassant aujourd’hui en appelant à la fameuse union sacrée, sous le drapeau national, ni les matraquages en boucle de nos sinistres torche-fesse médiatiques  qui y changeront quoi que ce soit.

La bourgeoisie française fait partie du club des exploiteurs en cause, exploitation dont les  dommages sévissent autant à l’ intérieur  qu’ à l’ extérieur( voir  « l’ HIROSHIMACRON »  qui pilonne aujourd’hui la classe salariée de notre pays).

C’ est bien sous cet angle que le prolétariat français, comme tous dans ce chaos mondial  se trouve dans les rets de l’ impérialisme, et pour sa part, sous le feu des présumés « miracles capitalistes » qui ne font que l’ enfoncer toujours plus dans la galère.   

Et comme le lot de tout prolétariat national  est avant tout de se sentir partie indivisible et solidaire de la grande communauté ouvrière du Monde entier, ses tâches ne sont pas de se mettre à la remorque des intérêts  de sa bourgeoisie , même  apparemment divisée   dans le choix de ses coups fourrés,  de ses exactions.

Non, elles sont simplement de s’ éduquer, et de lutter sans concession en liaison avec les masses prolétariennes internationales pour le bien de sa propre condition, et d’ entretenir ainsi la dynamique pour le progrès général de la condition ouvrière mondiale et, à ce titre, pour l’ assomption de son rôle  social et historique.

Dans cet esprit, il se garde de prendre les vessies de l’ idéologie dominante pour les lanternes de la bien séance, de la justice et du progrès.

 

Ce sont les intérêts des possédants et rien d’ autre qui pilotent nos gouvernements quels qu’ ils soient.

Non, la seule bonne direction à prendre pour les masses laborieuses est celle de la reconstruction du mouvement ouvrier de classe, anéanti, à commencer par celle d’ un mouvement syndical hors de l’ emprise du système….

 

Ainsi se justifie le développement thématique qui va suivre pour  bien cerner autant les opportunités que les difficultés  de « l’ environnement  général» dans lequel doit se produire la reconstruction véritablement  révolutionnaire dont nous nous réclamons.

  

Au sommaire donc pour le lecteur :

- Les médias modernes : Instrument de manipulation massive.

- Réflexions sur le terrorisme.

- Impérialisme, tensions et désordres internationaux permanents, migrations   géopolitiques...

                       - L’ audace de la « Macron-Economie », une politique économique d’ extrême-droite.

                       - La tâche incontournable :Reconstruction du syndicalisme de classe.

Dans ce parcours thématique, nous nous attacherons précisément, à montrer les liens étroits (et désormais incontournables) qui existent entre les dimensions nationales et internationales de la lutte pour l’émancipation humaine

Mais tout d’ abord, le lecteur trouvera une aide préliminaire précieuse  en parcourant sur notre site les quelques articles ci-indiqués :

Un monde en éruption       rubrique : Coin marxiste

Ou donc est passé le syndicalisme de classe    rubrique : Tracts & Communiqués

Les délinquants en cravate  aux commandes du capitalisme   rubrique : Tracts & Communiqués

Le dilemme     rubrique : Accueil 

Le Monde, la crise , la France. rubrique : Tracts & Communiqués

La DPIO, Pourquoi ?      rubrique :  Accueil

 

 

 

THEME I : LES MEDIAS

Recommandations préalables au lecteur :

La conception marxiste ( matérialiste) de l’ histoire diffère fondamentalement de la conception idéaliste en ceci qu’ elle pose que le cours de la pensée résulte du cours des choses et non le contraire.

Pour comprendre cette thèse, il faut envisager le rapport à long terme  entre la pensée humaine et l’ évolution  historique de l’ humanité.

Il y a dans cet examen, une espèce de relativité du temps et de l’ espace qui joue.

Si l’on parcourt l’ histoire sur une courte période,  il semble en effet que c’ est le genre humain  qui

fabrique son histoire de toutes pièces par l’ entremise d’ individus «  supérieurs ».

Mais sur l’ ensemble de l’ histoire connue de l’ humanité, on dégage  plus exactement une interaction entre le cours des choses et l’ action humaine, interaction où le développement matériel se pose à priori par rapport à la pensée, laquelle ne fait que refléter le cours présent des choses et dans ces conditions ne fait qu’ y réagir. 

Contrairement aux apparences, la pensée humaine n’ est pas principalement créative, mais simplement réactive, ce qui est déjà énorme.

Lorsque le marxisme, et partant, le marxisme-léninisme, étudie une question, il la situe donc d’ abord par rapport à l’ ensemble du développement historique, puis dans le cadre strict et immédiat de la formation sociale ou elle se manifeste.

Ainsi, le développement de l’ humanité se trouve  aujourd’hui dans le stade impérialiste, c’ est à dire le stade suprême du capitalisme, une formation sociale  pourrissante.

Les questions qui s’ y posent s’ examinent donc :

  1. en fonction de l’ héritage historique général d’ une part.
  2.  en tant que phénomène propre à CE stade du capitalisme.

Pour le marxisme, il n’ existe pas, en effet, de question dites « sociétales » au sens où l’ humain aurait ses exigences ou son itinéraire propres, au dessus de toute matière, y compris celle dont il est lui-même constitué et dépendrait  plutôt d’ on ne sait quelle sentence abstraite pilotée soit par les élites de l’ espèce soit par une quelconque divinité,  et indépendante de toute matérialité ; et surtout indépendante de LA société du moment, laquelle ne ferait donc qu’  obtempérer au fur et à mesure.

Le marxisme laisse cette conception aux brouillards de l’ idéalisme et de la religion.

Ainsi, sous son habit de décision humaine purement abstraite, l’ apparition dans l’ histoire d’ UN SYSTEME PERMANENT D’ INFORMATION vers tout ou partie des membres de la société est un fait matériel  à cause non moins matérielle,(nous insistons sur ce mot à dessein)  lié à un stade de développement donné.

On n’ imagine difficilement en effet qu’ il pût naître  à l’ âge des cavernes, sous l’ empire romain etc…avant même  l’ invention de l’ imprimerie.

Mais dès lors qu’ il est apparu, disons par nécessité politique, donc de manière réactive au cours des choses, il est devenu un accessoire  définitif de la société de classe. 

Et la sinuosité de son parcours par rapport au pouvoir politique, le fait qu’ il ait été , même à certaines époques, investi par les intérêts populaires en général ou plus précisément par les intérêts ouvriers, ne change absolument rien à sa nature foncière d’ organe d’ expression des intérêts de la classe dominante, à quelque stade que ce soit. 

C’ est ce que nous allons nous attacher à montrer.

 Ceci étant dit, loin de nous l’ intention de prétendre  nécessaire ou possible de corriger cet état des choses.

Il est au contraire, inévitable, entièrement normal. Ce qui est plutôt anormal c’ est que les masses du peuple s’ imagine le contraire.

L’ hypothèse d’ une  information neutre, « objective » comme l’ on dit, n’ est qu’ une pure vue de l’ esprit.

Tant que les classes sociales existent,  le pouvoir politique, quel que soit sa forme, représente toujours la dictature de la classe dominante du moment et on voit mal comment le système d’ information pourrait ne pas lui être relié dans les principes essentiels, et constituer en quelque sorte une espèce de contre-pouvoir idéologique.

La question du libéralisme ou de l’ absolutisme de l’ information (du laxisme à la censure), conditionnée par les remous ou les bouleversements sociaux ou politiques est un autre débat que nous n’ aborderons pas ici et qui ne remet nullement en cause la nature profonde dont nous parlons.

Cette nature profonde, c’ est à dire ce lien de famille avec la formation sociale considérée, valant d’ ailleurs aussi bien pour les domaines de l’ art de la culture et de la science …etc. Nous reviendrons sur ces domaines dans la suite de l’ exposé examinant les « ingrédients médiatiques actuels »

C’ est ainsi que nous ne confondons pas CE « système d’ information dédié aux intérêts dominants » et auquel il est coutume d’ attribuer aujourd’hui  le nom de « Médias » avec l’ expression partisane , ou les individualités, réellement indépendantes de l’ ordre en place.

Quoique les John REED*  et autre Albert LONDRES* ne courent  plus vraiment les rues du système, et que l’ on voudrait bien savoir où sont passés  les partis réellement adversaires  du capitalisme, et attachés à assumer son renversement  c’ est à dire les partis qui furent dans une certaine période qualifiables de révolutionnaires.

Il est également indiscutable que dans certaines périodes de tension, de tumulte qui  objectent ouvertement à l’ ordre en place,  il se produit une faille au sein même du système d’ information dont une partie se trouve alors en divorce proclamé avec le pouvoir.

Dans ces circonstances particulières, on sait quel genre d’ attitude est  observée par le pouvoir à l’ égard de cette fraction, ainsi qu’ envers ceux qui l’ animent comme le montra la période précédant notre révolution bourgeoise de 1789 ainsi que celles entourant les révolutions de 1848, la commune de Paris… etc.

Mais là encore, il ne faut pas confondre ce qui a pu se passer avant l’ impérialisme et ce qu’ il en est advenu à partir de son avènement véritable à la charnière des 19 ème et 20ème siècles.

1) Il faut discerner les phases  historiques durant lesquelles un certain journalisme hostile s’ installe littéralement dans la société du moment par faculté intellectuelle (allant de la dénonciation du système au prône de son renversement) choses qui abondent  du 2ème tiers du 19ème siècle jusqu’ au début du 20ème  , du discours à caractère purement pamphlétaire, réformiste ou autre, qui peut y élire domicile par simple opportunisme, tout simplement parce que le mécontentement dans le peuple représente un fonds de commerce journalistique.

Cette fraction-ci reste intégrable au système dominant. Dans la mesure même où elle est utile à accréditer l’ illusion  de la liberté d’ expression et de pensée.

2) mais à partir de la charnière indiquée plus haut, il faut en plus discerner la nature  légale ou illégale de l’ information et en définitive  le contenu de classe qui l’ anime et les visées qu’elle professe en permanence, conduisant le cas échéant à la révolution ce qui  nous amène effectivement à la grande révolution prolétarienne d’ octobre 1917.

C’ est alors que le phénomène normal s’ appliquant, la presse illégale, ennemi juré de l’ ordre précédent devient l’ organe, le système d’ information de l’ ordre suivant, l’ ordre révolutionnaire. Tandis que dans le reste de l’ Europe et notamment en France, le  début du 20ème  siècle connaît fréquemment la censure et toutes formes de répression de l’ expression  ouvrière, politique ou syndicale.

Ainsi, au-delà de son avènement  dont nous allons ici simplement évoquer l’ origine historique (au moins pour la France) nous analyserons le formidable et dangereux instrument de manipulation qu’ est devenu désormais le système permanent d’ information ( sous le vocable  habituel de « Médias ») pour le compte du capitalisme.

 Système qui mérite plus précisément  le titre de :

                                               « JOURNALISME EMBARQUE »

C’ est dans cet esprit que nous invitons le lecteur à parcourir l’ exposé qui suit.

 

 LES MEDIAS DE LA SOCIETE BOURGEOISE. RACINES…

Théophraste RENAUDOT, médecin du roi Louis XIII, journaliste, préteur sur gage etc….

 Au 16 et 17éme siècle, avait commencé la mutation du pouvoir politique, induit par le grand bon du développement matériel de l’ époque connue sous le terme de « renaissance ».

En fait, on baignait déjà dans le pré-capitalisme période  dans laquelle le marxisme situe l’ « accumulation primitive » en concluant par la phrase suivante, particulièrement éloquente:

« Si l’ argent vient au monde avec une tache naturelle de poussière sur une de ses faces, le capital y arrive pour sa part en suant le sang et la boue par tous ses pores »…

Continuons….

Entre la traque des huguenots dont la richesse pouvait faire de l’ ombre au pouvoir de droit divin  , la guerre de trente ans à l’ encontre de l’ Allemagne, en passant par les créations,   disons hanséatiques,  aux Antilles et Caraïbes, à la Réunion et en Afrique et surtout la centralisation et la consolidation de l’ Etat, en rupture définitive avec la féodalité, enfin la maîtrise des corporations ouvrières  en plein essor, le fameux cardinal RICHELIEU se trouvait face à des bouleversements à la fois matériels  et culturels (donc des contraintes)  dont l’ envergure appelait un assentiment intellectuel, une certaine implication hors du cercle fermé des institutions du royaume.

Il devenait donc inévitable (comme la « fronde » le démontra) d’ injecter la politique « officielle » dans la  population, à commencer par son   échantillon  le plus déterminant (  le haut du pavé  de la société de l’ époque) ,

pour s’ efforcer d’ emporter son adhésion morale comme tremplin vers l’ acceptation générale.

Sans cette injection, suscitant en quelque sorte dans le peuple l’ accompagnement des ambitions de développement de la royauté, la monarchie ne pouvait plus avancer.    

il fallait pour cela une espèce d’ institution nouvelle qui diffusât le plus largement possible la publicité, les informations et le discours appropriés, en somme, quelque chose comme l’ éducation à la « communauté  nationale ».

En somme, créer une agitation littéraire permanente pour provoquer en suffisance, la pensée collective SOUHAITEE, ce qu’ on appelle de nos jours « l’opinion publique »

Dans une période de fortes tensions autant civiles que religieuses, RICHELIEU avait sans aucun doute perçu     l’ énorme appui que pouvait représenter  la diffusion régulière d’une littérature publique attachée au pouvoir politique. 

Trois siècles plus tôt , la monarchie,  plongée dans la guerre incessante n’ avait-elle pas été déjà échaudée  par la périlleuse  configuration d’Etienne MARCEL et des jacqueries , parce que trop isolée du peuple ...

On prête à Théophraste RENAUDOT (qui est à considérer comme le fondateur du journalisme, ou plus exactement du « journalisme embarqué »), la devise suivante « il faut toujours faire courir de faux bruits pour empêcher les vrais de circuler » On reconnaît bien là les gènes du système médiatique actuel.

Et il est à parier que ce ne fut pas pour ses seules capacités de médecin que ce RENAUDOT  bénéficia de la protection de  RICHELIEU  et de son éminence grise le célèbre « père Joseph » .  

C’est ainsi  que RENAUDOT édita  sa première « Gazette » …sous la bienveillante attention du cardinal.

Certains textes encyclopédiques caractérisent cette initiative (inspirée à RENAUDOT au cours d’ un  voyage en Italie), comme « INSTRUMENT DE GOUVERNEMENT » C’ est tout dire !

Plus tard, sous  Louis XIV, le persiflage du théâtre, des fables critiques fait son apparition comme accessoire culturel , une mine d’ or pour  les gazettes et autres brochures qui commencent à apparaître…. pas toujours en faveur , mais toujours en osmose puis en symbiose avec le pouvoir royal, souvent même utilisé par lui pour rabattre le caquet des ambitions concurrentes de la noblesse. Le décor de base était planté.   

Toutefois, la remarque qui va suivre nous aidera pour la critique comparée de ce  stade initial et du stade actuel, contemporain de ce qu’ on appelle les attaches idéologiques de l’ information.

Il est clair qu’ à l’ époque de Louis XIII, le niveau d’ éducation du peuple (hors la cour) était relativement peu élevé, et partant, la pensée  du peuple dans les domaines , social, politique et économique  ne pouvait être encore que dans les limbes, quand on pense que l’ invention de l’imprimerie avait tout juste deux cent ans.

On perçoit ainsi l’ effet contradictoire de cet instrument nouveau, enrôlant d’ un côté mais  stimulant et créatif  de l’ autre. Instrument qui en fin de compte comme l’ histoire l’ atteste et contrairement aux attentes de son créateur, contribuera à creuser peu à peu la tombe de la monarchie…et passera alors  au pouvoir de la bourgeoisie.

Ce danger de retournement de situation provoqué le cas échéant par l’ « information » elle-même  n’ a pas échappé aux tenants des médias contemporains.

Où en sont donc, dans cet ordre d’ idées , les médias, le journalisme embarqué, dans l’ impérialisme du 21éme siècle ?

Mais d’ abord, voyons un peu ou en est ce triste monde :

 Après le mélange amer de cataclysmes et d’ espoirs échoués que nous a apporté le 20 siècle, l’ impérialisme  reprenant du poil de la bête, a supposé avoir désormais devant lui un boulevard ouvert à toutes les audaces.

Mais rapidement, il se rend compte que ce supposé boulevard s’ avère plutôt un véritable bourbier.

En fait, pas plus qu’ à ses stades antérieurs , le capitalisme à son stade suprême ne peut sortir de la voie que lui impose ses propres contradictions.

Celles où lui font périodiquement obstacle les limites économiques et politiques de l’ exploitation, limites qu’ il lui faut sans cesse repousser  par les seuls moyens dont il dispose : Corruption, soumission, destruction.

Il n’ en a et ne peut en avoir  d’ autres.

Jusqu’ à un certain point, et depuis son avènement, ces obstacles rencontrés par l’ impérialisme  n’ avaient pas la forme d’ une remise en cause de fond,  mais seulement de difficultés passagères.

Mais à présent, ce dont l’ histoire du 20ème siècle a posé les bases, elles se présentent d’ office comme des objections tenaces à sa pérennité.

Et, désormais,  la destruction prenant toujours plus le pas sur la corruption ou la soumission, il s’ en suit que le retour  inexorable, des limites indiquées  apporte des  problématiques toujours plus périlleuses que les précédentes.

Ainsi, le capital, dont la seule (bien que  coûteuse) vertu fût à l’ origine le développement, est devenu une monstruosité qui n’ exprime plus que ses tares congénitales : l’ écrasement, la destruction des obstacles, pour imposer désormais la domination universelle, la régression des masses , au plans politique économique et social.

Comment dès lors, avancer dans ses desseins sans le concours de l’ instrument de conditionnement dont le rôle, in fine, est d’ une part de faire accepter les conséquences par les masses dans l’ attente hypothétique d’ un mieux être qui doit tôt ou tard venir  …. et d’ autre part de contrecarrer toute velléité de rupture ?

La conditions sine qua non  demeure certes l’ assentiment , bon an mal an, de l’ opinion publique, mais le niveau d’ éducation publique de l’ époque impérialiste du Capital dicte des principes foncièrement différents de            l’ « embryon » de RENAUDOT.

L’ éducation , politique sociale et économique, n’ est plus à promouvoir, elle  est à tromper, à suborner.

La pensée indépendante n’ est plus à  stimuler, elle est à interdire à l’ avance.

Tout  indique donc dans ces conditions, que la seule façon de s’ acquérir l’ opinion ne peut être que de la créer de toutes pièces.

Et les moyens pour y parvenir  s’ annoncent  sans commune mesure avec la malheureuse gazette initiale…

C’ est bien pourquoi de nos jours, l’ opinion publique n’ est pour les forces du capital rien d’ autre qu’une «auberge espagnole » (on y trouve ce que les médias y ont apporté), ce qui, soit dit en passant, contribue pas mal à la réalisation des fameux sondages électoraux.

Nous paraphraserons  ici la formule de MARX citée plus haut :

Si la « gazette » est née avec une dose naturelle de mensonge et de rouerie dans  ses pages, les Médias  actuels , pour leur part, élèvent la pourriture capitaliste au rang de morale officielle.

A partir de là, la définition des médias coulent de source :

Ensemble des moyens de « production » et d’ entretien de l’ opinion publique.    

          

A PARTIR DE L’ HERITAGE  DE  RENAUDOT, LES MEDIAS MODERNES

Pour donner le ton, notons ce que dit dans la deuxième moitié des années  soixante un certain DELPERRIE de BAYAC(non soupçonnable de marxisme)  dans un passage de son ouvrage sur le front populaire ou il parle précisément des  médias  des années 30 du 20ème siècle, face a la situation internationale de l’ époque. 

« panique, tentation de l’ irrationnel :radios et journaux ont leur part de responsabilité dans la propagation des transes. La peur, l’ horreur, la magie se vendent  bien, beaucoup mieux en tous cas que le dévoilement du réel.

Parce qu’il est fondé sur le profit, le capitalisme est naturellement enclin à exploiter les préjugés, à attiser les fièvres, à promouvoir la sottise, et cela est particulièrement sensible dans le domaine des moyens d’ information » (sans commentaires)

Même si au regard des médias modernes la « presse » de RENAUDOT n’ apparaît à présent que comme  un pitoyable embryon, et qu’ en comparaison de la hauteur du génie des MOLIERE et LAFONTAINE, les 99 pour  100 du milieu  artistique que nous inflige le système seraient bien plus utiles dans des travaux d’ intérêt général,  on ne saurait prendre pour l’ analyse,  meilleure  base que l’ embryon indiqué.

 …La situation du monde actuel découle de la faillite générale du mouvement ouvrier et notamment de l’ effondrement des Etats socialistes qui se sont édifiés dans les vicissitudes de l’ histoire à partir de la grande révolution d’ octobre 1917. Les médias contemporains, quels qu’ ils soient et  quelque soit leur appartenance nationale sont tous étroitement liés au retour en force de l’ impérialisme.

Tout ce gentil sérail journalistique roule pour la même cause : l’ hégémonie  mondiale du Capital en général et de façon graduelle, celle du  G7-8-20 en particulier, la mise au pas du prolétariat mondial, et des pays de seconde zone (ex : COP 21)

Les questions subsidiaires de savoir :

1) quel  bloc ou quelle tendance, quelle proportion  de bourgeoisie internationale ou nationale inspire tel ou tel appareil médiatique dans le monde

2) de quel bois se chauffent exactement les pays comme la Chine, la Corée du nord, le Vietnam, Cuba, bien que ne manquant pas d’ intérêt,  sont ici hors de propos. 

Quant à la chaîne « 902 » animée encore il y a environ 2 ans par le parti-communiste grec KKE elle ne pouvait pas résister  à la vague réactionnaire  des social-européens, et il ne faut pas compter sur le « collabo» TSIPRAS » pour la ressusciter ;

Nous sommes donc sûr de ne frapper personne d’ injustice en disant que  ce qu’ il faut observer avant tout, c’ est la trame nécessairement impérialiste de toute activité, de tout appareil médiatique actuel, sans exception. 

Quant à la « toile » c’ est à dire  la où vous êtes entrain de lire cher visiteur, elle ne fait pas exception aux caractéristiques des médias impérialistes, en tant qu’ exutoire, foire d’ empoigne , tohu bohu sans discipline de parti, sans idée ni proposition directrice, et qui  propage à peu près tout et le contraire de tout, mais surtout où la conscience de classe est marchandise orpheline.

D’ ailleurs elle est désormais investie par les  sondages interactifs et autre opérations de manipulations orchestrées directement par nos fameux médias, …que pensez-vous de ceci, croyez-vous en cela etc

Instamment par exemple, on a eu droit au fameux classique « faut-t-il débloquer les salaires des fonctionnaires », question à laquelle on est tenté de répondre par une autre, non moins  suggestive :« les  médias sont-ils une coterie de vendus ?… Mais « revenons à nos moutons » …

On ne peut faire mieux comme système  d’ intoxication asservi.

 Dans ce registre, on a pu apprendre sur la chaîne d’ outre- Rhin « n-tv » que la participation militaire de l’ Allemagne à la  « lutte antiterroriste » au moyen orient n’ a pas très bonne presse dans la masse germanique  (80 pour cent contre), mais surtout dans ce cas, ne pas compter que cela  affecte en quoi que ce soit les plans du système….  Beaucoup moins sans doute que lorsque qu’ un autre sondage (des mêmes) abonde dans le sens du gouvernement allemand pour mettre le peuple Grec à genou ! 

Simplement, cette  « toile » présente l’ intéressante possibilité d’ être  piratée dans sa fonction de diversion pour récupérer , réanimer et regrouper  les «  âmes » égarées  ou découragées. C’ est ce que nous faisons.

En fait, avant même d’observer la trame générale, les  matériaux, les acteurs, les méthodes,  le simple examen de   la propriété des moyens d’ information, de publicité et de communication suffit à réduire à néant  l’ illusion   d’ une information  libre, indépendante  des forces économiques dominantes.

 Pour le cas de la France, l’ actualité vient nous le rappeler à point nommé, dans l’ énumération du patrimoine de Bernard TAPIE,   (le célèbre croque-mort industriel), patrimoine dans lequel ne manque pas de figurer un beau petit quotidien provençal…

Tout le monde sait que TF1= BOUYGUES. Et les mieux initiés n’ ignorent pas la présence ponctuelle ou permanente, des « gros doigts », dans la presse, le livre, les magazines en veux-tu en voilà, genre LAGARDERE,  MATRA ,  LVMH,  BOLLORE, DASSAULT, L’OREAL etc…etc. 

Quant à ceux des médias audio-visuels qui se présentent derrière le masque hypocrite de service public,  ils s’ articulent insidieusement avec l’ intérêt commun à tout ce sérail : l’ intérêt du CAPITAL dont les figures de proue, journalistes les plus en vue voire omniprésents sur les écrans, (présentateurs, animateurs et autres amuseurs) ne sont  rien d’ autre que les fantassins de l’ intoxication et de l’ abêtissement.

Enfin, il suffit de passer au domaine de la communication,(dans lequel le groupe UNIVERSAL à déjà fait parler de lui) pour percevoir que de nos jours l’ activité médiatique a  atteint la dimension d’ une véritable industrie, autonome, partie de la division sociale du travail, dans laquelle on voit par exemple des chaînes de télévisions de géopolitique et de cotations boursières genre CNBC, BLOOMBERG etc

On est d’ailleurs pris d’ un sentiment de révolte en voyant les expressions dévorantes de tous ces parasites, bien à l’ abri des difficultés de fin de mois, faire leurs petits numéros sur les écrans, jouant les experts du système, mais à vrai dire se  gargarisant de bavardages dérisoires sur les vagues et les aléas insaisissables  du profit capitaliste. 

Faut-il en rajouter ?

L’ action  médiatique fait désormais partie de tous les rapports conflictuels qui travaillent la société capitaliste, que ce soit dans la dimension nationale ou internationale. Avec la déchéance des conquêtes et surtout des organisations du mouvement ouvrier et dérivés , le canal particulier propre à dégager  la vision du monde, disons,  prolétarienne , c’ est à dire véritablement indépendante des postulats fêlés de la bourgeoisie impérialiste, est pour ainsi dire liquidé.

 Les médias ont donc pour le citoyen ordinaire le monopole de la  connaissance publique.

Les situations, les évènements réels (donc le monde tel qu’ il est, autant dans son état que dans son mouvement)  sont ainsi condamnés  à passer, soit  à la trappe, soit  sous les fourches caudines de l’ instrument  médiatique.

Nous verrons en détail  dans la suite de cet exposé, les principes structurels et fonctionnels de cet instrument. ( Ambiance permanente, les ingrédients du conditionnement, les méthodes de  manipulation de  falsification, exemples, anecdotes, …. Etc)

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